AIME TON PÈRE

AIME TON PÈRE     (Festival des Films du Monde 2002)

Volet : Hors concours

France

100 minutes

 

Réalisateur: Jacob Berger

Scénario : Jacob berger

Photo : Pascal Marti

Montage : Cathy Chamorey

Musique: Jean-claude Petit

Distribution : Gérard Depardieu, Guillaume Depardieu, Sylvie Testud

 

Synopsis :

 

Paul, jeune homme de 28 ans, apparemment stable et indépendant, décide de kidnapper son père, le célèbre écrivain Léo Shepherd tandis que celui -ci se rend à moto à Stockholm pour y recevoir le prix Nobel. L’espace de quelques jours tout le monde croira à la mort accidentelle  de Léo. Au cours du voyage les deux hommes vont s’humilier, se mesurer, se révolter, s’accuser, se confesser… Ils finiront par retrouver le petit morceau du passé qui éclaire de sa lumière impitoyable le secret qui les a toujours unis. Grâce à la réapparition de ce fils répudié, furieux et vengeur, Léo va découvrir quelque chose sur lui-même, renouer avec l’idée de sa propre fin, peut-être retrouver le désir d ‘écrire.  Paul apprendra comment manier sa propre puissance, enfouie sous le sentiment de la peur et du rejet. Il apprendra aussi que la place jalousée de préférée, celle de sa sœur Virginia, n’est pas nécessairement la plus enviable.

 

 

Comme l’a expliqué le réalisateur Jacob Berger en présentant Aime ton père : « C’est et ce n’est pas un film autobiographique. Mais je pense que tous les fils qui ont à vivre avec un père surpuissant ont toujours rêvé, à un moment ou l’autre, de prendre le dessus sur lui, de reprendre le pouvoir en quelque sorte… »

 

L’acte extrême de Paul, le kidnapping, révèle à quel point le dialogue père-fils n’a jamais existé. Le film nous entraîne dans une confrontation unique, provoquée par un fils qui désire violemment être reconnu et comprendre pourquoi son père semble le haïr. Toute  l’histoire est construite autour d’un suspense, une poursuite, une fausse disparition, et ce procédé sert admirablement mieux  le propos  que si l’on avait  affaire à un huis-clos de type théâtral.

 

Face à un père muré dans le silence et l’exaspération, Paul l’obstiné finit par faire revivre (sous forme de retours en arrière vraiment bien amenés) des scènes clés de son enfance. On y découvre Léo en père imposant de manière détournée mais finalement  tyrannique une forme d’éducation où seulement sa propre liberté et créativité se devait d’être respectée.

Léo parle alors, en quelques phrases lapidaires : On ne peut pas faire du bien à tout le monde. Cela m’est égal d’être un monstre. Tu as foutu en l’air 5 ans de ma vie. Un écrivain doit écrire… 

 Les scènes se succèdent, émotionnellement très fortes et le jeu des deux comédiens, Depardieu  père et fils est un vrai parcours sans fautes. Le personnage de Virginia, la sœur de Paul, fille préférée mais aussi secrétaire-agente-conseillère-assistante de Léo nous est révélé dans la deuxième partie du film. Cette fille étouffée par un père idolâtré qu’elle verra avec douleur chuter de son piédestal est jouée par  Sylvie Testud, une actrice étonnante, atypique du cinéma français.

 

Un beau film également servi par une belle lumière et un montage réussi. Aime ton père sortira en France en Novembre. La distribution canadienne est assurée par Remstar, on ne connaît pas encore la date de sortie.

 

 

Mariette Gutherz

Club- Culture