
HARRISSON’S FLOWERS
LA FLEUR D’HARRISSON (version
française)
Un film de Elie Chouraqui
Distribution : Adrien Brody, Elias Koteas, Andie McDowell,
David Strathairn, Marie Trintignant.
Durée: 2h10
Genre: drame/ inspiré de faits vécus
Un film absolument
saisissant, bouleversant, une œuvre magnifique qu’il faut voir !
Synopsis :
1991. Harrisson Lloyd est journaliste – reporter de guerre. Depuis des années il a vu beaucoup de
guerres mais cette fois-ci, il est envoyé en Bosnie, Yougoslavie. Pour plusieurs raisons, il ne se sent plus
capable de continuer ce travail exténuant et dangereux. Grand reporter pour Newsweek,
il a remporté le Pulitzer et en ce début de l'année 1991, il sent que sa chance
l'abandonne. Il accepte cependant de partir à Vukovar où se produisent des
" accrochages ethniques ".
Quelques semaines plus tard
il est porté disparu.
Montée de tension, horreur,
suspense. Le résultat provoque
l’indignation, sans avoir recours à de multiples gros plans, panning ou effets
spéciaux hollywoodiens. Construit comme
un reportage, raconté par des témoins, amis et confrères de Harrisson. Elie Chouraqui divise le film en deux
volets : la vie mondaine de ce
couple amoureux au cœur de la mégapole New-York, alors qu’ils ont une vie
confortable. Et, après, le voyage de
Sarah au cœur des ténèbres, là où la loi est celle de la torture, du viol, du
pillage, de l’épuration ethnique démesurée, dans un pays et une langue qu’elle
ne connaît pas.
Une brochette d’acteurs et actrices nous
accompagnent. Brillants, talentueux,
complices, ils nous entraînent malgré nous dans leur calvaire. On n’y peut rien. La construction du scénario imbriquée dans des images, des décors
et des éclairages à la touche documentaire est telle qu’elle capte notre regard
du début à la fin. Les silences
accompagnés d’images explosives nous écorchent jusqu’à la toute fin bref, une
atmosphère réaliste d’une guerre déjà oubliée par d’autres événements. Pourtant, la situation reste explosive.
Un regard poignant d’une intensité
pulvérisante où les images sont souvent plus puissantes que le scénario. Mêlé à ce regard plane une sensation
d’indifférence totale sur tout ce qui se passe dans ce pays dévasté. L’Occident minimise l’horreur, ferme les
yeux, ignore la souffrance et la torture…..pendant que des journalistes
parcourent le terrain, écoeurés, désespérés, les seuls témoins réels. Leurs images sont les seules preuves, les
seuls secours aux hommes, femmes et enfants disparus.
Elie Chouraqui rend également un vibrant
hommage aux témoins que sont les reporters de guerres par le billet de la
mémoire visuelle sur tous les civils massacrés à Vukovar. Pas simplement par un message voulu par le
réalisateur mais par la force exceptionnelle du récit.
Filmé en République Tchèque. Une fiction basée sur des récits vécus par
des journalistes lors de l’affrontement en Bosnie.
Ici, aucun bout de documents d’archives
ou de flashbacks et c’est bien ainsi.
Le film c’est l’histoire de Harrisson, de sa femme et d’autres témoins
journalistes au milieu d’une tragédie guerrière.
Supposé mort - porté disparu lors d’un
effondrement d’un édifice, Sarah qui se refuse à cette idée s’enferme dans son
studio et passe au peigne fin tous les documents possibles, l’un après
l’autre. Soudain, elle repère son mari
sur pellicule, alors que des gens étaient faits prisonniers à Vukovar…..Elle
doit le retrouver et le ramener à la maison auprès de ses enfants. Elle est la seule à croire qu’il soit encore
en vie.
Scènes tragiques, style épuré,
successions d’événements dérangeants :
viols, exécutions, tortures, bombardements systématiques des villes et
surtout des hôpitaux où se trouvent ceux et celles qu’il faut absolument faire
disparaître de cette planète.
La rupture se fait sentir quand Sarah
arrive à Graz. Elle loue une voiture et
prend avec elle un jeune homme qui lui offre de l’accompagner parce qu’il parle
la langue et connaît les coutumes.
Cette paix est de courte durée.
Sarah, habituée au luxe, à la liberté, aux plaisirs de la vie -
innocente et pure - tombe littéralement des nuages, brutalement immergée dans
la réalité de la guerre. Elle doit
s’habituer à voir, à absorber et vivre quotidiennement la mort, égrenée ça et
là dans les fossés, sur les routes, dans les villages, partout !
Une restructuration des faits
racontés tour à tour par ceux qui ont accompagnés Sarah à Vukovar.
En dire plus enlèverait la
magie alors louez-le au plus vite !
Bon cinéma !
Francine Charrette
Club-Culture