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François Charron
CyberClub

 Bonjour François

Qu'est-ce que CyberClub

CyberClub c'est une émission multimédia, une émission interactive. C'est une émission de technologie deuxième génération. La première génération des émissions technologiques s'est concentrée sur la machine, sur la quincaillerie. Nous sommes une émission concentrée sur le contenu généré par ces technologies et cela prend forme à l'écran. Cela ressemble plus à une émission culturelle nouvelle génération. Un genre de Bon Dimanche fin de siècle. On se consacre sur le cinéma, mais provenant d'Internet, parce que maintenant c'est un incontournable. Star War par exemple, dans les publicités ce que l'on voit, c'est Starwar.com ou Nothinghill.com. Le cinéma et Internet sont imbriqués ensemble.

CyberClub est spécifiquement dédié au cinéma !

C'est une chronique sur le cinéma et la musique. L'industrie de la musique a raté un bateau qui s'appelle MP3 et Internet est en train de ramasser MP3 comme véhicule de distribution de toute la musique. Les artistes utilisent beaucoup Internet pour communiquer avec les fans, donc nous n'avons pas à passer par les agents de relations de presse. Nous allons directement sur les pages des artistes ou encore les pages officielles pour aller chercher de l'information. Dans cette nouvelle culture là il se rajoute les jeux. Qui fait les jeux maintenant ? Les compagnies de cinéma se sont lancées dans le monde des jeux, les réalisateurs de films font des jeux, les comédiens commencent à tenir des rôles. Il y a des cinémathiques en plein milieu d'un jeu : des petits bouts de films avec des vedettes. Il y a aussi les gros groupes de l'heure qui se lancent là dedans aussi. C'est réellement des petits films. Il y a des scénarios. Parce que c'est interactif, nous sommes donc appelés à venir jouer un rôle dans ce petit scénario là. Mais le parallèle entre le monde du film et de la musique est de plus en plus évident.

Quel est le public cible pour CyberClub ?

Originellement, le public c'est des jeunes. On ne parle pas des enfants, mais plutôt des jeunes adultes, deuxième niveau secondaire, cégeps et universités. Mais, ce que l'on constate avec la technologie lorsque l'on regarde qui écoute l'émission c'est les jeunes. J'ai toujours eu de la difficulté avec le mot jeune. Il manque un mot dans la langue française. Il y a des gens de 21 ans qui sont vieux et ennuyants mais il y a aussi des gens de 52 ans qui sont jeunes. Dans le fond, CyberClub s'adresse aux gens dynamiques. Automatiquement, les gens qui sont dynamiques, qui sont curieux et qui bougent, eh bien, il y en a de tous les âges. C'est certain que dans le monde des jeunes adultes, il y en a 90 % qui sont dynamiques. C'est notre premier public. On le constate d'ailleurs quand on regarde le profil des cotes d'écoute. Dans l'émission, nous parlons au vous et non au tu. On s'adresse au public en général et ce, avec un ton qui nous appartient. Nous sommes un peu impertinent à l'occasion, un peu politiquement incorrect aussi. C'est très 'cyber' comme approche. C'est une équipe qui est en onde, Il n'y a pas d'animation 'up-front' qui prend toute la place. Il y a aussi un petit côté anti-télévision. Dans le sens que nous ne cultivons pas le vedettariat. C'est une équipe. On ne se prend pas au sérieux, on rit dans le studio. C'est le samedi après-midi.

Depuis combien de temps êtes-vous en onde ?

Nous avons commencé à travailler sur le projet en avril dernier et durant tout l'été dernier nous avons peaufiné la recette pour être en onde le 19 septembre dernier. Cette année nous avons fait la grosse saison, 39 émissions qui se terminent le 26 juin. Nous aurons fait un an à la rentrée cet automne. Nous revenons en onde en septembre 99.

Qui sont les collaborateurs ?

Mentionnons que pour TVA, CyberClub c'est plus qu'une émission de télévision, c'est aussi un laboratoire d'intégration technologique en média traditionnel. Notre mandat c'est de faire des essais dans la façon de travailler. C'est un laboratoire, un peu R&D. Le producteur s'implique beaucoup au niveau du contenu. Alain Dagenais est le producteur. Pierre Ouimet (le réalisateur) et moi-même (animateur, chef recherchiste) sommes en charge de l'organisation et de la conception des émissions chaque semaine.. Presque toutes les personnes qui participent à l'émission, au montage se retrouvent à l'écran. Pas le réalisateur parce qu'il est en régie le vendredi soir. Il y a aussi Josée qui est réalisatrice et assistante réalisatrice. Elle est réalisatrice pour les reportages extérieurs. Nous avons un reportage extérieur chaque semaine : nous allons dans une boîte de production ou encore nous nous amusons à voir la machine, qu'est-ce qu'elle fait. Il y a Karine Lanoix, cette chose là.. C'est notre animatrice de chat à l'écran. C'est la recherchiste, elle passe la semaine sur Internet. Jean-François Perreault, c'est notre webmestre. Il est trop laid pour passer à la télé.

Je ne sais pas si je vais écrire cela.

Oui, cela fait un an que nous cultivons un ton. Oui, il faut l'écrire.

Qui sont les collaborateurs (suite) ?

Le pas de cheveux, c'est Stéphane Dussault. Il est diplômé en infographie 3D. Il s'occupe de l'habillage de l'émission et est responsable des jeux. À savoir, de quels jeux nous allons parler. Il en fait l'essai pour que nous puissions en faire la chronique à l'émission.

Finalement, CyberClub c'est de la vulgarisation et de l'information !

On fait beaucoup de vulgarisation à CyberClub. Toutes les fois qu'il y a un terme qui a rapport à la technologie, nous ne le lancerons jamais en prenant pour acquis que les gens savent de quoi on parle. On ne dira pas MP3 mais plutôt le fichier..... Nous prenons cinq secondes de plus pour arriver au mot MP3. On ne veut pas être une émission pour initié, mais nous ne voulons pas non plus découragé les initiés en étant trop 101. Notre défi, c'est de toucher et rejoindre tout le monde.

Le futur se présente comment pour CyberClub ?

La continuité. Nous allons profiter de l'été pour faire un bon post-mortem. L'émission dans son ensemble ne changera pas. S'il y a changements c'est plutôt dans les détails. Nous allons probablement changer de case horaire à partir de septembre. Nous allons revenir à notre case initiale qui était en début de saison à 11h00. Nous serons en onde le week-end, c'est certain.

D'où vient le projet CyberClub ?

C'est le résultat de bien des choses. TVA, étant la propriété de Vidéotron, a toujours voulu prendre une place importante dans le multimédia. On l'a vu, TVA a pris du temps avant de se lancer dans Internet, tva.ca est apparu il y a de cela un an seulement, alors que radiocanada.ca était déjà en ligne avant. TVA a préféré attendre le bon moment pour se lancer. C'est un bon site qui génère beaucoup de visite. Vidéotron a déjà été impliqué dans la télévision interactive grâce à Vidéoway. Il a toujours eu une volonté de devenir interactif, sauf que la technologie n'avance pas toujours à la vitesse que l'on voudrait. Le 'set-up box' n'existe pas encore : la fameuse boîte que l'on pourra brancher avec l'Internet dans le téléviseur pour tout le monde. Il y avait une volonté. TVA avait déjà touché à d'autres projets de première génération expliquant la machine et son fonctionnement. Moi de mon côté, j'ai collaboré avec Vidéoway et Infini-T. Nous faisions déjà de l'interactivité, nous avons monté un pilote pour la télévision qui n'est pas CyberClub mais qui était une émission interactive pour une clientèle nouvelle génération. TVA travaillait de son côté et nous nous sommes croisés. Le projet c'est JPL, la maison de production de TVA, qui a eu la commande de le construire et de le réaliser. En fait, CyberClub émane de JPL. Évidemment, nous sommes allés chercher des gens qui s'intéressaient à l'interactivité.

Qu'est qui s'en vient au niveau de la technologie ?

Ça fait trois ou quatre ans que l'on se fait dire que le 'merge' arrive. CyberClub est là pour voir le 'merge' entre le nouveau média et le média. C'est la prochaine étape, elle est imminente. Ce qui manque en fait, c'est une quincaillerie. Nous avons accès à Internet via un ordinateur, la journée où nous y aurons accès via le téléviseur, tout sera régler parce que le contenu va être consulter via l'écran du téléviseur. Les télécommandes vont se simplifier et ressembleront à un petit clavier. Aux États-Unis il existe le Web Tv. Je ne suis pas certain que ce soit la meilleure solution encore. Le mot nouveau média va disparaître. Le mot média va rester. Même le mot Cyber va mourir. Est-ce qu'une télé est cyber parce que les humains ne peuvent y toucher. Le mot cyber ou virtuel vont disparaître. Le cinéma, c'est virtuel. Est-ce qu'Indiana Jones est cyber, il n'existe pas. Prenons comme exemple le bulletin de nouvelles. Il faut un journaliste. Comme on est en multimédia, on pourra aussi avoir à l'écran des options genre le texte, le reportage et toutes les images du reportage sans montage et là, nous allons multifenêtrer. Si, dans tes intérêts c'est l'horoscope et la bourse, tu pourras y accéder. La machine va pouvoir te brancher sur tout le contenu disponible sur le www La télécommande sera ton clavier. Nous avons besoin de grosse machine parce que les logiciels sont dans la machine, mais la notion de diffuseur va revenir. Avant, les logiciels étaient sur un serveur et toutes les machines allaient se brancher sur le serveur. On va revenir à cela avec la télévision et une bande passante. Tu n'auras plus besoin du logiciel. Au lieu d'acheter des locations de station de télévision, tu pourras acheter des locations d'utilisation. Ton traitement de texte sera disponible à partir de ton écran.

En regardant ce qui s'en vient, nous sommes orientés vers la diffusion multimédia. Nous n'avons pas ces hyperliens à l'écran maintenant, nous sommes donc un miroir complémentaire au contenu de l'émission. On fait de la télévision exclusive, de la télévision pas rasée, pas maquillée. Nous sommes un à un en diffusion. Durant l'émission, on fait du studio virtuel. Le studio est beaucoup trop petit pour recevoir des invités, mais il y a cinquante personnes qui assistent à l'enregistrement de l'émission via un canal chat. Karine les animent. Ils ne sont pas seulement sur le chat, nous avons un serveur qui leur envoi le son du studio. Une demi-heure avant, nous ouvrons les micros, ils peuvent entendre tout ce qui se passe : rire, 'joke plate', chicane. C'est comme s'ils y étaient. Les ordinateurs n'étant pas encore super performants, nous avons opté pour que cela soit démocratique, pour qu'un plus grand nombre de personnes aient la possibilité de se brancher.

Comment fonctionne les 'chat', avez-vous une bonne réponse ?

On fait deux 'chat' par semaine. Un pour l'enregistrement de l'émission qui est limité à cinquante personnes. À la fin de chaque émission, nous invitons les gens à venir nous rejoindre sur le canal de 'chat'. Ca va très bien.

Avant de terminer, j'aimerais savoir comment vous avez traité Star War ?

Nous n'avons pas eu le choix. Nous l'avons traité autrement. Nous nous sommes concentrés sur les sites exclusifs, les films que les amateurs construisent, les parodies de Star War. Nous sommes sortis du cadre habituel. Nous ne voulions pas repasser à travers les informations que les gens ont eu sur le film. Sur Internet, lorsque tu demandes StarWar dans n'importe quel engin de recherche, ton conteur fait de la fumée parce qu'il marque 3 586 000 sites. Nous nous sommes amuser à aller voir dans les 3 millions qui ne sont pas starwar.com. La folie starwar était grosse et profonde. Des étudiants ont repris le scénario de film et l'ont adapté. Ils ont créé des costumes et ont tourné pour le Web. Grâce à Internet, nous avons pu retrouver ces films.. Une version starwar très crédible. Georges Lucas, lui-même, a vu ces films et n'a pas exigé de les retirer. Même qu'un de ces gars là s'est trouvé une job dans le milieu grâce à ce film. Nous avons vraiment chercher à traiter ce sujet différemment.

 

Merci beaucoup François et longue vie à CyberClub.

 

Ne manquez pas la dernière émission, le 26 juin : la 'season finale'....

Patricia Marchand

Club Culture

 

L'adresse de CyberClub

www.tva.ca ou

http://cyberclub.tva.ca