
Volet : Compétition officielle
86 minutes
Réalisateur: Carlos
Saura
Scénario : Carlos
Saura
Musique: Roque Banos
Photo : José Luis Lopez-Linares , Teo Delgado
Montage : Julia Juaniz
Cela commence par la
rencontre entre Saura et une grande danseuse, chorégraphe directrice du ballet
national d’Espagne, Aida Gomez. Au départ il s’agissait seulement de monter la
chorégraphie de Salomé. Aida Gomez rêvait de créer un ballet
moderne à partir de l'histoire de Salomé, qui séduisit le roi Hérode avec sa
danse et exigea en échange la tête de Jean le Baptiste. C’est son propre
fils, son producteur en l’occurrence, qui a convaincu Saura de faire un film.
Après Carmen, El Amor brujo, Flamenco et Tango, c’était finalement
dans la continuation du travail du célèbre metteur en scène.
Le travail, la création en
chantier et un spectacle magique en apothéose, telle est l’histoire de ce film
en deux parties.
La première, tournée en
numérique, est conçue comme un documentaire et nous fait découvrir, étapes par
étapes, toute la construction et la préparation du spectacle. Seule concession
au reportage, Saura ne joue pas le rôle de metteur en scène de la chorégraphie
qui est confié à un comédien. Nous
assistons ainsi aux séances de travail avec le musicien, aux préparatifs
des costumes. Nous découvrons la façon dont la lumière va composer le spectacle
constituant en elle-même le décor par
une projection sur de grands panneaux. En alternance, Saura filme les répétions
des danseurs et des danseuses, le travail de mise en place et de
perfectionnement des gestes sous la direction d’Aida Gomez.
Autre élément documentaire,
de courts portraits où, tour à tour, les principaux artistes du ballet
racontent leur passion pour la danse.
Quand le ballet commence le
spectateur est pris dans un enchantement qui ne cessera qu’à la fin du film.
Les costumes orientaux associés à une lumière chaude, le rythme flamenco de la
musique et de la danse, donnent à la chorégraphie un éclat particulier :
« l'Espagne a subi toutes sortes d'influences dans son histoire, celle
des Arabes notamment. Nous sommes bariolés. Le ballet Salomé l'est aussi»
déclare Saura.
La performance des danseurs
est exceptionnelle, un montage harmonieux met en valeur la précision de la mise
en scène. Aida Gomez est magnifique dans la danse des sept voiles qui est au
centre du ballet.
Encore une fois la
confirmation du talent d’un grand metteur en scène, SALOMÉ est un film à voir
et à entendre.
Mariette Gutherz
Club-Culture