
Des "Capteurs de rêves" du sculpteur amérindien Nick Huard ont été exposés au Carrousel du Musée du Louvres à Paris du 11 au 13 janvier 1997, dans le cadre de la "Décennie des peuples autochtones".
Une légende indienne raconte que, lorsqu’il est suspendu dans une pièce, le capteur de rêves attire les rêves qui y circulent. Les bons rêves connaissent la voie, passent à travers l’ouverture dans le filet et glissent doucement le long des talismans jusqu’au dormeur qui pourra les poursuivre à son réveil. Les mauvais rêves, ne sachant pas où aller, s’empêtrent dans le filet où ils restent pris jusqu’à l’aube pour être détruits par les premières lumières du jour.
Les capteurs de rêves et leur utilisation domestique par nombre de peuples originaires des Amériques, remontent à plusieurs siècles, voire des millénaires. Il existe à ce jour peu de documentation écrite ou photographique à leur sujet et seules quelques pièces sont actuellement dans les musées. Des capteurs de rêves ont aussi été identifiés comme tels sur des murales préhistoriques méso-américaines.
En Amérique du Nord, on retrace le capteur de rêves entre autres chez les Ojibwas, les Micmacs, les Naskapis et les Cris.
Selon Cath Oberholtzer (1993) dans un document présenté à la 24th Algonquian Conference, " Net Baby Charms : Metaphors of Protection and Provision", à l’origine, chez les Cris de la Baie James au Canada, le capteur de rêves était une amulette toute simple destinée aux bébés, composée d’un cerceau en bois d’un diamètre d’environ 10 cm, dans lequel on tissait un filet ressemblant à une toile d’araignée. Cette amulette était suspendue au berceau de l’enfant afin de le protéger tant des maladies que des mauvais esprits « ...en attrapant et retenant tout ce qui est mauvais telle une toile d’araignée qui attrape et reteint tout ce qui vient en contact avec elle.
Au cours des années, les influences extérieures ont contribué à changer les coutumes religieuses et le mode de vie des peuples autochtones. Graduellement le rôle protecteur de l'amulette s’étendit au domaine du rêve. Bien que l’aspect du symbole ait changé, sa fonction protectrice demeure. Cela n’a rien d’étonnant si l’on considère que les rêves et leur symbolique sont acceptés et font partie intégrante du quotidien des peuples amérindiens.
Nick Huard a fait du capteur de rêve, des oeuvres d’art. La majorité des matériaux utilisés dans la fabrication des capteurs de rêves est récupérée ou recyclée. Certains ont été trouvés dans la nature au gré d’expéditions un peu partout sur le continent nord américain, tant dans les Territoires du Nord Ouest ou sur les plages de la Floride que dans les Rocheuses ou les boisées aux environs de Montréal.
Aucun animal n’a été tué ou mutilé dans le but d’obtenir des éléments de fabrication pour les capteurs de rêves.
On peut voir des Capteurs de rêves de Nick Huard à l’exposition « Contes et légendes » au Salon du Conseil de la sculpture du Québec du 25 janvier au 15 mars 1997. entre 13 heures et 17 heures du mercredi au samedi. Le Salon est situé au 460 rue Sainte-Catherine ouest, suite 607 à Montréal QC Canada H3B 1A7 Information (514) 879-1962
Nick Huard peut être rejoint par courrier électronique à plazzart@club-culture.com
Étienne Louis Michon
Pour Club Culture
