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Nous avons rencontré le Roi et l'apôtre du blues, Bob Harrisson

Monsieur Harrisson, vous êtes en quelque sorte l'instigateur du 1er festival de blues en 1984?

Ce n'était pas un Festival. En fait, c'était des sessions de blues. Ce que je voulais présenter c'était autre chose qu'un festival, des sessions de blues, Sessions Blues Session, en anglais 'Jam sessions'. Ce n'était pas un festival. Cela a débuté au Grand Café. J'avais mon 'band' , plus des artistes invités qui venait jouer avec nous.

Vous n'avez pas toujours joué du blues ?

Non. J'étais batteur pour Offenbach. J'ai commencé à chanter du blues en 1982, à partir de cette date.

Pourquoi le blues ?

C'est le feeling. Ma voix. J'ai une voix qui se porte bien au blues. J'ai commencé à chanter du blues et je le faisais bien, alors tout naturellement je me suis dirigé dans cette direction.

Vous êtes un peu le précurseur du Festival de blues que l'on connaît aujourd'hui ?

Oui, c'est en fait une continuité. J'ai débuté au Grand Café et par la suite, 13 bars de la rue Saint-Denis fêtaient l'événement. J'étais propriétaire de ce qu'est devenu le Medley aujourd'hui. Pendant un an, nous n'avons fait que du blues. Je fais le spectacle de clôture depuis cinq ans. Je ne suis plus producteur. J'ai été producteur et musicien pendant 12 ans. Maintenant, je ne fais que le spectacle de clôture.

Il y a de plus en plus d'adeptes de blues !

Oui. C'est plus facile de faire du blues pour les jeunes. C'est le genre de musique qui reste vraie, qui n'est pas trop programmée par les ordinateurs et les synthétiseurs. C'est un vrai harmonica, un vrai drum, une vraie guitare, une vraie basse. Ça prend de vrai musiciens pour jouer du blues.

Que pensez-vous de la relève ?

Steve Hill, Adam Karsh. Ce sont des musiciens qui ont joué pour moi. Adam fait d'ailleurs partie de la distribution du Festival de cette année. Steve est un puriste. Je pense que la relève est assurée au Québec. Beaucoup de jeunes musiciens m'appellent. Il y a ce groupe de jeunes de 20 ans qui rendent hommage aux Blues Brothers. Aussi, Power Blues de Saint-Hyacinthe est un autre groupe de sept musiciens qui ont dans la vingtaine. L'engouement du public pour le blues permet une meilleure visibilité des groupes plus jeunes. En fait, chaque année le Medley Blues permet à un ou deux nouveaux groupes de la relève de se produire sur scène. Les jeunes groupes le savent et ils peuvent se préparer et faire partie de la distribution.

Vous produisez-vous en dehors du cadre du festival ?

De moins en moins. Les bars ne peuvent pas toujours se payer des 'gros band de blues'. Je fais tous les festivals. À Sorel, j'ai une vingtaine de musiciens avec moi. Je fais le festival de Bordeaux-Cartierville: trois soirs avec six différents groupes. C'est moi qui produit les événements blues.

Le blues a-t-il autant de succès à l'extérieur de Montréal ?

Il y a de gros festivals hors Montréal, comme Rimouski et Sherbrooke. Le Festival de Sherbrooke est très gros. C'est en fait le plus gros et le plus renommé au Québec. Il y également Ottawa, Trois-Rivières, Jonquière et Tremblant. En province, c'est très populaire. Il y a cinq ans, j'ai aussi organisé, à trois reprises, un festival de blues à Saint-Étienne en France.

Êtes-vous souvent sollicité pour jouer à l'extérieur, vous et la relève ?

Il y a beaucoup de compétition aux Etats-Unis. Par contre, en France, c'est intéressant. Il existe un marché pour le produit québécois en France. Les français aiment le blues. Il n'y a pas beaucoup de puriste en France. Cette année, le Festival de Jazz et de Blues est jumelé avec la Louisianne, un échange culturel. Au Mont-Tremblant aussi d'ailleurs.

La prochaine année s'annonce comment pour Bob Harrisson ?

Je travaille présentement sur mon album. Ce sera en fait un album plus genre balade que blues. C'est un album en français. Je travaille très fort à cet album. Le lancement se fera le 9 septembre 99, le 9 du 9, 99. La journée de mon anniversaire : le Bug Harrisson ou le Bob de l'an 2000. À minuit je recommence à zéro et le soir je lance mon premier album.

Nous misons beaucoup sur la France et l'Europe.

Qu'est-ce qui vous a incité à faire un album ?

Ça fait des années que je désire produire un album. Je veux faire quelque chose d'original. J'ai écrit des chansons en anglais. Faire des chansons blues en français est extrêmement difficile. Le français est un langage poétique et le blues ce n'est pas de la poésie. En anglais, le blues c'est cru. Je ne veux pas non plus faire du joual québécois. J'ai trouvé quelqu'un qui écrit des musiques et des belles paroles poétiques. Ma voix porte naturellement vers le blues, alors le matériel qui est sur mon album est plutôt genre balade 'bluesée'. Je ne renie pas le blues pour autant. Il n'existe pas beaucoup de blues en français avec des belles paroles.

Le Festival Medley Blues est à mon avis bien implanté ?

C'est sa meilleure année. Ils ont une meilleure publicité. Ils affichent complet tous les soirs. Beaucoup de jeunes aiment ce genre de musique. Il y a beaucoup de boogie, de swing. Au spectacle de fermeture, je joue seul. Ensuite, on jouera à deux, à quatre et aussi à six. Nous aurons également une pièce de la Louisianne avec un violon. Il y aura aussi une partie incluant deux batteries. Beaucoup de variétés. Je ne me suis pas préparé pour ce spectacle. En fait je ne me prépare pas. Cependant, je pratique mon chant pour mon album. Les chansons demandent plus de contrôle de la voix.

Monsieur Harrisson, merci beaucoup de nous avoir accordé cette entrevue !