Montréal , le 1 mars 2001

 

 

Jocelyne est en dépression, tragédie météorologique :

 

Texte et mise en scène de Olivier Choinière.

 

Distribution : Céline Brassard, Valérie Cantin, Simone Chevalot, Jean-Sébastien Lavoie et Sonia Vigneault.

 

Photo: Yanick Macdonald

 

Sur la terrasse du Théâtre d’Aujourd’hui, du 6 au 31 août 2002. 

 

Jocelyne, notre Jocelyne nationale, grande prêtresse de la météo, est en dépression. Et ce, ô malheur, au moment où la population en a le plus grand besoin : en plein milieu de notre enfer hivernal, festival universel du chiâlage et des protestations contre les intempéries! C’est donc l’occasion pour sa remplaçante, à travers le bulletin de nouvelles,  d’essayer de conscientiser les téléspectateurs sur leur attitude et de leur montrer les différents aspects plus positifs de cette saison mal-aimée, et ce sous le regard impuissant d’une animatrice du bulletin de nouvelles en mal de cotes d’écoute.

                 

C’est sous la forme d’une tragédie classique qu’on nous présente ce spectacle : les trois téléspectateurs qui forment le chœur, et s’expriment d’ailleurs très souvent simultanément, la lectrice de nouvelles en choryphée, et la présentatrice météo en messagère.

 

 C’est une idée des plus rafraîchissante qui est exploitée à fond, et tombe dans la parodie d’un humour très réussi. On ne s’ennuie donc jamais et la pièce, qui est jouée sous le ciel de Montréal, devient elle-même un événement météorologique en soi puisqu’on nous dit qu’elle est jouée, peu importent les conditions climatiques.

 

 Avec le centre-ville de Montréal en toile de fond, on n’avait pas besoin d’un décor très élaboré, et c’est pourquoi l’installation scénique minimaliste suffit amplement. Les comédiens rendent tous très bien leurs personnages caricaturaux, même si l’on doit par contre souligner l’interprétation de la miss météo parfois dérangeante en ce qui concerne le niveau de langue chancelant et le manque de spontanéité dans le jeu. Mais dans l’ensemble, le ton déclamatoire genre « tragico-lyrique » truffé d’expressions québécoises colorées est très drôle.

 

Quelle bonne idée de prendre notre sujet de conversation numéro un et de le triturer dans tous les sens pour en faire le contenu d’un spectacle original et parodique. Je vous invite fortement à assister à ce spectacle que la compagnie qui le présente (l’ARGGL pour Activité Répétitive Grandement Grandement Libératrice) qualifie elle-même de « théâtre d’été urbain de série H », mais qui s’avèrera probablement plus divertissant, pour tous ceux qui aiment l’humour absurde, que n’importe quel autre théâtre d’été traditionnel!

 

 

Pascale Canicchio

Club Culture