
(MAROC)
2003- Durée : 100 min
Scénario : Nabil Ayouch, Malika Al
Houbach
Image : Joël David
Montage : Vanessa Zambernardi
Interprètes :
Nouraddin Ourahhou, Lubna Azabal, Hicham Moussoune, Noor, Mohamed Madj, Hammadi
Tounsi
Production : BC Films-Paris
Synopsis :
Tanger.
Kamel Raoui, un jeune inspecteur de police, est chargé d’enquêter sur la mort
d’un important trafiquant de drogue assassiné dans sa villa. La première
suspecte est son employée et maîtresse, Touria, une jeune femme qui vit sur les
lieux du crime avec son petit frère Pipo. Alors que Touria est placée en garde
à vue, Kamel recueille chez lui Pipo avec qui se tisse une forte complicité ;
Par la force des choses Touria est amenée à les rejoindre.
Le traitement filmique, les choix esthétiques semblent par contre
ne pas porter suffisamment le film dans le rythme qu’il aurait pu trouver.
Peut-être le désir de respecter son choix du genre « film policier »
a -t’il emprisonné le cinéaste dans un style narratif qui dessert le vrai
contenu de l’histoire. Ce qui se veut une forme de modernité, un montage
« visible » ne fonctionne pas vraiment. Par moments toutes les
ficelles visuelles du clip sont au rendez-vous, flashs, ralentis,
effets de flou ou d’incrustation, une
vraie panoplie de petit apprenti sorcier! Malheureusement une musique
redondante associée à un montage frénétique ne suffisent pas pour qu’un film trouve un
rythme et un ton juste. C’est comme si le réalisateur courait après une
histoire qu’il n’a pas envie de raconter, l’intrigue policière prétexte devient
pesante quand elle revient comme une enveloppe vide, puisque le vrai propos
d’auteur est ailleurs, dans le regard sur les personnages. La preuve en est
dans les quelques séquences oniriques qui, elles, ne semblent nullement décalées. L’émotion est présente dans ces
images, comme elle l’est dans les moments de complicité, racontés avec simplicité,
sans maniérisme par une caméra moins hystérique. Un film qui finit malgré tout
par nous toucher, une fois l’agacement oublié.
Un film qui a
également suscité une belle polémique au Maroc, qui n’est pas sans rappeler
celle provoquée par La porte close d’Abdelkader Lagtaa. Cependant
malgré le tollé des intégristes devant « des scènes de débauche »- un
scandale sous couvert d’art, selon eux-Une minute de soleil en moins a
échappé aux ciseaux de la censure.
Nabil Ayouch est né à Paris en 1969, de père
marocain et de mère française. Après
plusieurs courts métrages il réalise en
1997, Mektoub, son premier long métrage, qui représente le Maroc à
l’Académie des Oscars en 1999.
Une minute de soleil en moins a obtenu le Prix des Industries Techniques au festival de Montpellier (France) en 2002.
Mariette Gutherz
Club-Culture