
Entretien avec Fredo Boss auteur-compositeur-interprète.
Est-ce votre première venue au Québec ?
Oui, c’est ma première venue au Québec et c’est également le plus long voyage que j’ai jamais fait, par contre c'est un peu long en avion mais c'est fabuleux d'être ici. C'est un dépaysement total.
C’est votre premier album. Qu’est-ce qui vous a incité à faire un album ?
Il y a longtemps que je vis de la musique. J’ai commencé très jeune à en jouer et à l’âge de 18 ans, j’avais déjà gagné ma vie avec, plus ou moins bien. Il y a quelques temps, nous avons fait un petit bilan et on s’est dit tient, pourquoi je ne tenterais pas ma chance avec quelque chose d’original et de mes compositions. On s’est finalement décidé à travailler là-dessus et en deux mois nous avons tout fabriqué.
Vous êtes accordéoniste en plus d'être chanteur !
J’ai gagné ma vie avec l’accordéon. J’ai très vite créé un personnage et je me suis approprié un répertoire très traditionnel.
Est-ce que cet album est déjà sorti en France ?
C’est une exclusivité pour le Québec.
A-t-il été enregistré ici ?
Non. C’était plus simple de la faire en France. Il a été fait de façon toute simple, dans une sorte de garage aménagé.
Pourquoi le sortir ici au lieu de la France ?
C’est une opportunité. Une sorte de hasard que l’on ne maîtrise pas toujours. Le disque venait de sortir des presses et j’étais avec José, qui lui a déjà fait plusieurs voyages au Québec. Il a également mixé le disque. Comme José devait retourner au Québec, il s’est dit eh bien, je vais l’emmener avec moi. Il a fait écouter à Monsieur Yves Dufour, un ami de José. À son retour, il m’a rappelé et José et moi nous nous sommes rencontrés à Paris. Nous sommes de suite tombés d’accord. J’étais très emballé de signer un contrat. Maintenant, je suis venu pour faire le suivi… découvrir le public, tenter d’installer le plus correctement possible, ma venue (je l’espère) au printemps.
Est-ce que votre album regroupe toutes vos compositions ?
Non. C’est un petit bilan – ce qui arrive fréquemment lorsque l’on produit un premier album – et moi, j’ai chanté des textes d’amis à moi sur lesquels j’ai mis mes musiques. Et inversement, j’ai chanté des textes à moi sur lesquels des copains avaient fait la musique.
Votre impression du Québec !
J’essaie de récolter les avis des gens d’ici. J’en ai déjà un. Celui de la femme de chambre, qui a trouvé cela formidable. Je trouve que c’est très ouvert ici. Les gens semblent assez simples et cools. Je n’ai pas l’impression d’être à l’étranger en ce qui concerne le feeling et le sentiment. J’ai des contacts assez chaleureux partout où je vais. Maintenant, il faudra voir sur la scène. Pour moi, la réalité sera sur la scène.
Vous avez débuté très jeune disiez-vous plus tôt ?
Lorsque j’étais à l’école, j’habitais en face d’un type qui possédait une ferme et qui était musicien professionnel. Il faisait beaucoup de bal. Déjà très jeune, cela me fascinait. J’allais à toutes les répétitions – à cette époque j’avais 15 ans. Après nous avons formé un petit groupe avec les copains. Ensuite, je me suis mis à accompagner ce musicien. J’ai laissé tout tombé pour l’accompagner. Pendant trois ans. J’étais mordu…à cette époque j’étais percussionniste. J’étais complètement parti sur le Brésil. Quelques années après, je me suis mis à l’accordéon. Encore un hasard incroyable, puisque quelqu’un m’avait confié un accordéon le temps de ses vacances. J’ai mordu une seconde fois pour cet instrument et là je ne l’ai plus jamais lâché. Cela m’a d’ailleurs permis de m’exprimer et de chanter tout ce que mes parents chantaient. Tout un patrimoine finalement.
C’est un album très spécial. Il représente une région particulière de la France, je crois !
C’est plus spécifique au pays breton et à l’ouest de la France, ma propre région. L’accordéon règne en empereur dans le nord de la France.
On peut également faire le même rapprochement en ce qui a trait au rythme !
Oui, effectivement. Lorsque l’on joue des rythmes à tendance passo-doble ou d’influence espagnole, ça marche plutôt bien dans le sud. Par contre, dès que l’on monte au-dessus de Bordeaux, c’est le contraire. C’est la java qui va fonctionner. Dans cet album, je n’utilise pas seulement que l’ambiance française. L’album est assez varié.
Quel artiste aimez-vous du Québec?
Les grands monstres québécois. Je désire me procurer un disque de Gilles Vigneault. Celui-là et Félix Leclerc, ils me font vibrer à fond. Voilà. En plus, de tous ceux qu’il faut que je découvre.
Aimeriez-vous produire avec des artistes québécois?
Cela serait fou de ne pas rêver à cela…
Fredo, merci pour ce très agréable entretien.
Avec plaisir
Patricia Marchand
Club Culture