LE SEIGNEUR DES ANNEAUX

LE SEIGNEUR DES ANNEAUX

Le retour du Roi

3e et dernier chapitre

 

Réalisateur :  Peter Jackson

D’après l’œuvre de J. R. R. Tolkein

Scénario :  Frances Walsh, Philippa Boyens et Peter Jackson

Musique originale de Howard Shore

Distribution :  Sean Astin, Billy Boyd, Orlando Bloom, Ian McKellen, Bernard Hill, Viggo Mortensen, John Noble, Liv Tyler, Paul Norell, David Wenham, Elijah Wood, Hugo Weaving et plusieurs autres….

 

Genre:  fantastique, epopée, action, suspense…

Durée :  3h 20min. approx

 

Synopsis

Les forces maléfiques de Sauron ont gagné Minas Tirith, la capitale de Gondor, dans leur effort d’éliminer la race humaine.  Autrefois grandiose, Gondor est maintenant au bord de l’effondrement.  La question est de savoir si l’héritage d’Aragom coule toujours dans ses veines.  Saura-t-il répondre à l’appel de sa destinée ?

La survie de la Terre du Milieu repose sur ses épaules.  La dernière bataille approche.  Les légions des ténèbres se rassemblent et Gandalf se doit de trouver la force de rassembler l’armée fractionnée de Gondor.  Le Roi de Rohan Theoden, se rallie rapidement aux forces de la lumière.  Courage, loyauté et passion réunissant Eowyn et Merry ne sont pas assez pour contrer l’ennemi qui semble venir de partout à la fois.

Leur but est d’attirer l’attention de Sauron -l’œil du mal- pour permettre à Frodo de se rendre à la Montagne…Le destin du Monde est entre ses mains !

 

Pendant ce temps, Frodo Baggins et Sam Gamgee accompagnés de Gollum, poursuivent leur chemin au cœur même de la montagne damnée….l’unique endroit pour détruire l’anneau maléfique.  Frodo approche de son but, il le sent dans son corps et dans son cœur.  Plus il s’approche et plus il sent son énergie le quitter.  La dernière tentative, pour la force du mal de prendre possession de Frodo.  Le test final est là devant ses yeux, il doit choisir.  L’anneau – le test ultime de sa loyauté et de son humanité….

 

 

Enfin, le troisième épisode de la trilogie :  « Le Retour du Roi ».

 

Spectaculaire, grandiose, « La Trilogie du Seigneur des Anneaux » trace à mon avis, les grandes lignes de l’Art Fantastique – Comment développer et clore une grande épopée dans la magnificence et le respect de l’œuvre.

 

Le premier épisode – Frodo Baggins apprend qu’il est l’élu de l’anneau, le sauveur de l’humanité….Il entreprend un long et périlleux voyage.  C’est la mise en place des éléments conflictuels.

Le deuxième épisode – Les forces du Mal gagnent en puissance pendant que Frodo, en compagnie de ses amis Hobbits doivent compter sur la force, la foi et la loyauté de tous et chacun.  Des personnages s’ajoutent.

Le troisième épisode – Le combat de Frodo et celui de la Terre contre l’univers du mal et des ténèbres.

 

Dès les premières minutes, Peter Jackson nous plonge dans le passé trouble de Gollum alors qu’il était Sméagol.  Qui était-il avant ce changement ?  Que lui est-il arrivé pour qu’il soit devenu cette créature hideuse ?

Un bon choix puisqu’il amplifie l’urgence et l’importance de la quête de Frodo.

Trois épisodes, trois atmosphères, trois cheminements démontrant une impressionnante vision de son réalisateur - une phénoménale énergie crève l’écran, palpable du début à la fin puisqu’à tout moment, l’univers peut basculer– une belle cynergie entre le réalisateur et les scénaristes, les acteurs, le directeur photo, le compositeur de la trame musicale incluant celle de toutes les équipes techniques réunies dans cette aventure fabuleuse. 

Le troisième épisode est un vrai monument cinématographique dans toute sa démesure, sa rectitude, sa poésie, ses symboles universels et son intemporalité.  Comme une symphonie – la finale est explosive – Après le crescendo des deux premiers épisodes, « le Retour du Roi » est l’aboutissement, le feu d’artifice tant attendu.

L’approche de Peter Jackson pour traduire la grande bataille finale et les combats de chacun est remarquable.

Nous pouvons aujourd’hui comprendre la décision de tournage de Peter Jackson qui a tenu à tourner les trois épisodes simultanément – il voulait absolument garder la force de la magie, la fluidité des épisodes, l’interaction des personnages, les atmosphères et l’intensité de l’épopée comme si les trois épisodes ne faisaient qu’un.  Ce faisant, la richesse de l’œuvre est intacte.

 

Sean Astin – Sam, Elijah Wood – Frodo et Ian McKellen – Gandalf sont au coeur du dénouement final.  À eux seuls, ils cristallisent les éléments de la lumière – la solidarité à travers l’amitié, la détermination, la loyauté, la justice, l’espoir, le respect, l’honneur et l’humilité.  Ils agissent comme un catalyseur où se greffent tous les autres.

 

La poésie est également au rendez-vous, surtout quand Pippin chante à la demande du Roi pendant que son fils affronte les Orcs sur les champs de bataille.  Il interprète une complainte remplie de tristesse.  Le visage livide et les yeux mouillés, la voix hors-champ de Pippin prend une toute autre dimension, celle de la douleur profonde, celle d’une perte inutile et gratuite d’un fils prêt à donner sa vie pour retrouver l’amour d’un père.

Un moment comme celui-là révèle l’immense talent de Jackson, de sa sensibilité et de sa compréhension de l’histoire.  Il juxtapose la violence à la poésie….une scène brillante !

 

Même si Peter Jackson a éliminé des passages de l’œuvre de Tolkein pour l’adapter au cinéma, son essence même est préservée, on la retrouve complètement dans les trois épisodes. 

La lecture alimente l’interprétation individuelle en suscitant des images et des sensations.  Le lecteur se trouve dans un univers qui lui est propre.  Au cinéma, nous devenons spectateurs, prisonnier de l’interprétation du réalisateur.  Nous sommes captifs des images et du rythme.  Trop souvent l’adaptation d’une œuvre littéraire perd de son intensité et de son essence.  Ici, nous sommes comblés !

Ce qui est merveilleux et unique c’est justement la perception et la mise en images de tout l’univers parallèle de Tolkein, tel qu’imaginé par Peter Jackson.

 

L’espace immense dans lequel évolue l’épopée correspond à l’image que je m’en suis faite.  Même les batailles gigantesques du troisième épisode possèdent cette fougue que l’on ressent à la lecture.  Nous sommes captifs de l’ampleur et de l’énergie déployée.

Je ne peux passer sous silence la visite d’Aragom à l’intérieur de la montagne à la recherche de l’armée de fantômes accompagné de ses valeureux amis Legolas (Orlando Bloom) et Gimli (John Rhys-Davis).  Une scène très réussie – les fantômes sont phosphorescents.

Le spectateur retrouvera des scènes merveilleusement adaptées sur grand écran.  Ici, plus que dans les deux premiers épisodes, Jackson respecte le texte avec une exactitude peu commune.  Il se permet moins de liberté dans l’interprétation :  la scène de combat entre l’araignée, Sam et Frodo…..La description mémorable de la bataille épique des plaines de Pelennor – une mise en scène unique et exceptionnelle jamais filmée sur grand écran.

Le travail minutieux des équipes techniques est inimaginable !

 

On ne peut éviter la comparaison avec les légendes bibliques, ses personnages et ses messages.  « La Trilogie du Seigneur des Anneaux » est en soi la bible d’un univers imaginé, créé et décrit par Tolkein. 

Personnellement, l’adaptation cinématographique de Tolkein par Peter Jackson prouve sans l’ombre d’un doute que la littérature fantastique a enfin retrouvé ses lettres de noblesse.

Peter Jackson ouvre un univers jusqu’ici négligé au profit de la science fiction.  Il s’inscrit en maître en établissant les règles et je crois que nous pouvons parler d’ores et déjà d’une œuvre magistrale du genre qui passera à l’histoire du cinéma.

 

À voir absolument !

 




Bon cinéma !

Francine Charrette

Club-Culture