
(August Sun)
Compétition
mondiale
Festivals
des Films du Monde 2003
Sri
Lanka
Genre : drame/fiction – trois histoires
Durée : 108 minutes
Réalisation : Prasanna Vithanage
Scénario : Priyath Liyanage
Basé sur
la vie au Sri Lanka, un pays ravagé par plus de vingt ans de guerre civile.
Distribution : Peter D’Almeida, Nimmi Harasgama, Namal
Jayasinghe, Mohamed Rahfiulla, Nadi Kammalaweera, A.A. Mansoor, Maheshwari
Ratnam, Rajeena Begum, H.V. Thahhera, Gayani Gisanthica
Dans le
Sri Lanka ravagé par la guerre, trois histoires qui se déroulent dans trois
endroits différents au cours de la même très chaude journée du mois
d’août. Après plus de vingt ans de
guerre civile, trois groupes de personnes vivent des expériences qui les dépassent. Duminda, un soldat en permission, se rend
dans un bordel où il découvrira quelque chose de surprenant. Chamari, une femme fidèle, est déterminée à
retrouver son mari, un soldat disparu au combat sur le front nord. Arafat, gamin de onze ans, fils d’un
commerçant musulman, doit quitter son village avec sa famille, poussés qu’ils
sont par les forces rebelle Tamils. Sa
tristesse se lit sur son visage lorsque son petit chien ne peut plus suivre
leur voiture qui file vers le lointain.
Prasanna
Vithanage a pris plusieurs années à faire ce film. Il le dédie à toutes les victimes de la guerre et à son pays.
Ira
Madiyama est un hommage à la puissance et à la détermination d’hommes, de
femmes et d’enfants à continuer à vivre et à essayer de trouver un coin de ciel
bleu où la paix est possible.
Trois
histoires menées simultanément, dans des lieux différents, des groupes de gens
différents, provenant de couches sociales différentes. Ils ne se connaissent pas mais tous et
toutes ont un pont commun, la détresse et l’urgence dans un monde déchiré par
la guerre et la haine.
Nous
suivons une jeune femme à la recherche de son mari disparu, un pilote d’avion
de chasse. Elle accompagne un
journaliste qui pourrait peut-être l’aider parce qu’il a ses connections chez les
rebels Tamil.
Puis il
y a la famille de musulmans – le père, son épouse, la grand-mère, le fils….qui,
après une incursion militaire dans leur village, doit partir avec quelques
affaires, jugées nécessaires par la milice.
Ils seront fouillés et le peu d’argent qu’ils possèdent leur sera
confisqué avant d’embarquer dans des bateaux qui les amènera dans un lieu plus
paisible. C’est le petit Arafat, un
gamin de onze ans qui sera au centre de cette histoire. Malgré son jeune âge, il aura lui aussi un
deuil à faire puisqu’il devra laisser son chien derrière lui…..Arafat sait
qu’il mourra de faim.
Malgré
tout, le chien poursuit son maître au prix de sa vie pendant un bon
moment. Mais, lorsqu’Arafat et sa
famille prennent le bateau, le regard du chien et celui de l’enfant nous
chavirent. Dans le silence, tout est
dit.
Ils se
comprennent, se parlent en silence, ils sont complices.
Finalement,
il y a ce jeune homme solitaire, un jeune militaire en permission….Ils sont
trois amis en persmission. Ils se
retrouvent dans un bordel et là, il aperçoit une jeune fille qu’il
connaît. Une fois l’effet de surprise
passé, la rage et la honte l’envahissent et la violence se déchaîne. Son regard sur la vie, la guerre et ses
valeurs ne seront plus jamais les mêmes.
Une brisure profonde a changé sa vie.
Ce film
est comme un voyage initiatique, une prise de conscience sur ce qu’est la
guerre et les ravages qu’elle laisse sur son passage. Des générations entières auront vu le jour dans la guerre. Ils ne connaissent pas la paix alors comment
atteindre ce rêve ?
Un film
saisissant.
Bon
cinéma !
Francine
Charrette
Club-Culture