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Entrevue avec Dominic Philie - " Boisvert " de Les Boys

Dominic Boisvert a été très occupé en 1997 et 1998. D'abord, le succès de Les Boys lui a procuré un rôle dans C'tà ton tour Laura Cadieux et ensuite, le tournage de Les Boys 2. Nous avons rencontré Dominic Philie dit " Boisvert ", le policier-goon de l'équipe.



D'abord, félicitations Dominic pour l'immense succès des Boys et du succès à venir des Boys 2.

- Merci

Crois-tu que les Boys 2 fera un nouveau record au Box-office ?

- Bien, projeter c'est un grand mot, personne ne peut dire comment le public va réagir au deuxième mais d'après ce que j'ai vu jusqu'à présent, ça me semble nettement supérieur au premier. Autant au niveau de la qualité technique que des images et du son, que des personnages, tous les personnages ont évolué. Boisvert, dans le premier, était dans une période où on dirait que tout allait mal, il se fait écoeurer par tout le monde, il mange son hot-dog et se fait traiter de saucisse à cocktail, il se fait planter par la serveuse, sa femme vient chercher son chèque de pension. Tu sais, c'est un moment bien dur dans sa vie. Puis, c'est comme s'il s'était servi de ce dur moment pour changer. Et ça transpire dans le deuxième, tu vas le sentir, il y a une nette évolution.

De quelle façon ?

- Il est beaucoup plus mature, plus sympathique. Je vais te donner un exemple, il va sauver une femme qui se fait battre par son mari, tu sais, le macho qui va aider une femme dans une situation périlleuse. Boisvert est plus réfléchi, a plus de leadership, va dire moins de conneries, et il va en dire encore, ça on l'espère...

Le tournage en France, comment ça été ?

- Ça été exceptionnel ! Moi je suis un amateur de vin donc en partant, j'étais dans mon monde. On a aussi eu des journées extrêmement difficiles, des journées de 17 heures sur le plateau de tournage, des nuits de 2-3 heures de sommeil et on recommençait le lendemain. Tout ça pour dire que ça s'est enchaîné assez rapidement. Mais on avait quand même des périodes de " vacances ", 2 jours par semaine où on pouvait respirer un peu et profiter de la place parce que le décor était absolument époustouflant. On travaille au pied des alpes, des sommets enneigés, des glaciers millénaires…

Est-ce que Les Boys 2 a été axé, en partie, pour le marché étranger vu la réaction de ceux-ci face au premier film ?

- Moi je pense pas que le but visé était de récupérer autant d'argent qu'avec le premier, ça se sentait autant de la part du producteur que du réalisateur. Parce qu'on a commencé à écrire Les Boys 2 en voyage pour la tournée des Boys à travers la province, et comme Chicoutimi-Montréal c'est 6 heures de route, on se demandait quoi faire. Donc on jouait aux cartes et on buvait quelques bières et à un certain moment donné on s'est mis à élaborer le deuxième scénario et on s'est tous fait prendre au jeu de développer nos personnages et c'est l'amour du personnage qui nous a fait développer ceux-ci. Nous asseoir et se dire " heille on pourrait p't'être faire ça " et à ce moment là on est encore à l'étape des suggestions. Alors, l'offre en tant que telle de faire les Boys 2 n'est pas venu du producteur, mais c'est presque venu des gars, des personnages et des acteurs qui ont soulevés le désir d'aller plus loin. Donc, pour répondre à ta question, j'espère que le producteur va rentrer dans son argent mais on fera pas plus d'argent, nous les acteurs, en tant que tel.

Pas nécessairement une question d'argent mais d'adapter le scénario pour le marché français...

- Bien dans ce cas-ci je pense encore une fois que c'est fausser le débat parce qu'on parle typiquement québécois à un tel point qu'on comprend pas tellement le menu des français, quand ils viennent à nos tables on sait pas ce qu'ils racontent, alors je pense pas que les français vont comprendre d'avantage. S'ils ont à sortir Les Boys 2 en France, il va avoir du doublage à faire...

De retour au personnage de Boisvert, est-ce qu'il les aime les Français ?

- Les Français, il ne les comprend pas toujours, pendant que les autres vont visiter le musée, Boisvert va visiter le poste de police, parce qu'il se sent près des policiers. Il y a le langage aussi qui est articulé pour lui, le langage un petit peu violent, paternaliste, protecteur, ça connaît Boisvert ! Alors tout ce qui est à l'extérieur de ça, il a un peu de difficulté. Même à lire les menus, en passant. Mais en général ce qui est resté de Boisvert, c'est le côté où il ne réfléchit pas avant d'attaquer, il va sauter dans le danger à pieds joints. Quand les gars se font voler à la pointe d'une arme, c'est le premier à se mettre devant le " gun ", ce côté là est demeuré.

En quoi Les Boys a-t-il changé la vie de Dominic Philie ?

- Je vais te dire, j'ai fait beaucoup de télévision, plus de 400 émissions, et du théâtre, donc pour moi le cinéma, je débute. C'est donc le meilleur " botté de lancement " que tu peux avoir, regarde la distribution, regarde les noms au générique, donc pour moi c'est sûr que c'est un énorme coup de pouce et j'ai surtout beaucoup appris à regarder ces gars-là travailler. Quand tu travailles aux côtés de Marc Messier, Serge Thériault, Rémy Girard, c'est du monde qui en ont vu d'autres, qui savent comment travailler devant une caméra, qui savent comment minimaliser les dialogues pour en tirer l'essentiel. C'est une chance exceptionnelle d'abord de tourner un deuxième dans le peu de temps qu'on avait, en l'espace de dix mois tourner un deuxième c'est déjà énorme.

- Je pense que je suis extrêmement chanceux, je correspondais au " casting ", j'ai auditionné comme tout le monde et ça fonctionné. Le personnage est quand même loin de moi et ma blonde pourrait te le dire ! J'ai deux enfants, je suis très père-poule, je suis à la maison, je fais à manger, je fais la vaisselle et le ménage, enfin, tout ce que Boisvert ne fait sans doute pas. Mais je suis allé à fond dans le côté machisme que Boisvert avait à développer.

Avez-vous des craintes par rapport au deuxième vu le succès incroyable du premier Les Boys ?

- Bien c'est qu'on a beaucoup d'attentes et le problème qui peut se présenter c'est que la réaction du public ne correspond pas à nos attentes. On a investi beaucoup sur l'évolution des personnages et il s'agît de savoir si les gens s'attendent à voir la même chose, ont le goût de voir la même chose ou ont le goût d'évoluer avec nous autres. Et c'est ce soir (le soir de l'avant-première) en écoutant la réaction des gens qu'on aura une grosse partie de notre " paie ".

Et sur ce, on s'est serré la patte.

Jean-François Boivin
Club-Culture