
Membre des Bizarroïdes et président-fondateur de la Ligue d'Improvisation Montréalaise, Stéphane E. Roy, ne chôme pas puisqu'il travaille à la présentation de son essai théâtral : La capitulation. Spectacle présenté dans le cadre du Festival Juste pour rire, édition 99. Nous l'avons rencontré.
Bonjour Stéphane !
Bonjour tout le monde
Bientôt débute le spectacle La capitulation. Peux-tu nous parler un peu du spectacle !
Il y a deux histoires dans La Capitulation. La première, c'est l'histoire d'une troupe québécoise qui part faire un spectacle en Europe. Cette troupe présente un spectacle expérimental assez lamentable. À l'intérieur de cette histoire, on retrouve aussi un comédien, qui joue le rôle principal, et qui vit une peine d'amour. La pièce qu'il joue parle justement d'une peine d'amour. Il a de la difficulté à différencier le texte de ce qu'il vit. C'est un peu cette histoire là que l'on raconte. On présente la Capitulation du comédien mais aussi de la troupe. Dans un premier temps, on a le faux spectacle expérimental qui est joué dans le public et qui ne va pas tellement bien. Après l'entracte, la troupe revient et se réunit pour discuter du spectacle de la veille, comme si c'était le lendemain.
Nous sommes quatre comédiens. Les mêmes comédiens qui assuraient la distribution la première fois que la pièce a été monté. Elle a été présentée sur scène en mai 98. Il y a d'ailleurs eu des supplémentaires. C'est pour cela que le Festival voulait nous avoir. C'est un spectacle qui marchait relativement bien. Nous n'avions aucun moyen à l'époque.
La Capitulation s'adresse à qui ?
À tout le monde. Lorsque nous l'avons présentée la première fois, des étudiants de cégep qui sont venus nous voir et des gens vivant en région qui ne sont pas nécessairement impliqués dans la vie culture montréalaise. Des gens qui ne connaissent pas nécessairement le théâtre. La Capitulation, c'est aussi un cours de théâtre. Les comédiens parlent de ce qui se passe autour d'eux. Ils parlent du metteur en scène, du travail du metteur en scène. Ils parlent également du travail de l'éclairagiste. D'ailleurs, lors de la première présentation, un professeur est venu nous voir avec ses élèves. Il nous disait que c'était intéressant parce que les étudiants avaient compris la place de chacun dans la pièce. Il trouvait drôle qu'un comédien puisse jouer un texte dans lequel il n'est pas d'accord. Dans La Capitulation, le comédien n'aime pas tellement le texte qu'il est en train de jouer et il en parle au public. Les jeunes nous demandaient si c'était vrai. Est-ce qu'un comédien peut jouer quelque chose qu'il n'aime pas ?
Combien de temps as-tu pris pour monter la pièce originairement ?
J'ai fait une première lecture où l'on ne retrouvait que la première partie. Ensuite, je me disais que ce serait agréable d'avoir la troupe qui se parle. Donc en tout, cela m'a pris entre six mois et un an. Ce qui est drôle dans tout cela, c'est que la pièce parle d'une peine d'amour et que je l'ai écrit dans une peine d'amour. C'est humoristique. Je trouve cela bien drôle d'avoir écrit cela dans une peine d'amour.
Tu es très actif sur la scène culturelle montréalaise !
Oui. Je suis président-fondateur de la Ligue d'Improvisation montréalaise (LIM). La LIM joue au Club Soda pendant l'hiver. C'est notre neuvième saison, cette année. C'est une ligue qui a pris beaucoup d'expansion. Il y a vingt-cinq cégeps. Nous nous occupons beaucoup de la relève. Nous avons des comédiens qui jouent dans la Ligue nationale d'improvisation. La LIM, c'est un peu différent, c'est plus expérimental. C'est plus éclaté de la LNI. Plusieurs comédiens préfèrent le côté plus éclaté de la LIM.
J'écris une nouvelle pièce pour la Licorne. Elle sera jouée en mai 2000 : Propagande. C'est sur le milieu de la pub. Je joue dans un film, un petit rôle de rien. J'ai peut-être une commande pour une autre pièce, autre que Propagande. Je l'écrirai pour l'été prochain. Je veux aussi prendre des vacances.
On m'a également parlé de l'ADAM ?
L'ADAM, c'est l'Association des artistes multidisciplinaires. C'est en fait de là qu'est parti la LIM, les Bizarroïdes. C'est un organisme que nous avons fondé lorsque nous étions étudiants à Laval. À cette époque, il n'existait aucun organisme pour nous supporter. Il existe des subventions pour les biologistes, des subventions en arts visuels. Nous faisions des expositions de peinture, nous produisions des festivals de danse contemporaine. Nous faisions de l'humour et de l'impro. On se disait que nous aimerions avoir un organisme pour supporter tout cela. Nous avons alors fondé l'ADAM. C'est l'ADAM qui a fondé la LIM. Maintenant, tout cela est indépendant. L'ADAM maintenant s'occupe de Laval qui rit, qui organise des concours à Laval. La racine de départ des quatre Bizarroïdes c'est en fait l'ADAM.
Tu t'occupe aussi des Chick & Swell !
Oui, effectivement, je fais la mise en scène des Chick & Swell pour le Festival. En fait, pour le Festival Juste pour rire je m'occupe de La Capitulation, dans laquelle je joue, j'écris et je met en scène. Je fais la mise en scène pour les Chick & Swell. Je fais également un Gala Télé avec les Bizarroïdes. Dans le cadre des Galas Juste pour rire.
Merci Stéphane,
C'est tout.
Eh bien si tu as autres choses à rajouter, c'est le temps...
J'ai quatre frères, plus vieux que moi. Je suis présentement célibataire. C'est important ! À la recherche d'une fille gentille et sage qui accepte qu'un gars ne soit pas souvent à la maison... (Avis aux intéressées). J'ai trente et un ans. J'ai eu 31 ans le 31 mai dernier. Pour terminer j'aimerais mentionner que c'est un spectacle 'ben l'fun'. C'est un happening. C'est une pièce de théâtre qui dérape en happening...comme ils l'ont écrit dans la presse. J'avais de la difficulté à définir la pièce...C'est vraiment un happening. Tu vas voir un ' show' qui dérape. Il y a une interaction avec le public. On ne sait pas ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas dans le spectacle.
Donc, tu fais place à l'improvisation ?
Je me suis beaucoup inspiré de Gravel. Quand il montait une pièce ou encore Durocher le Milliardaire, tout était placé mais pas comme dans le théâtre institutionnel où tous les gestes sont placés. Ici, il y a une flexibilité qui permet aux comédiens une variante. Au lieu d'être à cinq pieds de moi, le comédien avec qui je joue, peut se retrouver à deux pieds de moi. Ce qui va changer mon interprétation. Ce qui va me permettre d'adapter le jeu et de le rendre encore plus réaliste. On aura l'impression que cela se passe en ce moment. C'est une forme de théâtre qui est né de l'improvisation. Ce n'est pas de l'impro puisque les textes sont écrits. Il y a un canevas : on bouge là ,là et là. Mais à l'intérieur de cela, on se donne une marge de manoeuvre. Ce qui fait que quelque fois tu te demandes si nous venons de l'improviser ou si c'était écrit.
Stéphanne, je te remercie beaucoup et à bientôt !
À bientôt tout le monde.
Patricia Marchand
Club Culture
