
INNOCENCE
(version anglaise)
Première nord-américaine
Australie– Belgique
1999
Durée : 95 minutes
Scénario et réalisation : Paul Cox
Musique : Paul Grabowsky
Production : Paul Cox, Mark Patterson
Distribution : Julia Blake, Charles Tingwell, Terry Norris, Robert Menzies, Marta Dusseldorp, Kristine Van Pellicom, Kenny Aernouts, Chris Haywood, Norman Kaye, Joey Kennedy et Liz Windsor.
Aimer à 20 ans et aimer à 68 ans est-ce pareil ? L’amour a-t-il un âge ? Qu’est-ce qui est le plus important dans toute une vie ?
L’histoire
Amdreas Borg, un homme âgé approximativement de 70 ans, professeur de musique et organiste à la retraite, découvre que son premier véritable amour, Claire, habite la même ville que lui. Elle est maintenant âgée de soixante-cinq ans, mère d’un garçon devenu médecin et grand-mère de trois enfants, vivant encore avec John, son mari.
Cinquante ans plus tard, après avoir vécu une passionnante histoire d’amour dans la Belgique d’après-guerre, Andréas lui a écrit et il a pesé tous ses mots. Il l’appelle chez elle et lui demande de le rencontrer. Claire hésite quelques secondes et accepte l’invitation. Dès les premiers instants de leur rencontre, dès les premiers regards, il est évident que leur amour n’a pas perdu de sa force malgré le passage des années même si tout autour d’eux la vie a changé.
Âgés et amoureux, ils n’ont plus de temps à perdre en prétentions, futilités ou autres banalités du genre. Ils décident de s’aventurer dans une nouvelle relation, aussi intense, passionnante et électrisante que lorsqu’ils avaient 20 ans. Andréas est veuf depuis trente ans mais Claire a des obligations envers son mari. De toute façon, leur couple n’a plus la passion et l’enthousiasme, surtout depuis l’escapade de John, il y a de cela maintenant une vingtaine d’années. Il n’y a plus d’étincelles et ils ne font plus l’amour depuis très longtemps. Elle décide de suivre les élans de son cœur, quelles qu’en soient les conséquences.
Un parcours doux, tendre et serein sur l’amour. Des dialogues touchants, une réflexion profonde sur le sentiment le plus important et essentiel de toute une vie, l’amour.
Tout au long du film, les " flash-back " sont présents. Nous revoyons Claire et John lorsqu’ils étaient jeunes et qu’ils s’aimaient. Un train passe à plusieurs reprises en gros plan, laissant derrière les visages de John et Claire, diffus, distortionnés, comme des fantômes : c’est le symbole du temps qui s’écoule à toute vitesse.
La beauté du film repose sur les vrais sentiments, sans qu’il soit question de blâmer qui que ce soit. Nous sommes en présence d’une réalité, d’une conviction profonde reposant sur un mélange de raisons et de sentiments forts. La seule agitation troublant l’âme de John est sa maladie. Il n’a plus beaucoup de temps à vivre et il ne veut pas inquiéter Claire. De son côté, Claire est peinée du chagrin qu’elle impose à John mais elle n’y peut rien. Elle a fait son choix.
Tout naturellement, nous sommes témoins d’un sentiment captivant. Deux êtres qui se retrouvent après cinquante ans, émerveillés, heureux mais aussi conscients du bonheur retrouvé et de sa fragilité. À travers les dialogues, nous sommes autant conscients de l’urgence que de l’importance de cet amour. Le temps coule, passe et la fin approche!
La prestation des principaux comédiens est très naturelle, fébrile et sincère.
Quant au scénario, je le qualifierais de franc, ouvert et simple. L’amour que vivent Claire et John consiste à ne point tromper par déguisement ou dissimulation, à dire ce que l’on pense, sans contrainte et parfois sans réserve ni ménagement.
La qualité de l’image est impeccable.
Un film superbe sur un thème vieux comme le monde, l’amour. Mais nous montrer ce sentiment à travers un couple de 65 ans, ça c’est audacieux et révélateur !
N’est-ce pas ce genre d’amour que beaucoup recherchent ?
Paul Cox
Né en Hollande en 1940, il s’installe en Australie en 1965 et commence une carrière de photographe laquelle le propulse dans les galeries à travers le monde. Après le succès international de son court métrage " We are Not Alone, My Dear " (1975), il se consacre exclusivement à la réalisation.
" Inside Looking Out " (1977), " Kostas " (1978), " Lonely Hearts " (1981), " Man of Flowers " (1983), " My First Wife " (1984), " Cactus " (1986), " Vincent " (1987), " Golden Braid " (1990), " A Woman’s Tale " (1981), " The Nun and The Bandit " (1992), " Exile " (1994), " Lust and Revenge " (1986), " The Hidden Dimension " (1997) et " Molakai : The True Story Of Father Damien " (1999).
Bon cinéma!
Francine Charrette
Club-Culture