HÉROÏNE : tragique, mais peu profond

HÉROÏNE : tragique, mais peu profond

 

Espagne (2005)

Réalisé par Gerardo Herrero.

Interprété par Adriana Ozores, Javier Pereira, Carlos Blanco et María Bouzas.

 

En compétition mondiale au Festival des films du monde de Montréal 2005

 

Pilar et Germán, banal couple dans la quarantaine. Ils ont trois fils dont Fito qui semble se chercher depuis quelque temps. Il y a de quoi : Pilar découvre avec horreur que l’aîné de ses garçons est héroïnomane. Pour se procurer la précieuse substance, le jeune homme vole tout d’abord les économies de la famille puis, s’enfonçant de plus en plus dans son vice, devra aller jusqu’au hold-up pour payer sa marchandise. Il se retrouve finalement derrière les barreaux. Pilar se battra de toutes ses forces contre ce fléau et créera même, avec des mères du voisinage, une association pour dénoncer les trafiquants, terrés dans des bars apparemment irréprochables. La lutte sera longue et pénible mais l’admirable Pilar ne ménage pas ses efforts.

Les mères qui ont vécu l’enfer de voir un de leurs enfants sombrer dans la drogue applaudiront à tout rompre la croisade de Pilar. Bien que les démarches de cette courageuse dame soient dignes des plus grands éloges, le scénario de Héroïne ne vole pas très haut. L’atmosphère est certes réussie, mais le scénario est écrit avec une vision primaire dans laquelle on n’embarque pas vraiment.

Il reste qu’on ne verra jamais trop de films traitant de ce problème social qui, avec les années, tend à prendre de l’ampleur. En ce sens, les réflexions engendrées par Héroïne valent qu’on y jette un coup d’œil.

Richard Gervais

Club Culture / 2005-08-30