Montréal , le 1 mars 2001

 

L’honnête fille :

de Carlo Goldoni.

 

Traduction de Ginette Henry. Mise en scène de Jean-Guy Legault en collaboration avec Simon Boudreault.

 

Avec Marc Béland, Geneviève Bélisle, Gary Boudreault, Luc Bourgeois, Éloi Cousineau, Nico Gagnon, Isabelle Payant, Myriam Poirier et Geneviève Rioux.  Au Théâtre Denise-Pelletier, du 25 janvier au 16 février 2002.

 

 

Bettina (Myriam Poirier), une orpheline vivant avec sa sœur, est jeune et jolie mais très vertueuse. Sa sœur Catte,(Geneviève Rioux) à la vertue un peu plus souple, ne comprend pas tous les scrupules qu’a sa sœur à accepter cette popularité qui est la sienne, et les cadeaux qui vont avec, surtout étant donné leur pauvreté depuis la mort de leurs parents. Mais Bettina est bien décidée à n’épouser que son beau Pasqualino (Gary Boudreault), fils de gondolier et repoussera donc toutes autres avances, même celles du marquis Ottavio (Luc Bourgeois). Mais Pantalon (Marc Béland), un riche vieillard qui agit avec elle en tant que protecteur, se refuse à la voir épouser Pasqualino dont la situation n’est pas suffisamment élevée à ses yeux. Suite à l’enlèvement de Bettina par le marquis, sa libération grâce à la marquise et aux gondoliers, et à la révélation que Pasqualino est le fils de Pantalon, on aura droit à une fin des plus heureuses, les amoureux étant finalement réunis, et Bettina ayant réussi à sauvegarder son honneur.

 

L’équipe de joyeux lurons ayant travaillé à ce spectacle donne à cette comédie de Goldoni un ton festif, car on y a ajouté chansons et chorégraphies, ainsi que « running gags » qui complètent vraiment bien l’humour déjà présent dans le texte.

 

Ces idées du metteur en scène, qui a tout d’abord adapté la pièce en coupant dans les longs monologues, en collaboration avec Simon Boudreault, pour ensuite aussi écrire les chansons à deux, donnent un rythme et une fantaisie qui actualisent la pièce, l’adaptant à notre habitude de voir des spectacles ou des émissions vivantes et « punchés ». Le tout avec la participation de quelques comédiens qui se sont aussi impliqués au niveau du concept lui-même.

 

Toute la distribution est juste, et des gens comme Marc Béland (en Pantalon) et Geneviève Rioux (en sœur délurée de la sage Bettina) qu’on n’est pas nécessairement habitués à voir sur scène dans ce genre de rôles offrent une belle prestation enthousiaste. Se démarque aussi Éloi Cousineau dans le rôle de Arlequino, se méritant quelques applaudissements bien sentis pour son jeu physique et son sens de la phrase bien lancée. Toutes ces belles trouvailles font qu’on assiste à un bon divertissement, et c’est là le but évident de l’entreprise, qui refuse de faire dans le théâtre trop intellectuel. On peut donc leur dire : Mission accomplie!

 

Pascale Canicchio

Club Culture