

" Le Naufragé de Memoria "
Scaphandre 8
De
Jean-Paul Eid
Claude Paiement
Collection " Fondation "
Les Éditions Mille-Iles
ISBN : 2-920993-39-9
56 pages
Prix : 14,95$
(Le premier d’une série)
Un petit mot sur la nouvelle collection FONDATION :
Créée à la fin du deuxième millénaire, la collection Fondation présente des auteurs venus d’horizons variés. Lieu de rencontre pour auteurs de bandes dessinées, écrivains, illustrateurs, poètes, cinéastes, gens de théâtre, elle offre aux créateurs la possibilité de publier leurs oeuvres dans un cadre souple et en perpétuelle évolution. Favorisant la création la plus libre qui soit dans l’univers du neuvième art, la collection Fondation ouvre la porte à la bande dessinée du troisième millénaire.
Le Naufragé de Mémoria – Scaphandre 8,
est la première incursion sérieuse de la part d’un auteur québécois de bande dessinée, dans le monde de la littérature d’anticipation. Jean-Paul Eid et Claude Paiement signent un scénario surprenant et captivant. Ils nous plongent à la fois, à l’époque des gangster et de la prohibition, des années 30 et les mondes de la virtualité effervescente des années 2000.
L’histoire :
Dans un monde futuriste, une multinationale du voyage virtuel offre à sa clientèle des destinations très exotiques. L’une d’elles, Mémoria, a particulièrement la cote : on y fait littéralement tout ce qu’on veut sans vergogne et sans complexe. Mais voilà que quelques problèmes surviennent pour les responsables de Mémoria. Les joueurs sont subitement mis hors jeu ; les règles du jeu sont renversées. Que se passe-t-il dans ce milliard de litres de liquide intelligent dans lequel plongent les voyageurs et qui rend possible leur voyage virtuel ?
C’est que Eid, graphiste et dessinateur formé au cinéma d’animation à Concordia, possède une main de maître lorsqu’il s’agit de dessiner. C’est lui, le père de Jérôme Bigras, ce merveilleux personnage ayant fait ses débuts dans CROC et publié aux Éditions Logiques.
Pas surprenant de le retrouver cette fois-ci, avec un personnage comme Benjamin Blake, un simple chauffeur de taxi, en apparence seulement. Jean-Paul Eid n’a pas peur des perspectives laborieuses. Les décors, l’exactitude de tous les objets d’époque incluant les détails vestimentaires jusqu’à l’ambiance, témoignent d’une grande versatilité. Le mouvement est omniprésent, les personnages sont bien identifiés, l’histoire est exaltante.
Dès que l’on ouvre la page couverture, nous sommes littéralement plongés dans le mystère, le rêve, la fiction, l’aventure. " Je vous en prie, il faut me croire...Je m’appelle Benjamin, Benjamin Blake...et je suis chauffeur de taxi.. " ".
Une entrée en matière comme un cri d’alarme !
Benjamin Blake, en nous suppliant de l’écouter raconter son histoire, devient réel aux yeux du lecteur et un lien d’amitié apparaît. Le lecteur devient le confident, l’ami, le complice, le témoin du voyage de Blake dans Memoria. C’est à ce moment que l’histoire prend vie, que le rythme s’accélère, que le lecteur devient acteur (hors-champs).
La couleur est l’élément disjoncteur des ambiances et des univers en cause. L’artiste passe des verts aux teintes orangées, en passant par les bleus, les mauves et, le noir et blanc.
Une technique très efficace et sans faille.
Le scénario, aussi passionnant que déconcertant, en collaboration avec Claude Paiement, ouvre les portes toutes grandes de l’imaginaire. Pas de paroles inutiles et la prémisse à cet exercice la voici : " Quelle est la chose la plus déroutante que quelqu’un puisse nous annoncer ? "
Réponse : " Vous n’existez pas ! "
" Imaginez un monde virtuel où l’inexistence est le fondement même de la réalité ! "
Je vous invite à vous procurer cette nouvelle bande dessinée. Elle est magnifique !
Bravo ! à Jean-Paul Eid et Claude Paiement.
Cliquez ici pour l’entrevue avec Jean-Paul Eid
Francine Charette
Club-Culture