ROBERTO SUCCO

ROBERTO SUCCO

 

Film en compétition au « Festival de Cannes 2001 »

 

Christal Films

Un film de Cedric Kahn

Scénario de Cédric Kahn

Musique :  Julien Civange

Distribution :  Stefano Cassetti, Islid Le Besco, Patrick Dell’isola, Viviane Alberti

 

Durée :  120 minutes approx

Genre :  Drame/polar

 

Synopsis

Disparitions inexpliquées :  un meurtre épouvantable se produit en Italie.

Quelques années plus tard, sur une plage du Var, à la fin des vacances, Kurt drague Léa, une jeune fille secrète et sensible.  Ils deviennent des amants.  À la surprise de Léa, Kurt vient tous les samedi à Annecy pour voir Léa au volant de voitures différentes.

Des cambriolages, des attaqes à mains armées, des meurtres….Les mois passent et la gendarmerie enquête.  Un étau se resserre autour de Roberto Succo. Léa prend peur et quitte Kurt.

 

Le réalisateur adapte un fait divers concernant un tueur en série.  Un portrait d’un criminel – comprendre ses actes, ne pas en faire un monstre ni une victime de la société.

Sous forme d’investigation Cédric Kahn raconte à sa façon, les multiples facettes de Roberto Succo, un jeune homme torturé par ses premiers meurtres, celui de ses parents…..À cause de son jeune âge, il sera enfermé dans une institution psychiatrique pour l’aider à surmonter ses problèmes.

Après quelques années, il se retrouve en France.

 

Lors de sa présentation à Cannes, le film provoque un remouds parmi la population et surtout chez les flics…..

Le scénario montre froidement la violence, ne l’embellie pas et ne l’exagère pas. Mais ce genre de film n’est pas monnaie courante chez les Français.  Définitivement « polar », Roberto Succo fait écho d’une société de petits bourgeois, de la corruption d’un système de façon rigoriste.  Le tout n’est pas mauvais ou sans intérêt au contraire mais il manque d’âme.  L’image porte le scénario.  Le résultat manque de suspens, de flamboyant.  Le traitement choisit par Kahn laisse le spectateur un peu trop en retrait.  Comme un documentaire, les faits nous sont présentés.  Ce qui n’est pas tout à fait une histoire d’amour, un drame psychologique ou un polar authentique.  Cédric Kahn ne prend jamais partie pour l’un ou pour l’autre.

Le comportement de Succo n’est jamais analysé en profondeur ce qui laisse le spectateur confus.  Ce manque d’investissement, par choix ou par omission, ne sert pas le film.

Tous les éléments sont là pour faire de « Roberto Succo », un film génial mais l’étincelle n’est pas au rendez-vous.

 

Le manque d’implication du spectateur est du au déroulement des événements, des hachures multiples :  flash du passé, relation amoureuse avec Léa ponctuée de meurtres et d’une enquête policière.  Un mélange inutilement encombrant.  À voir l’instabilité émotionnelle de Roberto, on devrait craindre pour la vie de Léa mais non.  Le suspense n’est pas au rendez-vous, ni la dramatique et pourtant, on ne peut dire que ce film n’est pas intéressant.

Sur la base de faits divers pour magazine ou téléfilm, ce film vogue en superficie sans avoir de « punch ».

 

Je respecte pourtant son choix.  Il installe l’ambiguité et le quotidien et en parallèle, il nous montre la froideur de Roberto Succo quand il tue ses victimes.  Il est presque touchant !

 

À la fin du film, le spectateur reste sur sa faim.  On a vu pendant deux heures une histoire, un portrait, une série d’événements mais la boucle finale n’y est pas, si ce n’est que Roberto Succo est démasqué et envoyé en prison……..

 

En soi, une nouvelle approche du genre polar – drame psychologique tordu….Un film à voir malgré tout …

 

Bon visionnement !

Francine Charrette

Club-Culture