LA DERNIÈRE BANDE : De Samuel Beckett

LE CHANT PERDU DES PETITS RIENS

Spectacle gestuel et musical du Théâtre du Mouvement.

Conception et mise en scène de Yves Marc.

Interprétation : Claire Heggen, Yves Marc, Dany Kanashiro.

Spectacle présenté les 10, 11 et 12 octobre à 20h30, dans le cadre du festival « Les voies du mime » une initiative du théâtre Omnibus et de l’École de mime de Montréal.

À l’Espace Libre, du 23 septembre au 19 octobre 2002.

 

Le chant perdu des petits riens, c’est le miroir de tous ces petits gestes, d’apparence insignifiante, que nous posons. Tous ces tics, ces expressions, ces réactions qui nous échappent, qui forment notre langage gestuel personnel, sont mis en relief pour former une partition physique qui se lit à travers plusieurs petits tableaux ponctués de sons, de mots ou même de phrases qui, aussi courts soient-ils, puisqu’ils sont juxtaposés au texte des corps disent tout.

 

On oscille entre quotidien et absurde, ou un heureux mélange des deux, nous faisant justement réaliser à quel point plusieurs gestes et expressions de notre vie de tous les jours sont bizarres sans qu’on ne s’en aperçoive.

 

L’humour y est donc très présent, et même si aucune histoire suivie n’existe, on arrive parfaitement à sauter d’une scène à l’autre, comprenant très bien chaque fois sur quelle nouvelle piste on veut nous amener.

 

C’est donc dire qu’on a ici affaire à des maîtres du langage corporel, car avec un minimum d’objets utilisés parcimonieusement, très peu d’éléments de costumes et un décor se résumant à 5 panneaux que l’on déplace au gré des histoires qu’on nous raconte, tout est parfaitement illustré et rien n’y manque. Il est même parfois franchement impressionnant de voir à quel point leur gestuelle est précise. Ils vont dans le détail et font des trouvailles qui font mouche à chaque fois : qu’on veuille nous faire rire ou nous subjuguer, on y réussit toujours.

 

On rend donc cet art du mime, qu’on croit souvent un peu hermétique, réservé aux initiés, tout à fait accessible et même jouissif. Chapeau à cette équipe française qui, malheureusement, ne jouait que trois soirs. Par contre, si le reste du festival est à l’image de ce spectacle de haut calibre, vous feriez bien de ne pas manquer le dernier spectacle qu’on y présentera du 15 au 19 octobre à 20h00, et qui constitue d’ailleurs une collaboration entre les trois compagnies qui ont joué lors du festival soit : Omnibus (Québec), Théâtre du Mouvement (France) et Teatro Linea de Sombra (Mexique).

 

Pascale Canicchio

Club Culture