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Sept jours dans la vie de Stanley Siscoe

Daniel Saint-Germain

Éditions Vents d’Ouest

Collection azimuts / roman

152 pages

2005 

17.95 $

****

 

Quel plaisir j'ai eu à lire ce livre! Dernièrement, j'ai fait une tournée dans le nord-est de l'Ontario, à Cobalt, entre autres villes minières, justement là où travaillait Stanley Siscoe, aventurier d'origine polonaise, avant d'aller faire de la prospection minière en Abitibi. Je me retrouvais donc en pays familier. C'est en 1915 que Siscoe, un homme déterminé et entêté, découvre la plus importante veine aurifère du Canada sur une des îles du lac Kienawisik (De Montigny), près de Val-d’Or;  quatorze ans plus tard, la Siscoe Gold Mine entre en production. Mais le suspens commence le mardi 19 mars 1935. Siscoe, simplement vêtu d’un paletot léger, d’un petit chapeau melon et de souliers vernis, quitte l’aéroport de Saint-Hubert à bord d’un appareil piloté par William Wrathall. Direction: Senneterre. À une quarantaine de kilomètres de leur destination, l'avion connaît des difficultés à cause d'une tempête de neige et le pilote se voit obliger de faire un atterrissage forcé.  

 

 Le sujet est captivant, le récit bouleversant.  Roman bien documenté, raconté avec énormément d’intelligence et de verve, basé sur des faits réels, des rapports et des témoignages. Daniel Saint-Germain nous met cependant tôt en garde, ce n'est pas une biographie ni un roman historique. Non, mais la réalité et la légende sont très bien tricotées. Voilà donc les deux hommes, isolés et perdus, sur le lac Matchi-Manitou, le lac du Mauvais Esprit et moi, lectrice, je suis restée avec eux d'heure en heure. J'ai eu froid, j'ai eu faim, j'ai souffert avec eux. Je m'interrogeais. Qu'arrivera-t-il au bout de cette aventure parsemée d’épreuves? Qu'aurais-je fait à leur place?  Beaucoup de dialogues colorés avec expressions de l'époque et des lieux. Les événements se succèdent rapidement, les situations sont claires et précises. 

 

J'ai beaucoup aimé le fait que l'auteur interpelle Stanley Siscoe tout au long de la narration, le rendant plus vrai, plus vivant et plus présent. Je comprends pourquoi Daniel Saint-Germain, né à Amos, raconteur de talent, a remporté à deux reprises le Prix littéraire de l’Abitibi-Témiscamingue, en 1988 et en 1997. Il possède ce style d’écriture qui nous invite à tourner les pages.  

 

Lysette Brochu 

Club Culture 

 

 

 

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