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UN PIED DANS L’HÉCATOMBE

UN PIED DANS L’HÉCATOMBE

Genre :  roman policier

 

Triptyque / collection l’épaulard

Auteur :  Nando Michaud

241 pages

ISBN :  2-89031-417-0

 

Résumé

« Il vaut mieux être pauvre et enchanté que riche et banal » pourrait affirmer le narrateur de cette histoire aux mille rebondissements.  Journaliste à « La Leçon », calembourgeois incurable, obsédé sexuel léger, François Langlois est envoyé en mission à Québec pour couvrir le carnaval d’hiver.  À la suite d’une beuverie en compagnie de son nouveau copain Walter Hégault, il tombe dans un sac d’embrouilles profond comme la bêtise humaine.  Mais ce n’est que la pointe du Palais de glace :  les cavaliers de l’Apocalypse – rien de moins ! – menacent la capitale.

 

Du sang, du sexe et du suspense, des bons et des méchants tous les ingrédients qui composent la réalité foisonnent dans ce thriller qui roule à fond la caisse.  Cependant, lorsqu’à la fin les bons gagnent, on sait qu’on a passé quelques heures de franche rigolade les deux pieds bien ancrés dans la fiction.

 

 

Nous avons droit à un début assez accrocheur.  François Langlois, journaliste provocateur à la plume cinglante, macho, coureur de jupons…qui n’a pas la langue dans sa poche !  Sur le train qui fait le trajet Montréal/Québec, il rencontre Charles, un traducteur de retour au Québec après avoir passé deux ans à Toronto.  Dehors, une tempête fait rage, la discussion s’anime chemin faisant et glisse tout doucement vers un sujet brûlant :  la politique, spécifiquement le fédéralisme et le séparatisme, la langue de la majorité, la conscience politique des jeunes etc…..Ces premières pages sont particulièrement « politically incorrect », juteuses à souhait :  « Qui se souviendrait de Trudeau s’il n’avait pas craché sur le Québec au nom de l’unité canadienne ?  Comment un analphabète fonctionnel comme Jean Chrétien aurait-il pu devenir premier ministre du Canada s’il ne s’était pas présenté aux anglophones inquiets comme le seul capable d’éradiquer du pays la racaille « séparatiste »?

 

Un déraillement, des explosions et c’est parti.  François doit sauver sa peau.  Dans la tempête, il aperçoit un groupe de motoneigistes.  Il a juste le temps de reluquer une inscription comme un logo étrange.  Malgré ses blessures, il marche sur les railles à travers la tempête.  S’il s’arrête il mourra gelé :  « C’est trop bête à la fin ! mourir gelé si près du but.  Se faire baiser par la camarade alors que la terre est remplie de clitos en feu qui n’attendent qu’une minette bien torchée pour que celles qui en ont l’usage hurlent leur joie de vivre à l’univers. »

À la lecture de ce livre, nous avons l’impression que ce François est un mâle qui a la « queue » directement connectée à son cerveau.  C’est sa fierté, son moteur, son « fuel ».  Il saute tout ce qui bouge…..C’est le « rambo » de la couchette !

Il ne faut pas se surprendre de trouver tout au long de cette aventure, des séances de jambes en l’air détaillées.

Bien sûr, l’histoire renferme un complot.  Des « skinheads », un groupe de racistes extrémistes, des terroristes sans scrupules, une secte religieuse, des militaires pourris et pour couronner le tout, une « taupe » à l’intérieur de la force policière de Québec.  Tous les éléments sont présents pour une poursuite haletante !

Une rencontre impromptue avec Delly, une fille délurée, intelligente, solitaire.  Également, Ro-Na, une jeune punk itinérante qui connaît la « gaffe », accompagnée de son chien ébouriffé nommé « Fléau », un petit bâtard très intelligent.  Elle connaît tous les détours, les recoins les plus insolites de Québec.  La grande parade de nuit se prépare et avec, un cheval de Troie !

Il faut le trouver et arrêter ces brutes !

 

Un roman « heavy metal » avec tout le bazard ! « Sex, drugs & rock’n roll ». 

Une écriture effrontée, crue, l’écrivain ne lésine pas sur les mots.  Derrière cette virilité éhontée d’apparence macho, insouciante et égoïste, se cache un « Dirty Harry » cœur tendre.  Ses valeurs sont immuables et il est prêt à les défendre jusqu’à ce que mort s’en suive !  Après tout, le patriotisme existe !

« -Je me présente :  Martin Vendredi.  Je voudrais simplement vous remercier pour votre aide.  Ces brutes nous auraient certainement massacrées.

(François)-Tout naturel !  Je n’ai fait qu’obéir à un réflexe.  S’il y a une race au monde que je déteste, c’est bien celle des racistes.

Le paradoxe fait sourire le bel éphèbe.  Il me remercie encore et va rejoindre son coreligionnaire. »

 

L’écrivain en fait un héros de type « tarzan rosé », « Peter Pan » ténébreux en crise identitaire continuelle, même s’il voit poindre l’âge appréhendé du « démon du midi ».  Il trouvera néanmoins une jeune poulette, aussi effrontée que lui pour satisfaire ses fantasmes…..(très cliché)

Malgré tout, on se laisse prendre au jeu.

 

Nando Michaud

Il a commencé à écrire après avoir exercé divers petits métiers tels prof de maths et informaticien.  Il a aussi inventé la peinture sous-réaliste, un style pictural qu’il situe entre l’abstraction lyrique et la place Ville-Marie.  Quant à ses croyances, il se dit panthéiste et se perçoit comme un ulcère à l’estomac de Dieu, d’où certaines aigreurs….de parcours, s’empresse-t-il d’ajouter, histoire d’entendre rugir les esthètes.

 

« Les montres sont molles mais les temps sont durs », « Mon amie d’en France », « Le mystère de la chambre froide », quelques titres de l’auteur…..

 

Bonne lecture !

 

Francine Charrette

Club-Culture