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Entrevue avec Patrick Maurin, concepteur et organisateur de La Nuit de la Pub

Bonjour et merci de nous accorder cette entrevue

Bonjour

Combien de temps dure La nuit de la Pub ?

La nuit de la pub dure un week-end, mais trois soirs et à chaque fois cela dure 5 ou 6 heures. On commence à 22 heures et on termine à 4 heures du matin

Comment est-ce que cela fonctionne ?

Le tout commence à 22 heures. On présente tous les thèmes qui seront proposés lors de la nuit. Quand je dis proposés, c'est parce que certains thèmes seront imposés par nous, nos choix personnels, nos choix de thèmes ou choix de films. La seconde partie inclut un match entre deux thèmes et on fait choisir le public. Le public vote à l'aide des pages du programme et choissent entre les différents thèmes

Combien y a-t-il de publicité par thème ?

Ce sont des thèmes de trente minutes. Ils regroupent entre 50 et 70 films par thème. C'est un travail de recherche important. Il y a un recherchiste qui est ici avec moi et qui pendant quatre mois s'enferme dans une cave et un magnétoscope. Il visionne des milliers de cassettes. Tout le processus dure en réalité un an, avec le montage et tout le reste.

C'est un travail de moine !

C'est un travail colossal. Il faut savoir qu'au préalable, nous définissons un certain nombre de thèmes et au fur et à mesure des recherches, on va se rendre compte que cette année on ne pouvait pas ne pas parler du téléphone cellulaire. Le téléphone cellulaire nous a complètement envahi. C'est la folie. Le téléphone s'est emparé du monde. En voyageant un petit peu, on se rend compte que le phénomène social de cette fin de siècle c'est le téléphone. Il y a énormément de propos publicitaire qui sont fait à ce sujet. C'est comme un nouvel Eldorado. On ne peut faire autrement que de s'y attardé.

Est-ce que les pubs sont sous-titrées, puisqu'elles proviennent de plusieurs pays ?

Non pas du tout. Tous les films sont sous format original.. Par contre, la difficulté de faire La nuit de la pub, c'est d'abord de définir des thèmes qui intéressent tout le monde. C'est aussi le prétexte pour faire une fête. La deuxième difficulté c'est de trouver des films possédant un trait particulier pour l'intégrer . Le programme La nuit de la pub est en fait inaugurer à Montréal - la première se fait à Montréal - et part ensuite en tournée au Portugal, en Espagne et les mêmes films vont passer dans tous ces pays. Ca doit être très visuel. On élimine tous les films parlant, les anecdotes parlées ne nous intéressent pas puisque ce n'est pas tout le monde qui pourra les comprendre. On obtient des résultats très fort avec des anecdotes visuelles. Jamais de sous titrage !

De quel type de format de pub parle-t-on ici ?

Les formats quinze secondes ne sont pas autorisés chez nous, alors qu'ils le sont chez vous. Les formats commencent à 20 secondes, et vont jusqu'à 70 secondes, voire même jusqu'à 90 secondes. Il y a également les films exceptionnels qui font 3 ou 4 minutes. Le plus long de cette année fait de 90 secondes. À noter aussi que cette année trois nouveaux pays nous ont rejoint. Nous sommes allé au Luxembourg et on verra que les films de ce tout petit pays de 360 00 habitants - deux arrondissements de Paris- possèdent une certaine créativité. Nous avons également de vrai petit bijou provenant d'Islande.

Pour ceux qui ne désirent pas faire la nuit, vous avez une représentation le dimanche ?

Oui en effet. Cette séance est faite pour des gens comme vous qui n'ont pas toujours envie ou la possibilité de se coucher tard. Il y a des gens qui désirent regarder les films plus tranquillement, puisque c'est effectivement plus tranquille lors de la représentation du dimanche après-midi. Les gens sont plus indisciplinés lors des séances de nuit.

C'est dimanche 18 h00. Ce que vous présentez le dimanche est la copie conforme des deux nuits précédentes !

Pour la partie qui est prédéterminée d'avance, certainement. Cependant, je ne peux pas vous dire pour la partie interactive avec le public ! Les thèmes et le déroulement sont les mêmes. On ne verra pas forcément les mêmes films.

Une fois la tournée terminée, ce doit être intéressant de voir les votes, ce que les gens ont préféré regarder !

L'année dernière nous avions un vote qui se faisait vers la fin de la nuit entre l'érotisme et le sport. Les deux sont tentants. Cette année nous avons abordé un thème intéressant : l'homme objet de pub. C'est vraiment excellent et nous avons pris beaucoup de plaisir à la faire. Vers la fin 80, c'était la femme qui était dénudée, qui était mise de l'avant. Aujourd'hui c'est l'homme que l'on va mettre en avant. C'est l'homme que l'on va mettre dans toutes les situations, qui est galvaudé et qui finalement en prend bien plus par la tête que la femme en a pris à l'époque. L'an dernier lors que nous avons proposé l'érotisme contre le sport, l'érotisme l'a remporté à 90 %. Cependant, au Portugal, c'était 50-50. Le mode de vie est différent, les coutumes sont différentes.

Est- ce que vous commencez toujours par Montréal ?

Oui. Cette année nous avons un thème qui a été réclamé par les spectateurs de l'an dernier, il s'agit des causes humanitaires. C'est un thème qui est difficile à doser et à traiter.. Il ne faut pas oublier que La nuit de la Pub, c'est la fête, le contexte est à la fête.

Combien êtes-vous fans l'équipe de La nuit de la pub ?

Quatre.

J'ai vu que vous avez fait du casting et travaillé à plusieurs coproduction ?

J'ai travaillé pendant plusieurs années au casting de plusieurs longs métrages. Surtout du long métrage européen.

Vous affectionnez particulièrement les courts métrages !

Oui. On travaille sur le long métrage parce que c'est plus payant. Mais, le court métrage me permet d'être plus créatif. On peut développer et aboutir le projet, alors qu'en long métrage on se greffe à cela, on n'est pas à l'origine. C'est le producteur qui décide des choix. C'est ce que j'avais envie de faire. Nous avons produit quatre court métrages cette année. Cela reste dans le format que j'aime, le format court.

Comment faites-vous la sélection des pubs ?

Nous travaillons avec un centre d'archive qui collectionne et archive des films publicitaires, à travers le monde. Nous travaillons en collaboration avec eux. Nous sommes le créateur du concept. Le centre met les films à notre disposition. Les agences nous appellent pour nous dire qu'ils ont des films à notre disponibilité. Partout où l'on passe on nous donne des films. Nous les archivons. Ils nous fournissent en films, Il arrive parfois que quelques années plus tard, ces mêmes producteurs nous appellent pour nous demandé d'avoir une copie du film qu'ils ont égaré. C'est une collectionneuse française qui a créé un petit centre d'archive. Petit à petit cela a dépassé les frontières. Et c'est maintenant devenu une maison d'importance.

Cela doit être intéressant de voir la progression des pubs à travers le temps !

Il y a quinze ans, pour vendre une voiture, c'était un homme. Aujourd'hui, c'est la famille. C'est souvent la femme qui reste la consommatrice et qui prend la parole. Les enfants sont très importants. Malgré qu'il y ait des lois particulières pour l'utilisation des enfants dans les pubs, chez nous en Europe, l'enfant fait acheter à ses parents. Les grandes marques suivent la vague. Mercedes, par exemple, fait campagne en ce moment et commence par les enfants. Les enfants aimeraient rouler dans cette voiture et sont actuellement ravis que papa ait acheté une Mercedes.

Vos coups de ceour !

C'est un peu difficile puisque j'ai donné mon avis sur tous les films, mais il y a des sujets que j'affectionne particulièrement. Par exemple, l'humanitaire, les grandes causes me tiennent à cœur.

Au niveau du traitement ?

Le traitement que j'aime le plus c'est le décalé : on vous raconte une histoire, on ne vous montre jamais la marque et cela n'a d'ailleurs et souvent rien avoir avec la marque. Parfois vous voyez la marque à la fin, d'autre fois on vous montre seulement un indice de la marque. C'est très subtil et intéressant. C'est la tendance... Les marques ne se prennent plus au sérieux avec cela. On cherche toujours à surprendre et à renouveler. Nous sommes quand même assez loin. Qu'est-ce que ce sera la prochaine fois ?

Votre clientèle se situe à quel niveau !

La moyenne est entre 18 - 30 ans. Cela dépend, au Portugal c'est 16-24. Ici, c'est un peu plus étendu.

Merci beaucoup et au plaisir de ce revoir à la séance du dimanche !

Patricia Marchand

Club Culture