
Alliance
Atlantis Film
Durée : 97 minutes approx
Genre : drame psychologique
Directrice: Jessie Nelson (Corrina,Corrina)
Scénaristes: Kristine Johnson (co-écriture de
« Imaginary Crimes »), Jessie Nelson (début)
L’histoire
d’un homme handicapé (Penn) à un niveau mental d’un garçon de 7-8 ans. Une complicité extraordinaire et émouvante
existe entre lui et sa fille mais, les services sociaux ne le jugent pas apte à
élever un enfant. Il fait face au
tribunal afin de prouver sa compétence et sa légitimité d’avoir la garde de sa
petite fille que les services sociaux lui ont enlevée à cause de son handicap. Son avocat (Pfeiffer) accepte de prendre sa
cause et de le défendre (pro-bono) tout en apprenant à le connaître et en
prenant elle-même quelques leçons sur le grand défi d’être
« parent ».
Un
sujet difficile que Jessie Nelson traite avec intelligence, humour et
sensibilité. Sean Penn relève, avec
beaucoup d’intensité et brio le rôle
éprouvant du personnage principal, un handicapé mental, père d’une fillette de
sept ans.
Le
moindre détail sur le comportement – fixations, sensibilité extrême etc..- est
méticuleusement étudié. Par exemple, le
souci du détail – toujours mettre les enveloppes de sucre de la même couleur
ensemble, la disposition des objets sur les étagères – à égale distance,
etc…l’apprentissage de certaines tâches répétitives, une fois assimilées,
offrent à l’handicapé mental une satisfaction de bien accomplir un travail, il
se sent utile, son estime de soi est également renforcie.
Alors
qu’il travaille chez « Starbuck », Sam reçoit un appel de
l’hôpital. Sa copine va mettre au monde
un bébé – son bébé – une petite fille.
Ahuri de tenir le nouveau né dans ses bras, Sam choisit le nom qu’elle
portera : Lucy Diamond, en
l’honneur des Beatles. À la sortie de
l’hôpital, sa copine – la mère de Lucy se sauve en le laissant désemparé, seul
à l’arrêt d’autobus.
Toute
sa vie est maintenant concentrée sur le bien-être de Lucy.
Il
faut dire que Sam est une âme généreuse, il a bon caractère, il est plutôt
gentil et honnête. Il a des amis tout à
fait charmants…ils ont tous un petit côté spécial : un souffre de paranoïa, un autre fait
constamment référence à des films et des acteurs etc….malgré ces traits de
caractère différents, ils sont inséparables.
La venue d’un bébé vient bousculer leur vie tout autant que celle de
Sam, mais c’est pour le mieux…..tous adorent cette enfant. Pour l’aider dans sa tâche de mère et de
père, Annie, une amie de pallier explique à Sam ce qu’il doit faire et comment
il doit le faire…..Pendant que Lucy grandit, le spectateur assiste à des
moments de pure tendresse, de complicité et d’amour entre le père et sa
fille. Ce sont des clichés, de petits
événements comme des ballades dans le parc, les premières chaussures pour aller
à l’école etc….
Les
problèmes commencent alors que Lucy s’aperçoit que des enfants rient de son
père et qu’elle-même apprend à lire plus facilement que son père ou alors
qu’elle sait des choses que son père ne peut apprendre à cause de son
handicap. Elle est confrontée à la
réalité brutale. Si elle apprend trop
vite et trop de choses, son père ne pourra plus être « un père »,
celui qui apprend à son enfant et non le contraire. Alors, elle décide qu’elle deviendra nulle et stupide…..
À
l’école, les responsables le convoquent pour l’avertir du problème. Immédiatement après, une jeune prostituée
aborde Sam à une table à une terrasse.
On l’amène en prison et sur le fait, une jeune responsable de la DPJ
décide de prendre les grands moyens et sauver cette petite fille pendant qu’il
en est encore temps.
C’est
là que tout se bouscule. Sam trouvera
une gentille avocate d’une grande firme d’avocats (Michelle Pfeiffer) pour se
défendre et prouver qu’il est un père responsable et fiable.
J’en
ai dit beaucoup sur le contenu et en dévoiler davantage enlèverait la surprise.
Le
fait d’aborder le problème avec autant de tact et d’humour, permet aux
spectateurs de puiser l’essentiel dans la relation spéciale entre Sam et
Lucy. L’idée même que des hommes et des
femmes handicapées mentalement puissent avoir des enfants et plus encore, les
élever….normalement, nous interpelle.
Cette situation implique des questions de droits, de liberté, de
responsabilité sociale, de valeur, pour ne citer que quelques unes.
Le
réalisateur ne prétend aucunement résoudre les problèmes ou poser un jugement
sur qui que ce soit. Ce film n’est
qu’une facette, ni plus ni moins.
Jessie Nelson a choisi « une » histoire avec Sam, ses amis et
sa petite fille – normale…..Elle en a fait un film divertissant tout en
s’efforçant d’humaniser la situation.
À
7 ans et seulement après son troisième rôle dans un film, Dakota Fanning, la
jeune actrice qui joue le rôle de la fille de Penn a reçu le « Screen
Actors Guild Award » pour sa performance dans le film « I Am
Sam ».
Sean
Penn, pour sa part est formidable !
La
musique des Beatles et quelques autres mélodies ont été choisies à cause de
l’admiration, que dis-je, l’adoration que Sam porte aux Beatles. À elles seules, elles décrivent les
atmosphères, les émotions et l’état d’esprit dans lequel Sam se trouve.
Très
beau film !
Performance
magistrale de Sean Penn et de la petite Dakota Fanning
Situations
cocasses
Le
tout, accompagné d’une trame sonore
inoubliable.
Bon
film !
Francine
Charrette
Club-Culture