
« LE POIDS DE L’EAU »
(Weight of Water)
Réalisation:
Kathryn Bigelow
Scénarisation:
Alice Arlen et Christopher Kyle
Distribution : Catherine McCormack, Sarah Polley, Sean Penn, Josh Lucas,
Elizabeth Hurly, Katrin Cartlidge, Ciaran Kinds, Ulrich Thomsen, Anders W.
Berthelsen et Vinessa Sahw.
D’après l’oeuvre de Anita Shreve
Compositeur : David Hirschfelder
Directeur de la photographie : Adrian Biddle
Genre :
thriller/drame psychologique
Durée :
1h50 approx
Synopsis :
A bord d'un voilier, la photographe Jean Janes débarque sur la petite île de Smuttynose, située au large des côtes du New Hampshire, pour enquêter sur un double meurtre vieux d'un siècle. En se plongeant dans les détails de l'affaire, Jean revit la tragédie qui a eu lieu par une nuit de 1873 : comment deux jeunes immigrées norvégiennes, Anethe et Karen, furent assassinées à coups de hache, tandis qu'une troisième, Maren Hontvedt, trouva refuge dans une grotte.
Au fil de ses recherches, Jean découvre des
analogies entre sa propre vie et celle dela seule rescapée du carnage. Elle y
trouve un écho à ses propres doutes, à ses propres interrogations sur l'avenir
de son couple. Parallèlement, la suspicion d'une liaison éventuelle entre son
mari Thomas, un célèbre poète, et la compagne de son frère Rich, la séduisante
Adaline, se transforme lentement en jalousie et méfiance.
Ce long métrage met en scène deux intrigues en
simultané. L’une se déroule au présent
et l’autre au passé – vers 1830.
Dès le début, la réalisatrice installe un
sentiment déstabilisant dans un couple, un malaise profond entre Thomas – poète
alcoolique et suicidaire - et sa femme Jean – photographe – qui travaille sur
un reportage sur l’île de Smuttynose.
Ce sentiment s’emplifie lorsque rendus à bord
du voilier se présente Adaline, coluptueuse, un peu garce qui semble connaître
Thomas plus qu’elle le prétend.
Les regards et les silences ne font que nourir
la tension entre Thomas et Jean. On ne
sait trop bien ce qui se passe mais la réalisatrice fait tout pour que le
spectateur sente qu’une explosion est imminente. Elle fait ressurgir la complexité de l’intrigue autant dans le
déroulement des événements qui ont précédé les meurtres effroyables des deux
jeunes femmes – à la hache -sur l’île en 1830 que ceux qui se préparent sur le
voilier.
Le triangle – Jean, Thomas et Adeline – se
referme petit à petit, laissant Jean dans la tourmente. La jalouise et le doute se mêlent au point
de devenir une haine destructrice et peut-être meurtrière.
À mesure que Jean explore les lieux du carnage,
elle se sent envahie par des sentiments étranges, comme si l’histoire
l’interpelait.
On passe de la couleur au noir et blanc, des
mouvements de caméra subtils comme ces images arrêtées pareilles à des photos
instantannées….fondus, « travelling », images voilées etc….
Ces jeux de caméras surviennent surtout quand
Jean imagine la scène du crime commis à la fin du XIXe siècle par un dénommé
Louis Wagner, trouvé coupable et pendu haut et court. Elle s’imprègne de l’atmosphère, des lieux, des textes,
convaincue peu à peu de l’innocence de Wagner.
Deux crescendos, deux histoires. Montage parallèle, le film développe les
deux récits basés sur l’intrigue, la disfonction du couple et la fatalité.
Sur le bateau, la promiscuité aidant, le
douloureux passé des personnages remontent à la surface tandis que l’attirance
de Thomas pour la voluptueuse Adaline se précise. Deux époques, des genres différents mais le tout parvient à ses
fins.
Les dialogues sont parfois ambivalents, la
complexité narrative semble un prétexte pour remplir des minutes inutiles mais
le style privilégie à la fois l’hypocrisie à travers le mensonge et la
vengeance à travers a mort.
Sean Penn, Catherine McCormack et Sarah Polley
nous offrent une belle performance.
Un film à voir !
Bon cinéma !
Francine Charrette
Club-Culture