Retour à la liste

LE CLAN DE L’OURS

LE CLAN DE L’OURS

(Roman épique/fiction (préhistoire))

Le 1er d’une série de 5 romans

 

Presses de la cité

Auteure :  Jean M. Auel

373 pages

ISBN :  2-258-05932-1

 

Parution :

1. Le clan de l'ours des cavernes                                 1980

2. La vallée des chevaux                                       1982

3. Les chasseurs de Mamouth                               1985

4. Le grand voyage                                                            1990

5. Le grand voyage 2 : le retour d'Ayla

 

Résumé

Quelque part en Europe, 35 000 ans avant notre ère…..

Petite fille de cinq ans, Ayla est séparée de ses parents à la suite d’un violent tremblement de terre.  Elle est recueillie par une tribu qui l’adopte, non sans réticence, ayant reconnu en elle la représentante d’une « autre » espèce, plus évoluée.

Ayla appartient en effet aux hommes de Cro-Magnon alors que son clan d’adoption en est encore au stade du Neandertal.

 

Iza, une puissante guérisseuse, Brun le chef, Mog-ur le sorcier lui enseignent les règles de la vie communautaire, leurs rites, leurs peurs, leurs audaces et leur langue.  Mais Ayla, moins velue, plus élancée, les surprend par sa puissance de raisonnement qui lui permet de s’adapter, de réagir rapidement et de ne plus être totalement dépendante de l’environnement.

 

Avec les années, elle dépasse les autres membres du clan en taille, en savoir, en détermination.  Elle s’oppose souvent à leurs coutumes, enfreint leurs règles au périple de sa vie.  Le clan songe parfois à la supprimer.  Violée par le fils de Brun, Ayla mettra au monde un garçon dont l’apparence physique annonce d’ores et déjà l’inéluctable évolution de l’espèce….

 

 

Qui étaient nos ancêtres ?  Comment vivaient-ils ?  Comment ont-ils survécu ?  Il y a 35 000 ans, une longue période glaciaire s'achève et la Terre commence à se réchauffer.  L’Homme connaît l’outil (silex), le feu, le vêtement, il possède des connaissances sur les propriétés curatives des plantes, il fabrique des armes pour chasser, aménage des grottes pour s’abriter, se protéger des intempéries et des prédateurs.

Ils ont une mémoire collective qui leur permet de survivre mais, en même temps, l’Homme Néandertal s’éteint pour laisser la place à une espèce plus évoluée.

Après un violent tremblement de terre, Brun et son clan sont à la recherche d’une grotte et sur le chemin, Iza la guérisseuse aperçoit Ayla, une fillette de cinq ans, évanouie après avoir été attaquée par un lion.  Pour le clan, elle est si différente qu’elle en est laide.  Elle est née chez « Les Autres ».  Malgré le dédain et les craintes qu’elle suscite, Iza adopte la petite et rapidement, s’aperçoit qu’Ayla possède un don étrange, celui de comprendre, d’analyser et de mémoriser tout ce qu’elle lui apprend ainsi que le pouvoir de faire la différence entre le bien et le mal.  Creb, le Mog-Ur du clan, prend également conscience de l’intelligence vive de la petite et la prend sous son aile.  Sans pouvoir s’expliquer le pourquoi et le comment, il a l’intime conviction qu’Ayla est peut-être celle qui sauvera le clan de l’extinction.

 

L’auteure respecte les aspects ethnologiques et archéologiques.  Ces détails enrichissent le récit et lui attribuent indéniablement une crédibilité nécessaire.  L’aspect romanesque et la mise en scène – la rencontre du clan Néandertal avec un groupe plus évolué du Cro-Magnon – suscite l’intérêt et l’admiration dans cette vertigineuse exploration de l’humanité.  Le suspense est soutenu, les personnages riches, les aventures excitantes.

 

Cette fresque romanesque nous ramène dans des temps très anciens, presque légendaires et nous fait revivre les aventures de nos ancêtres, c’est un retour à nos racines profondes, aux préludes de l’Humanité alors que se préparent des bouleversements insoupçonnés.  Ayla, cette jeune femme de la préhistoire, nous fait vivre ses joies, ses souffrances, sa détermination, son amour de la vie, sa quête du savoir.  Une curiosité l’habite et la consume, elle sait qu’elle est différente du clan et la combinaison de ces deux éléments sont la source qui alimente sa force et l’amène à pousser toujours plus loin ses recherches.

 

Tout au long du récit, Jean M. Auel prend le temps de nous situer :  descriptions savoureuses sur les aliments, les traditions, les plantes médicinales, le choix de pierres spécifiques ou d’os, choisies pour la fabrication d’outils de toutes sortes, la fabrication d’armes, la chasse, le rôle des femmes et des hommes dans le clan ainsi que l’importance de la hiérarchie et des traditions strictes……

 

Jean-Philippe Rigaud, Conservateur général du Patrimoine Directeur du Centre national de préhistoire a écrit la préface et voici ce qu’il en pense :  « ….Au-delà du réalisme archéologique, l’œuvre de Jean Auel est marquée par un discours féministe militant.  Délicate entreprise que d’aborder le sujet de la condition féminine préhistorique tant notre ignorance est grande sur ce point.  Mais ce qui est important, en fait, c’est de présenter, à travers ces récits, un point de vue nouveau, bien différent de celui qui a prévalu jusqu’ici dans une discipline encore très masculine. »

 

À lire absolument.

 

Francine Charrette

Club-Culture