Retour à la liste

LES CHEMINS DE PAPIER

LES CHEMINS DE PAPIER

 

Les Éditions JCL

Roman

Auteure :  Hélène Potvin

Prix :  La plume saguenéenne

 

268 pages

ISBN :  2-89431-270-9

Prix :  21,95$

 

Un premier roman resplendissant et vivifiant

 

Synopsis

En offrant un vieux secrétaire à une jeune amie et en vendant un bureau ancien au notaire du village, un antiquaire nonagénaire devient, malgré lui, l’instigateur d’une étrange saga amoureuse.

Mari-Ève et Jean, chacun de leur côté, découvrent dans les meubles antiques des lettres secrètes et compromettantes.

À leur insu, la correspondance des amants illicites, datant des années vingt, opère sur eux un charme puissant.

 

Comment faire, cependant, pour éviter le sort tragique qu’ont connu les signataires Joséphine et Marc-Aurèle ?

 

Pamphile (antiquaire), Marie-Ève (informaticienne) et Jean (jeune notaire).  Triangle, non pas amoureux mais plutôt amical.  Je dirais plus que Pamphile est l’élément soudure entre les deux jeunes personnages, la sagesse, la générosité et la protection paternelle ainsi que le personnage clé du village.

 

J’apprécie tout spécialement la limpidité et l’originalité du récit romantique qui se passe au Lac Saint-Jean (Alma) à Saint-Gédéon, un petit village comme il y en a beaucoup au Québec.  Les anciens sont soudés par des années de combats, de difficultés, de joies, d’entraide etc….Les jeunes arrivants sont mis à dure épreuve, surtout s’ils bousculent le quotidien, les habitudes et l’image enracinée.

Par exemple, le bistro « L’Escalier » acheté et réaménagé par un jeune couple - Valérie et Stéphane frais sorti de l’Institut d’Hôtellerie – faisait jaser tout le village car depuis quarante ans, ce petit restaurant s’appelait « Chez Ephrem », du nom de son propriétaire maintenant décédé. 

Un menu « Nouvelle cuisine » était écrit sur un grand tableau noir.  « C’est au moment de « l’expresso » que Pamphile avait réalisé à quel point il avait été « en exil moderne » depuis bien trop longtemps.

 

Le vieux Pamphile se rapproche de Marie-Ève et la prend sous son aile protectrice.  Il ira même jusqu’à lui avouer qu’elle est comme sa petite-fille qu’il n’a pas eu.  Quant à Jean, il deviendra le fils présent, aimant et honnête qui remplacera ses deux fils, partis à Fort Lauderdale pour ouvrir un motel et aussi pour s’éloigner d’un vieux père et de ses vieilleries inutiles.  Les fils ingrats se fichent de savoir que leur père est seul.  Cependant, ils ne sont pas insensibles à l’héritage .

 

L’auteure est sensible au langage de Pamphile.  Quand il parle c’est tout un univers de mots et d’images qui nous interpellent.

« C’est pas possible d’entendre des choses pareilles !  Toute la journée, moi, c’est l’antiquité qui me rattrape, c’est pas pire, ça ?  Ca fait soixante ans que CHUS EN EXIL DE MODERNE, essaye donc de battre ça, la p’tite !…..je penche chus même pus tout dret !  Je sens la possière pis je grinche, ça oais ! t’as ben raison…..Tu te rends pas compte, fillon, sinon tu parlerais pas comme ça !……..vins donc icitte, la fille, j’aurais deux ou trois p’tites questions à te poser sur « la Ternette ». (pour dire l’Internet)…..

 

Joséphine – vieille fille - est morte et c’est à Pamphile que revient la responsabilité de s’occuper de ses biens et de les vendre, à l’exception de son vieux secrétaire qu’elle tient à donner à une femme….et le petit chien « Trompette » avec….

Le vieil antiquaire s’emploie à convaincre la Marie à accepter le secrétaire, pis, le chien.

 

L’adorable Pamphile est l’épice de ce roman.

 

La Marie, est une jeunesse venue de la grande ville, très jolie, sérieuse, généreuse et seule.  Pamphile la sécurise beaucoup, surtout qu’elle se remt difficilement d’une peine d’amour.

Jean est notaire, venu s’établir au Lac avec Claire, son épouse.  Mariés depuis douze ans et désespérés d’avoir un jour un enfant, Claire est finalement enceinte à trente-huit ans.  Notaire dans une grande firme à Montréal, Jean accepte avec réticence de quitter la ville pour aller s’établir en région.  Il accepte, parce qu’il sent sa femme au bord de la crise de nerf….elle tient à se rapprocher de ses parents pour accoucher et avoir une vie paisible.

Maintenant, Claire était assommée par une forte dose de médicaments, désormais éteinte par l’aphasie.  Elle meurt à petit feu !

 

C’est un très beau roman, rempli d’odeurs du Lac, des personnages forts et généreux, un beau métissage ville-village, jeunes et vieux, passé et présent……

Hélène Potvin touche un peu la sorcellerie, les tabous, le fétichisme-légende….avec beaucoup d’aisance et de lucidité.  Joséphine – Marc-Aurèle puis, Marie-Ève et Jean…..Une similitude étrangement envoûtante.

 

Avec « Les Chemins de Papier », ce sont les petits événements anodins, la vie au quotidien, les jours qui s’écoulent paisiblement et des gens ordinaires qui forgent l’histoire.  Il y a une luminosité, un moment de grâce, un soufle apaisant à lire ce premier roman d’Hélène Potvin.

Personnellement, je crois que ce roman pourrait facilement s’adapter, soit au cinéma ou à la télévision pour une télé-série. 

 

La fin ouvre la voie à un autre roman.

À lire « Parfum d’Anges » - la suite.

 

Pour vous procurer ce titre, cliquez ici.

 

Bonne lecture !

Francine Charrette

Club-Culture