Et que ça saute

une biographie de Marcel Talon
avec l’aide de Jean-Louis Morgan
Édition Stanké

Vous avez sûrement entendu parler de Marcel Talon, mais son mon pourtant ne vous dit pas grand chose. En effet, ses actions étaient de celles que l’on fait sous le couvert de l’anonymat. Lorsque l’on s’amuse à faire son Robin des Bois moderne à l’aide de puissants explosifs, il est préférable de taire son nom! Talon a participé à de nombreux actes criminels sur le territoire québécois, celà lui a d’ailleurs valu de faire de la prison et même de devenir, par la force des chose, un délateur. Ses connaissances en électronique et en maniement des explosifs faisaient de lui un comparse de choix pour monter de gros coups avec d’étonnantes diversions. Rappelez-vous par exemple le vol de l’avion de la Brinks en 1990 (15 millions), Le tunnel de la Banque de Montréal (enjeu: 200 millions) et le coup avorté du fourgon de Sécur (48 millions US).

Dans ce livre on rencontre un homme qui n’acceptait pas de se faire mener par le bout du nez, un homme qui, très jeune, se montrait rebelle à l’autorité, aimait la solitude et ne désirait surtout pas demeurer dans la pauvreté. Il s’est donc pris en mains, comme il nous l’explique, mais c’est malheureusement le côté criminel qui lui offrait le plus de débouchés! C’est donc dans cet esprit que l’on parcours la vie de Marcel Talon, dans une atmosphère où les gens du peuple ne peuvent que difficilement s’en sortir convenablement. C’est ainsi qu’il s’en est pris à ce qu’il nomme les ‘’mafias légales’’: fiducies familiales, Trusts économiques..., pour les alléger de quelques dollars superflus! On ressent qu’il respecte la classe ouvrière, mais l’État et les grandes institutions ne valent pas cher pour lui. Alors, notre homme sans peur et sans problème de conscience s’est empressé de les mettre au défi, de vérifier leurs systèmes de défense...

Ce livre est vraiment simple à lire, on y retrouve des commentaires sociaux et politiques venant d’un homme marqué par un milieu impitoyable et sans morale. On y apprend beaucoup sur le monde du crime organisé et sur les règles qui y règnent. En réalité, il s’agit d’une nouvelle fenêtre sur cet étrange univers où les psychotiques, les associations criminelles et les policiers offrent une grande compétition à de petits groupes de voleurs qui désirent , eux, agir dans la non-violence.

Serge Gouin
pour Club-Culture

97/04/11