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Auteur : Serge RAFFY
Éditeur : Editions Fayard
Il
a fallu plus de trois ans de recherches et d’enquête à Serge Raffy pour
sa biographie de Fidel Castro. Castro, un homme qui a marqué le XXe siècle et
qui ne semble pas prêt d’abandonner le pouvoir. Mais qui est-il vraiment ?
Les 670 pages de "Castro l’infidèle" nous permettent d’en savoir plus
sur l’Homme de Cuba. Un ouvrage qui explore les facettes cachées du Lider
Maximo, depuis l’enfance jusqu’à ces derniers mois. Un dictateur fou et pervers
dont la stratégie redoutable d’exercice du pouvoir en a laissé plus d’un sur le
carreau. Car la manigance est reine au Royaume de Fidel, et Castro excelle
autant dans le rôle de l’assassin que dans son jeu de comédien.
On
y explore en même temps que l’auteur les labyrinthes de la vie de Castro, son
jeu trouble avec la CIA et les Soviétiques, ses idoles (Napoléon III), les
hommes de l’ombre (par exemple, Raul, le frère de Castro, un homme cruel et
manipulateur), ses relations avec ses pairs. De nombreuses anecdotes émaillent
le récit, Raffy est allé très loin dans ses investigations et a interrogé un
nombre incalculable de témoins, notamment des compagnons d’enfance qui ont pu
relater la grande souffrance ressentie par Castro à cause de son statut
d’enfant naturel et le syndrome d’abandon que cela a créé, provoquant chez le
leader cubain le besoin de reconnaissance à tout prix.
Des révélations édifiantes, mais ce que je regrette le plus dans cet ouvrage,
c’est le manque cruel de références. Je suis prête à croire Raffy sans
sourciller et à faire confiance à son travail de journaliste-enquêteur. Son
propos n’est pas de polémiquer sur le personnage de Castro mais de nous dire
qui il est réellement. Cela aurait valu la peine qu’un tas de notes garnissent
le bas des pages et nous indiquent où l’auteur était allé puiser ses
informations. Trop sommaire à mon goût, j’aurais aimé en savoir plus, d’autant
que les informations apportées dressent un portrait sans complaisance de Fidel
Castro et le démythifient presque complètement.
Le
journaliste a pris le pas sur l’historien, Raffy a préféré le reportage (il
paraît que c’était aussi une volonté de Fayard) au détriment du documentaire
historique. Cela ressemble trop à un roman, c’est dommage.
Si
vous désirez vous procurer cet ouvrage, cliquez ici
Marielle
Lefebure
Club
Culture.