

Jocelyne est en dépression, tragédie météorologique :
Texte et mise en scène de Olivier Choinière.
Distribution : Céline Brassard, Valérie
Cantin, Simone Chevalot, Jean-Sébastien Lavoie et Sonia Vigneault.
Photo:
Yanick Macdonald
Sur la terrasse du Théâtre d’Aujourd’hui, du 6 au 31
août 2002.
Jocelyne, notre Jocelyne nationale, grande prêtresse
de la météo, est en dépression. Et ce, ô malheur, au moment où la population en
a le plus grand besoin : en plein milieu de notre enfer hivernal, festival
universel du chiâlage et des protestations contre les intempéries! C’est donc
l’occasion pour sa remplaçante, à travers le bulletin de nouvelles, d’essayer de conscientiser les
téléspectateurs sur leur attitude et de leur montrer les différents aspects plus
positifs de cette saison mal-aimée, et ce sous le regard impuissant d’une
animatrice du bulletin de nouvelles en mal de cotes d’écoute.
C’est sous la forme d’une tragédie classique qu’on
nous présente ce spectacle : les trois téléspectateurs qui forment le
chœur, et s’expriment d’ailleurs très souvent simultanément, la lectrice de
nouvelles en choryphée, et la présentatrice météo en messagère.
C’est une
idée des plus rafraîchissante qui est exploitée à fond, et tombe dans la
parodie d’un humour très réussi. On ne s’ennuie donc jamais et la pièce, qui
est jouée sous le ciel de Montréal, devient elle-même un événement
météorologique en soi puisqu’on nous dit qu’elle est jouée, peu importent les
conditions climatiques.
Avec le
centre-ville de Montréal en toile de fond, on n’avait pas besoin d’un décor
très élaboré, et c’est pourquoi l’installation scénique minimaliste suffit
amplement. Les comédiens rendent tous très bien leurs personnages caricaturaux,
même si l’on doit par contre souligner l’interprétation de la miss météo
parfois dérangeante en ce qui concerne le niveau de langue chancelant et le
manque de spontanéité dans le jeu. Mais dans l’ensemble, le ton déclamatoire
genre « tragico-lyrique » truffé d’expressions québécoises colorées est
très drôle.
Quelle bonne idée de prendre notre sujet de
conversation numéro un et de le triturer dans tous les sens pour en faire le
contenu d’un spectacle original et parodique. Je vous invite fortement à
assister à ce spectacle que la compagnie qui le présente (l’ARGGL pour Activité
Répétitive Grandement Grandement Libératrice) qualifie elle-même de
« théâtre d’été urbain de série H », mais qui s’avèrera probablement
plus divertissant, pour tous ceux qui aiment l’humour absurde, que n’importe
quel autre théâtre d’été traditionnel!
Pascale Canicchio
Club Culture