
EL POLAQUITO (le petit polonais)
Festival des Films du Monde 2003
Photo : Carlos
Torlaschi
Montage : Sergio
Zottola
Musique : Martin Blanchedi
Interprétation : Abel Ayala, Marina Glezer, Fernando Roa
Résumé :
« El polaquito » (le petit polonais) gagne sa vie à 13 ans en chantant des airs de tango dans les trains stationnés en gare de Buenos Aires. Il tombe amoureux de Pelu, une jeune prostituée qui est comme lui sous la coupe de la mafia locale qui l’exploite. Par amour pour elle il va braver les mafiosos, ce qui le conduit à l’hôpital puis en centre pour jeunes délinquants. Le jour où il apprend que Pelu est enceinte, il décide de s’enfuir avec elle…
« Une histoire d’amour marquée par la violence et la marginalité dans les couches populaires d’Argentine » voilà ce que le réalisateur Juan Carlos Desanzo a voulu raconter.
Parmi les films sur les enfants des rues, récurrents dans le cinéma latino américain, celui-ci se démarque pourtant. Après le Mexique, le Brésil (Pixote d’Hector Babenco étant le plus connu)nous voici en Argentine, où la crise économique a commencé à sévir depuis quelques années.
L’histoire du « Polaquito »- ainsi nommé car il chante à la manière du célèbre chanteur Polaco Goyeneche- est tirée d’un fait réel datant de 1994 : la mort tragique d’un jeune chanteur-mendiant. À la manière d’un documentariste le réalisateur a longtemps enquêté auprès de ces jeunes vivant dans la rue, de mendicité, vol et prostitution. Il a décidé de réaliser le film non pas avec des comédiens mais avec les enfants qui gravitent autour de la gare de Constitution.
Un film sombre donc, car il colle à une réalité sordide décrite avec précision.
Le décor principal, celui de la gare et des ses environs, est filmé comme un huis-clos où le drame se joue sous le regard indifférent des passants. Le personnage du Polaquito est celui de l’innocent qui évolue dans un monde où il faut être cruel, cynique et corrompu pour survivre. La rencontre avec Pelu, la jeune prostituée, un autre ange égaré, est racontée en quelques séquences très émouvantes. L’histoire d’amour donne malgré tout un aspect lumineux au film, car le réalisateur a très bien montré la façon dont le garçon s’accroche à cet amour, à l’espoir d’échapper aux loups de la mafia qui le tient en otage avec la complicité de la police.
Le duo misère et corruption fait partie de thèmes vus et revus dans le cinéma. Et pourtant El Polaquito est un film différent. Sans doute le fait que les interprètes jouent leur propre rôle y est pour beaucoup dans le ton juste du film (seul le rôle de Pelu est tenu par une comédienne), Juan Carlos Desanzo a également su mêler avec talent une approche documentariste par les détails et descriptions réalistes du monde de la rue et un lyrisme cinématographique par la qualité de l’image et du montage. Un très beau film.
En mars 2003 le film a obtenu le prix du public au 15ème festival de cinéma d`Amérique Latine à Toulouse en France.
Né à Buenos Aires en 1938, il est réalisateur, scénariste et directeur de la photo. En 1983, il a commencé comme réalisateur en se spécialisant dans le film policier. Il a à son actif, quelque 80 documentaires et 2000 films publicitaires. Il a été professeur de réalisation à la faculté d’architecture et d’urbanisme de Buenos Aires et à l’école des Beaux-Arts de La Plata. Il a gagné de nombreux prix comme directeur de la photo et comme réalisateur.
Filmographie
1983 : El desquite
1984 : En retirada
1985 :La búsqueda
1991 : Al filo de la ley
1996 :Eva Perón
1996 : Hasta la victoria siempre (Argentine, Espagne, Cuba)
1999 :La venganza
2000 : El amor y el espanto
2002 : El Polaquito
Mariette Gutherz
Club-Culture