

Retour à la liste
Parce
que c'était toi, parce que c'était moi
Balvay-Haillot,
Nicole, 1942-
Éditions du Vermillon, 2003.
15,00 $
Collection Visages
Quel beau récit
d’amitié en ces temps modernes où les relations sont souvent superficielles,
factices ou inexistantes. Opportunité divine, communion mystérieuse de deux
âmes, fidélité inconditionnelle, l’amitié, pourtant vraie bénédiction du ciel,
est plutôt rare.
L’auteure,
Nicole, amie du Canada, continue de témoigner son attachement à cette Annie,
bien après la mort de cette femme, âme soeur de la France, de cette amie morte
beaucoup trop jeune, d’un cancer sans pitié. L’amitié franchit les murs du
temps et de l’espace, se continue, se veut éternelle. Celle qui reste vit
pleinement cette présence déserte en la meublant de larmes, de silences, de
mots, de souvenirs et de la musique des jours. En vivant pleinement son
quotidien, elle garde l’autre près d’elle, elle continue à se faire proche.
Elle comprend que depuis toujours,
il y a un temps pour la
semence, un temps pour la moisson,
un temps pour naître,
rire et chanter... Enfin,
un temps pour s’éteindre... pour mourir. Mais c’est si dur de l’accepter…
Grâce à un
manuscrit de pattes de mouche que la fille de son alter ego lui a confié, elle
donne une voix, malgré ses larmes, à celle qui s’en est allée. Le toi, le moi,
le nous… se confondent. Titre bien choisi que ces mots tirés des Essais
de Montaigne, qui porta toute sa vie le deuil de La Boétie : Parce que c’était toi, parce que c’était
moi…
C’est vrai que
nous n’écrivons pas de carte de sympathie à celle qui a perdu son amie ─
surtout si l’amitié n’a duré qu’une dizaine d’années ─ nous ne la prenons
pas dans nos bras pour la consoler… « Ce n’est pas une parente après
tout… » Pourtant, parfois les liens de l’amitié dépassent ceux du sang et
si nous n’existons que par nos liens, et bien ne mourons-nous pas en grande
partie avec ceux et celles que nous aimons.
Dans son deuil,
Mme Balvay-Haillot nous dit, à la p. 99…
C’est ça, la mort :
le vide d’une boîte aux lettres
le silence d’un téléphone
l’absence d’une voix chère.
L’auteure
travaille bénévolement aux soins palliatifs du Centre Élisabeth Bruyère
d’Ottawa. En 1993, elle écrivait un très beau livre, Dérive, au sujet de
la mort de sa mère, et en l’an 2002, elle nous offrait un bon roman L’Enfant
du Mékong. Je ne rate pas une occasion de lire cette écrivaine à la plume
intelligente et sensible.
Pour vous procurer ce titre, cliquez ici. Lysette Brochu www.lysettebrochu.com Pour Club Culture