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Nous avons rencontré pour vous cette semaine le réalisateur
Étienne Chatiliez
qui nous parle de son dernier film Le
Bonheur est dans le Pré et de sa vision du cinéma
d'aujourd'hui.
C.C.: Parlez-nous de votre parcours
cinématographique.
E.C.: J'ai commencé dans la publicité en tant que
créatif-copyright pendant dix
ans. Par la suite je suis passé à la réalisation
de films publicitaires et puis
après au long métrage en réalisant "La vie est un
long fleuve
tranquille", "Tatie Danielle" et mon dernier né "Le Bonheur est
dans le Pré".
C.C.: Racontez-nous l'aventure du "Bonheur..."!
E.C.: C'est un scénario de Florence Quentin, mais surtout le
désir de retravailler ensemble
qui nous a réuni. après une absence de cinq ans. Notre
travail est essentiellement un
travail de connivence basé sur le goût et non pas sur une relation
"professionnelle" et nous avions
tous les deux le désir de raconter la France profonde. Nous sommes
partis d'une première
idée rapidement abandonnée au profit de celle du "Bonheur est
dans le Pré".
C.C.: Quel est l'histoire du "Bonheur..."?
E.C.: C'est l'histoire de Francis qui est un type au bout du rouleau, qui
n'en peut plus; une femme et une
fille pseudo-bourgeoises-snobinardes, une entreprise d'objet de toilettes
qui va mal et en plus il vit dans un
trou. Il va prendre la place de quelqu'un d'autre à travers une
émission de
télévision et finalement avoir dans cette seconde vie tout
ce qui lui manquait dans la
première.
C.C.: Comment percevez vous l'avenir des cinémas nationaux
face aux grands "majors"
américains?
E.C.: Il y a effectivement un espèce d'impérialisme culturel
de l'Amérique sur le
monde entier, mais je crois qu'il faut simplement faire ce que l'on croit
devoir faire et essayer de faire des
films qui soient régionaux. Il faut préserver et promouvoir
le film français,
québécois, allemand que les majors ne produisent pas de toute
façon; c'est à
mon avis le seul moyen de garder une originalité et une
identité propre.
C.C.: Quel est votre vision du cinéma actuel?
E.C.: Un cinéma des jeunes, vraiment jeunes, qui est soit
idéaliste proche du naïf ou
soit foncièrement noir très proche des préoccupations
de cette
génération. Les problèmes de chômage, de
pauvreté, d'absence de
travail dans une société sans valeur préoccupent
beaucoup plus les jeunes et cette
vision plutôt angoissante du monde influence le cinéma de
manière dramatique.
C.C.: Merci de nous avoir accordé cette entrevue!
