SALOMÉ

SALOMÉ        (Festival des Films du Monde 2002)

Volet : Compétition officielle

Espagne

86 minutes

Réalisateur: Carlos Saura

Scénario : Carlos Saura

Musique: Roque Banos

Photo : José Luis Lopez-Linares , Teo Delgado

 

Montage : Julia Juaniz

 

 

Cela commence par la rencontre entre Saura et une grande danseuse, chorégraphe directrice du ballet national d’Espagne, Aida Gomez. Au départ il s’agissait seulement de monter la chorégraphie de Salomé. Aida Gomez rêvait de créer un ballet moderne à partir de l'histoire de Salomé, qui séduisit le roi Hérode avec sa danse et exigea en échange la tête de Jean le Baptiste. C’est son propre fils, son producteur en l’occurrence, qui a convaincu Saura de faire un film. Après Carmen, El Amor brujo, Flamenco et Tango, c’était finalement dans la continuation du travail du célèbre metteur en scène.

 

Le travail, la création en chantier et un spectacle magique en apothéose, telle est l’histoire de ce film en deux parties.

La première, tournée en numérique, est conçue comme un documentaire et nous fait découvrir, étapes par étapes, toute la construction et la préparation du spectacle. Seule concession au reportage, Saura ne joue pas le rôle de metteur en scène de la chorégraphie qui est confié à un comédien. Nous  assistons ainsi aux séances de travail avec le musicien, aux préparatifs des costumes. Nous découvrons la façon dont la lumière va composer le spectacle constituant  en elle-même le décor par une projection sur de grands panneaux. En alternance, Saura filme les répétions des danseurs et des danseuses, le travail de mise en place et de perfectionnement des gestes sous la direction d’Aida Gomez.

Autre élément documentaire, de courts portraits où, tour à tour, les principaux artistes du ballet racontent leur passion pour la danse.

 

Quand le ballet commence le spectateur est pris dans un enchantement qui ne cessera qu’à la fin du film. Les costumes orientaux associés à une lumière chaude, le rythme flamenco de la musique et de la danse, donnent à la chorégraphie un éclat particulier : « l'Espagne a subi toutes sortes d'influences dans son histoire, celle des Arabes notamment. Nous sommes bariolés. Le ballet Salomé l'est aussi» déclare Saura.

La performance des danseurs est exceptionnelle, un montage harmonieux met en valeur la précision de la mise en scène. Aida Gomez est magnifique dans la danse des sept voiles qui est au centre du ballet.

 

Encore une fois la confirmation du talent d’un grand metteur en scène, SALOMÉ est un film à voir et à entendre.

 

Mariette Gutherz

Club-Culture