

À ce qu'il semble, les policières de la Communauté urbaine de Montréal auraient un faible pour leurs confrères. Cette inclination serait partagée. De sorte qu'il s'en suivrait des unions fréquentes et même des mariages.
On dira ce qu'on voudra, mais dans le marasme actuel cette nouvelle devrait nous être à tous, Montréalais, un baume aux effluves rassurants. Des esprits positifs y verraient même, à ce qu'on dit, un effet bénéfique de l'administration municipale si favorable aux illuminations, comme chacun sait.
Ce qui laisse un peu perplexe en revanche, c'est la fascination que peut exercer une femme en habit sur un homme en habit. Il faut qu'une femme soit diablement belle pour qu'ainsi fagotée elle séduise encore. Mon cousin prétend que la séduction n'a pas de frontière, que l'éternel féminin l'emporte toujours, mais je serais incapable, quant à moi, de dire "je t'aime" au sergent Huguette Lalancette si elle n'enlevait pas au préalable son costume de flic.
Comment vivre de toute manière avec une dame qui menace à tout moment de vous donner une contravention? Vous n'avez pas acheter un litre de lait au dépanneur, vous n'avez pas passé l'aspirateur, vlan! Une contre-danse. Sans compter qu'elle peut obtenir une promotion et vous, pas. Elle vous narguerait à la première occasion, vous humilierait. C'est l'évidence.
Il faut vivre avec son temps, me rappelle souvent mon cousin. Je ne fais que ça. Aussi ne puis-je m'empêcher de penser aux enfants que pourraient avoir une policière et son Jules costumé. Imaginons le pire, ils seraient tous les deux affectés à la patrouille en patins à roues alignées. Tellement convaincus de l'importance de leur tâche, ils se promŠneraient dans leur appartement sans même se donner la peine d'enlever leurs patins. L'enfant n'aurait droit à son lait qu'aux moments de halte. On lui donnerait un baton sur roties comme hochet. Il en aurait le hoquet.
Mon cousin est optimiste. Il prétend que l'amour arrangera tout ça. Et qu'il faut humaniser les rapports de la police avec la population. Pour être déplaisant, je lui ai répliqué: "J'imagine que tu trouverais normal qu'un couple de policiers fasse sa ronde en promenant un landeau dans lequel se trouverait un joyeux poupon vêtu lui aussi … la fa‡on d'un policier?". "Pourquoi pas?" a-t-il trouvé à me répondre.
Ce "pourquoi pas" me hante. Tout est possible. Mais comment tomber amoureux de quelqu'un qui exerce le même métier que soit? Une chose est certaine , jamais je ne vivrais avec une femme écrivain. Partager mes jours avec une romancière qui à la moindre dispute me brandirait un relevé de droits d'auteur supérieur au mien, qui me dirait "Tais-toi, tu ne connais même pas Bernard Pivot!". Et puis avoir un enfant poète, vraiment pas! Surtout, s'il parle en alexandrin ou en vers libres. Je préférerais un enfant gendarme. Ça peut toujours servir. Un enfant à pied toutefois, c'est moins énervant.
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