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ALIRE
Auteur : Maxime
Houde
276 pages
ISBN :
2-922145-61-1 052
Un deuxième roman pour ce jeune auteur !
Il s’appelle Stan Coveleski, ex-policier, devenu détective
privé dans la région de Montréal.
Nous l’avons rencontré dans « La voix sur la Montagne »
et immédiatement, nous l’avons adopté !
Nous sommes toujours dans les années 40 et Stan vit
seul.
Coveleski vit
difficilement sa séparation d’avec Kathryn, sa femme. Certains soirs, quand il broie du noir, le détective se rend dans
le « red light » et se confie à Fleurette, une prostituée qu’il a
déjà sorti du pétrin. C’est au cours
d’une de ces « visites » qu’il se fait prendre dans une descente et
se retrouve face à un ancien coéquipier, Frank DeVries, devenu entre-temps
enquêteur en chef.
À la tête de l’équipe qui traque celui qui viole et
assassine des femmes à travers la ville, DeVries veut ravoir Coveleski à ses
côtés, mais ce dernier refuse. Pas
question de renouer avec les méthodes douteuses de la Sûreté de
Montréal : c’est ce climat de
travail pourri qui a assombri son humeur et provoqué le départ de Kathryn. Mais quand on découvre le corps mutilé de
Fleurette……
Entre ses tentatives maladroites pour renouer avec sa femme,
les meurtres qui s’accumulent, l’enquête qui piétine et les journalistes qui
montent aux barricades, Coveleski, la mort dans l’âme, se pose une
question : trouvera-t-il la
lumière au bout de ses tunnels ?
Le lecteur a fait connaissance avec Coveleski dans le
premier roman. Et, nous avons été
témoins autant de ses talents d’enquêteurs que ceux d’un être très humain,
sensible et dévoué.
Cette fois-ci, l’auteur nous plonge dans une histoire
sordide de meurtres à caractère sexuel.
Mais, cette histoire est un prétexte pour nous présenter en parallèle,
l’histoire de Coveleski et le dilemme qui secoue toute sa vie. Ne nous trompons pas : Coveleski ne peut résister à débusquer un
tueur. Mais, cette fois, il se présente
un problème personnel qui prend toute la place, même que ce problème se
retrouve tout en haut de la liste des priorités : Kathryn l’a quitté.
Déchiré entre sa passion pour l’enquête - débusquer les
criminels en déjouant leurs plans - Coveleski est coincé entre l’enquête pour
retrouver un sadique meurtrier et son propre crime, celui d’avoir levé la main
sur sa propre femme après avoir construit un mur de silence autour de lui. Caché derrière une carapace
« machiste », rongé par le remord et le désir de communiquer avec Kathryn,
une foule de questions demeurent sans réponse et c’est précisément ce qui le
ronge. Il ne peut accepter de vivre
seul subitement, d’avoir perdu la femme qu’il aime et de ne pas savoir s’il est
possible qu’elle lui pardonne son geste,
qu’elle revienne vers lui pour reprendre la vie à deux…….Est-ce possible
?
Il doit retrouver son équilibre et cet équilibre passe
inévitablement par son propre repentir et la prise de conscience de valeurs
essentielles…..
Houde mène de front deux enquêtes.
Un roman surprenant parce qu’il nous fait découvrir qui est
vraiment Coveleski – l’homme, l’ami, l’amant, l’enquêteur -. Une étude de caractère des plus
originale. Ce qui n’empêche pas de se
retrouver captif dans une histoire de meurtres, menée par un chef enquêteur aux
prises avec ses propres démons.
Tout au long de l’enquête, les témoins potentiels se
succèdent dans les bureaux de DeVries.
Celui que je retiens c’est Chalmers, un comptable de talent. Dans sa vie personnelle, c’est un raté – il
a marié une fortune et il a délaissé sa passion pour la poésie…
Un personnage attachant, à l’humour tranchant : « Prenez un montant de cinquante mille
dollars, par exemple. Qu’est-ce qui lui
donne autant de valeur ? Cinq zéros, le
nombre qui représente une valeur nulle.
Et il suffit d’effacer le cinq et le montant n’existe plus. Absurde, vous ne trouvez pas ? »
Les amitiés de Coveleski pour une prostituée montrent son
profond attachement à une femme qui a eu la vie dure mais qui a gardé quand
même des valeurs importantes. Un lien
les unit. Aussi, la fidélité qui le
caractérise si bien. Il porte peu de
jugement sur autrui, il observe et analyse….il écoute et ne se dévoile
qu’auprès des êtres en qui il a une confiance et une admiration absolue.
Dans « La Mort dans l’Âme », Coveleski est à la
fois acteur et observateur….Maxime Houde nous a fait un cadeau : un portrait intimiste, imbriqué dans une
enquête policière tout à fait émouvante.
Au passage, il brosse un portrait tragique, souvent
pathétique du milieu policier et ses protagonistes. C’est un univers en soi.
Comme ce sont des hommes et des femmes qui font partie de la grande
société humaine, ils ont créés une société unique et parallèle, laquelle
possède son propre code d’éthique et ses propres lois internes. À croire que « plus ça change et plus
c’est pareil »……
De la part de l’auteur, un coup de « griffe » en
passant……..
De dévoiler un autre aspect de Coveleski, le rend plus
humain, plus proche de nous. Le lecteur peut s’identifier au policier et à
l’homme qu’il est avant tout. Il
demeure le héros du roman.
Bonne lecture !
Francine Charette
Club-Culture