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Récits
de Mathieu Mestokosho, chasseur innu
Serge Bouchard
Couverture :
Christophe Fontaine
Boréal, Montréal
2004
200 pages
25,95$
En
1971, un jeune étudiant en anthropologie, Serge Bouchard, enregistrait un
long récit de chasse en langue innue, d'un vieux Montagnais de la
Minganie. (Mathieu Mestokosho est décédé en 1980 alors qu'il était presque
centenaire.) Le ministère des Affaires culturelles allait
publier la traduction de ce récit, sous le titre Chroniques de
chasse d’un Montagnais de Mingan, en 1977. Avant de
commencer la lecture de ce très beau livre, publié chez Boréal, j'ai feuilleté
les sept pages de photographies, espérant y voir le conteur et sa famille.
Je n'ai pas été déçue! Ensuite, j'ai étudié la carte géographique qui
me situerait dans le grand Labrador.
Me
croyant prête, j'ai lu la préface de Gérard Bouchard, qui dans son dernier
paragraphe disait : « Le récit que voici, dans son dépouillement, dans sa
simplicité, livré avec la plus grande économie de mots et de moyens, offre
l'occasion d'une véritable plongée au coeur de cette vie ancienne, qu'il permet
d'imaginer telle qu'elle a pu être avant l'arrivée des civilisateurs. » Et dans
l'avant-propos de Serge Bouchard, ma curiosité était piquée au vif
avec les mots prometteurs : « Discours incantatoire de fierté et d'orgueil,
représentation de l'humaine humanité, telle que nous la recherchons tant,
de nos jours. » Et puis je me suis aventurée dans ce monde
inconnu, une vie très dure de nomades qui vivaient de leur
pêche et de leur chasse aux caribous, aux ours, aux loutres, aux
martres et aux castors. Un récit imprégné
de fierté, aux phrases courtes et au ton respectueux.
À
suivre ces hommes et ces femmes courageux, dans leurs portages, leurs
nuits à la belle étoile, leur travail de préparation de la viande, leurs
campements temporaires, leur quotidien menacé constamment par les forces de la
nature ou de la famine, je constatais leur grande forme physique, leur
magnifique travail d'équipe, leur sens de la communauté, leur bravoure.
J’étais émue !
Décidément,
il y a dans ce roman une
atmosphère que l'on pourrait qualifier d'initiatique. L'histoire, les
personnages renvoient toujours à autre chose, au drame de ce qui est perdu, au
sens de la vie et de la mort! Une lecture riche qui nous permet de mieux
comprendre et de comparer la noble vie d’hier à la douloureuse réalité
d’aujourd’hui. Un témoignage que je qualifierais de « véritable trésor
». Notre ignorance devant la beauté de cette culture,
notre peu de savoir sur la philosophie innue ou la poésie de la terre
sont déjà de très bonnes raisons de lire ce sublime récit.
Bonne lecture!
Lysette Brochu www.lysettebrochu.com
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