
Durée
142 minutes
Fiction
basée sur un fait historique
Un
film présenté par Samuel Hadida et Richard Grandpierre
Réalisateur : Christophe Gans
Scénario
de Stéphane Cabel
Directeur
de la photographie : Dan Laustsen
Musique : Joseph Lo Duca
Effets
spéciaux : Jim Henson Creature
Shop et Igor Chevalier
Avec : Samuel Le Bihan, Monica Bellucci, Vincent
Cassel, Jeremie Renier, Emilie Dequenne et Mark Dacascos
Un
film qu’on attendait depuis longtemps avec impatience !
1766
Voilà
déjà deux ans qu’une bête monstrueuse terrorise la région du Gévaudan. Un diable, un dragon, un loup monstrueux, la
France toute entière, jusqu’à la cour de Louis XV, vit désormais au rythme de
ces crimes inexplicables.
Le
chevalier Grégoire de Fronsac est délégué par le Jardin du Roi pour élucider
l’affaire. Il est accompagné par un
frère de sang, un indien Mohawk rencontré en Nouvelle-France durant la guerre
de sept ans, le taciturne Mani. Ils
s’installent chez le vieux Marquis D’Apcher dont le petit-fils Thomas, se fait
fort de leur servir de guide. Le
chavalier rencontre Marianne De Morangias ainsi que son frère Jean-François,
héritiers de la plus influente famille du pays.
Plusieurs
problèmes surviennent et le chevalier doit se retirer pour quelques temps. De retour en Gévaudan, bravant
l’interdiction du roi, le chevalier décide de répondre à l’appel de Thomas
D’Apcher qui lui demande d’organiser une dernière chasse.
Le
synopsis s’inspire des événements qui défrayèrent la chronique entre 1764 et 67.
C’est
dans la région du Gers, le 14 février 2000, que débute le tournage. Sur 85 décors dont 80 sont en
extérieurs. Le tournage nécessite 134
jours de tournage, des problèmes multiples à surmonter, la température, les
changements climatiques, la synchronisation etc…
Après
de nombreuses recherches et lectures sur le monstre du Gévaudan, les rapports
d’époque font foi d’au moins 130 victimes.
La première victime remonte au 30 juin 1764, une jeune femme tuée près
de Langogne. Les victimes, des enfants et
des femmes – aucun homme de plus de 16 ans parmi les victimes – laissent à
penser que les proies sont « choisies » en particulier pour leur
vulnérabilité.
Jusqu’à
ce jour, le mystère n’a jamais été élucidé et continue d’intriguer les
historiens. Toutes les hypothèses sont
permises y compris celle d’un complot visant à déstabiliser la monarchie.
Voici
pour le côté historique. Maintenant
passons au film :
Dès
les premières images, l’horreur apparaît dans toute sa dimension. Le réalisateur n’épargne pas le spectateur
et de ce fait, nous pénétrons immédiatement dans le vif du sujet.
La
qualité exceptionnelle de l’image, les plans de caméras, les panning, les gros
plans, le ralenti incluant le « still » est absolument bouleversant
et magnifique. Une vraie poésie.
L’éclairage
est également subtil, recherché, ambiant.
Il permet au directeur de la photographie, une très grande latitude
d’effets, soulignant les moments forts du film, apportant une touche
mystérieuse, une tension et une fébrilité éclatante.
Quant
aux costumes, « splendeur » est le mot qui me vient à l’esprit pour
décrire à quel point l’effet est saisissant.
On les doit à Dominique Borg.
La
mise en scène choque, intimide, dérange.
Pourquoi ? Le sang gicle de
partout, les corps mutilés des victimes y sont étalés de façon brutale, les
combats se succèdent à un rythme fou, (karaté et Kung Fu, style film d’action à
la Chang et Stalone). Bien sur, 1766
était une époque où la torture, le sang, l’être humain-surtout lorsqu’il
s’agissait de paysans- n’était que de peu d’importance mais tout de même….Je
crois que le choix aurait pu être un peu plus subtil et plus artistique. Ce volet m’a beaucoup dérangé mais ce qui ne
veut pas dire que je n’ai pas aimé le film.
Les comédiens, les décors, la photographie, la lumière, les costumes et
la légende du Gévaudan, voilà ce qui m’a retenue de partir avant la fin. Malgré cet aspect morbide – associé à la
légende et à la véracité des faits – ce film vaut la peine qu’on se
déplace. Mais attention : pour ceux et celles qui dénoncent trop de
violence et trop de sang….je dois vous mettre en garde !
Le
Bihan, Cassel, Bellucci et Renier, une chimie qui exerce un magnétisme. Une performance et un jeu sans faille.
Un
film à grand déploiement, des scènes magnifiques, des images d’une poésie à
vous couper le souffle, une bande musicale solide, une qualité sonore
irréprochable et les décors et les costumes sont absolument grandioses.
Bon
cinéma !
Francine
Charrette
Club-Culture