

Contes-Gouttes
de Louise Bombardier
mise en scène: Louise Laprade
un spectacle du Théâtre des Confettis, avec Éva
Daigle, Julie Daoust et Patrick Ouellet, présenté à la Maison Théâtre du 30 mars au 21 avril 2002, pour
les 4 à 8 ans
"J'arrive pas à dormir", cette phrase vous dit quelque
chose? Eh! bien, si vous avez des enfants, je vous invite à découvrir avec eux
la nouvelle pièce à l'affiche à la Maison Théâtre. On y présente Contes-Gouttes
du Théâtre des Confettis qui fête cette année son 25e anniversaire.
Que peut-il arriver à un petit
garçon qui n'arrive pas à dormir et à qui personne ne raconte jamais
d'histoires? En s'endormant, Pierre est avalé par son ourson Arthur. Il appelle
Demi-Fée à la rescousse pour le sortir du ventre de l'ours. Cette réparatrice
d'histoires a la capacité d'intervenir en distillant au compte-gouttes de
petits contes qui s'imbriquent et se complètent l'un l'autre. Au bout des
contes, la nuit fera place au jour et Pierre sera délivré.
Des contes-gouttes comme
des petits fragments d'émotions où les sentiments, les désirs et les craintes
des enfants jaillissent des mots simples et doux de Louise Bombardier.
L'auteure puise dans la psyché enfantine, dans ce côté obscur et trouble de l'enfance:
la peur de l'inconnu, de l'abandon, de la dévoration, de l'étouffement
maternel. Avec beaucoup d'habileté, l'auteure
d'Hippopotamie et de Conte de Jeanne-Marc, Chevalière de la
Tour reste près de l'imaginaire des tout-petits et leur offre, sur le mode
du rêve, l'apaisement de leurs petites angoisses.
La mise en scène de Louise
Laprade demeure par moment plutôt discrète, laissant le conte parler de
lui-même. Mais la metteure en scène
exploite aussi à fond les situations loufoques et sait provoquer le rire des
enfants. Les comédiens, tous diplômés du Conservatoire d'art dramatique de
Québec, tirent bien leur épingle du jeu et entraînent les spectateurs dans ce
monde de rêves. De plus, l'étonnante scénographie de Marie-Claude Pelletier
(les projections vidéos, en autres, où l'on peut voir Pierre dans le ventre de
l'ours) et les éclairages de Sonoyo Nishikawa contribuent à créer cet univers
onirique parfaitement adapté au texte.
La Maison Théâtre poursuit son
mandat et offre, encore une fois, un spectacle de qualité destiné à l'enfance
et à la jeunesse. On ne peut demander mieux.
Sylvie Rheault
Club Culture