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JE NE SUIS PAS GUÉRI DE LA MÉDECINE

JE NE SUIS PAS GUÉRI DE LA MÉDECINE

D’après les récits de Robert Gutherz

 

Édition L’Harmattan

Histoire de vie et formation

Auteure Mariette Gutherz

 

164 pages

ISBN :  2-7475-4527-X

 

Synopsis

Livre autobiographique qui retrace le long combat d’un médecin humaniste, Robert Gutherz.  Né en 1918 dans une famille juive de Czernowitz (Bucovine), il découvre très jeune sa vocation médicale.  Étudiant en médecine à Prague, il doit fuir les nazis en 1938.  Réfugié en France, à Montpelier, il y rencontre Vivette sa future femme, entre dans la Résistance et exerce comme médecin de campagne après la guerre.  Installé en 1952 à Nîmes comme médecin accoucheur, il suit les cours de Fernand Lamaze et devient un des pionniers de l’accouchement sans douleur.  Malgré les réticences du milieu médical il va le pratiquer avec passion durant de nombreuses années, y ajoutant peu à peu d’autres méthodes comme la naissance sans violence, la sophrologie et l’haptonomie.  Membre fondateur de la Société Française de Psycho-prophylaxie, il se consacre également à l’éducation pour la santé, dans le but d’améliorer les conditions de vie de la femme enceinte et du nouveau-né.  Un magnifique récit de vie où transparaît à chaque ligne la leçon d’humanisme de cet homme pour qui « la vraie médecine » fut plus qu’un métier, une vocation.

 

L’auteure Mariette Gutherz est née en 1954 à Nîmes.  Après avoir obtenu une maîtrise de Lettres et Cinéma à l’université de Montpellier, elle devient monteuse de films.  En 2000, elle signe un premeir documentaire comme réalisatrice, un portrait de son père, Robert Gutherz.

 

Mariette Gutherz vit actuellement à Montréal et prépare un film documentaire sur le thème de l’exil et l’identité.

 

 

Dans la préface, Mariette Gutherz écrit :  « Une mémoire intacte, si précise dans les moindres détails, que j’ai décidé de retenir d’abord ce récit vivant dans les images d’un film. »

« Je ne sais pas si tu peux comprendre » - film documentaire de son père.  Grâce à ce témoignage, l’histoire, dans ses moindres détails refait surface.  Une recherche qui nourrit abondamment son identité. 

Ce livre est exceptionnel.  C’est comme un code génétique historique…..Qui n’aimerait pas en avoir un ?

 

Nous sommes aujourd’hui le résultat de notre passé, un être fabriqué et constitué de plusieurs éléments, reliés à celui de nos parents, de nos grands-parents et ainsi de suite.  Le magnifique voyage / retour aux sources / qu’a entrepris Mariette Gutherz lui a permis de lever le voile sur une foule de petits mystères, lui a permis d’éclaircir certains événements et au bout du compte découvrir un autre visage de son père, « Celui du médecin humaniste, que je n’avais pas vraiment su voir autrefois, en le côtoyant pourtant tous les jours. »

 

Robert Gutherz commence son récit en nous situant historiquement - depuis l’empereur d’Autriche-Hongrie, François-Joseph – le protecteur de la population juive, émancipée en 1848, le début de l’âge d’or de Czernowitz.  Le grand-père de Robert était conseiller privé auprès de l’empereur…..Juste avant sa naissance, les problèmes antisémites montrent le bout du nez….Pour préserver leurs droits, les juifs qui vivaient en Roumanie devaient parler la langue couramment, repasser leurs examens en langue roumaine, demander à obtenir la citoyenneté roumaine pour préserver tous leurs droits….

 

C’est en 1935, lors de ses études à l’université que Robert est témoin de la montée du nazisme et de l’antisémitisme importé d’Allemagne de façon très forte.  À quatorze ans, même s’il répond parfaitement à un problème de physique, le professeur du lycée lui donne seulement 9/20 :  « Très bien, cela mérite 20/20 mais comme tu es juif je ne te donne que 9/20. »

Ayant tout laissé derrière, les seuls souvenirs qu’il possède ne sont que quelques photos de famille, des photos d’époque, quand il n’était encore qu’un enfant.  Il doit fuir le pays et devenir un déraciné, un réfugié.

 

Après mille et un métiers, Rober Gutherz découvre sa vocation.  Il améliorera la vie des femmes et des bébés tout au long de sa vie sans jamais oublier son pays, ses amis et la ville qui l’a vu naître.

Une vie remplie de souvenirs heureux et douloureux, d’amour, de tristesse, d’espoir.

Il nous fait le récit de l’histoire de l’implantation d’une tehcnique par le docteur M. la méthode Ride – « l’accouchement sans crainte ».  Ce docteur a touché les subventions que l’Assemblée Nationale avait votées à l’époque, en 1954 et non le docteur Lamaze et sa technique de « l’accouchement sans douleur » - une technique qui exigeait beaucoup de générosité et de présence.  « Comme ce n’était pas intéressant financièrement – cela demandait beaucoup d’efforts, beaucoup de présence et diminuait le nombre d’extractions, de forceps, source de profit puisque payés en supplément – ils n’ont pas donné suite… »

Robert Gutherz abandonne la médecine générale en 1967.

 

Quand on bouscule les vieilles traditions et l’ordre établi et que la réussite ne se fait pas attendre, on se fait rapidement des ennemis - des jaloux -, on est l’objet de convoitise.  Mais la détermination, le dévouement tout autant que la passion de Robert Gutherz lui donnent toutes les armes nécessaires pour surmonter les obstacles…….

 

Il termine son récit en disant ceci :  « Maintenant, je crois que, par la force des choses, je suis un peu détaché mais je ne suis as guéri quand même.  Je crois que je vais mourir sans être guéri de la médecine. »

 

Raconté simplement, écrit avec toute la tendresse et l’admiration d’une femme pour son père, « Je ne suis pas guéri de la médecine » nous offre un témoignage palpitant et inspirant !

 

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Bonne lecture !

Francine Charrette

Club-Culture