The Pornographer 

Festival des films du monde

Montréal 1999

 Réalisateur et scénariste : Doug Atchison

Photographie : Christopher Mosio

Musique : Warner David Jansen

Interprètes : Michael DeGood, Craig Wasson, Monique Parent, Katheryn Cain, Rena Riffel, Todd Feder, Marjorie Harris, Kelly Stone, Fay Kato, Mariam Parris, Melinda Scherwinski et George Hertzberg

Jeune homme timide, Paul Ryan travaille comme para-légal dans une firme d'avocats. Ses soirées, ils les passent chez les prostituées et dans les sex-shops à la recherche de films pornographiques. Il n'a pas de chance avec les filles, il ne sait pas comment les approcher. Il n'a que des aventures sans lendemain. Déçu par tous ses échecs, il décide de produire une série de vidéos érotiques d'amateur décrivant sa vie telle qu'il aurait voulu qu'elle soit. Il n'y voit pas de mal à faire de bons films érotiques. Par un étrange concours de circonstances, les vidocassettes tombent entre les mains d'un certain Spano, important producteur de vidéos pour adultes, qui ne tarde pas à intéresser Paul avec ses promesses de succès et d'argent s'il consent à attirer une figure nouvelle, de préférence jeune et jolie et surtout, ingénue, dans l'industrie du sexe...

À la recherche de cette ingénue, il croise Kate sur son chemin. Étudiante en théâtre, c'est sa première sortie hors de son petit village. Elle n'a pas de sous et elle craint le pire, dans cette ville où elle ne connaît personne. Par sa gentillesse et son air angélique, il amène Kate chez lui et lui suggère de jouer dans son film. Entre temps, il se laisse manipuler par Charise, une ex-star du porno.

Confiante, Kate se laisse convaincre et tombe sous le charme de Paul. À l'insu de Kate, Paul a filmé leurs étreintes mais une fois terminé, il se sent incapable de ternir la réputation de Kate. Le film n'est plus entre ses mains. Soudain, il réalise la folie de son action, il tente désespérément d'empêcher Spano de mettre la vidéocassette sur le marché. Les gens du milieu de la porno ne sont pas tendres..

Pour son premier long métrage, le réalisateur et scénariste Doug Atchison n'a pas choisi le chemin le plus facile. La pornographie est un sujet extrêmement délicat, provoquant de vives controverses à travers le monde entier. Heureusement, le scénario couvre bien des aspects sans pour cela porter de jugement. Sa vision est honnête et démontre bien les dessous d'une industrie prisée par des millions de gens en quête de sensations et où la baise rapporte des milliards de dollars. Ces millions ne vont malheureusement pas aux jeunes femmes et aux jeunes hommes qui s'y produisent. Les tourments, les abus, les déchéances font partie du tableau. Paul, est un gars ordinaire, gauche, inconfortable dans sa peau, en manque d'amour comme beaucoup de jeunes adultes. Dès le début, Paul nous dénonce le manque flagrant d'éducation sexuelle ainsi que du manque de communication de ses parents.

Il y a quelques fausses notes au tableau du côté des comédiens et de la qualité de l'image mais c'est du cinéma choc et un premier long métrage. Je souligne l'audace et la maîtrise du sujet.

Un cinéaste à suivre !

Notes biographiques du réalisateur et scénariste : Doug Atchison

C'est à l'âge de quatorze ans que Doug Atchison commence à réaliser des films. Diplômé de l'École de cinéma et de télévision de l'Université de la Californie du Sud, il produit, scénarise et réalise plus de quinze courts métrages, dont " Ellen's Father ", son film de fin d'études. Il est l'auteur de plusieurs longs métrages (scénarios), et a acquis l'expérience comme comédien et comme auteur d'ouvrages de fiction. Avec " The Pornographer ", il signe son premier long métrage de fiction.

Francine Charette

Club-Culture