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Réalisateur: Demian Lichtenstein
Acteurs: Kurt Russell, Kevin Costner,
Courteney Cox, Christian Slater, Kevin Pollack
Premier film du réalisateur Demian Lichtenstein, Destination : Graceland est un pur concentré de testostérone. Ce côté série B, parfaitement assumé par le réalisateur, donne au film un aspect mal fichu pas désagréable. Sur un genre rebattu (le film de gangster), il réalise un cocktail savamment dosé d’humour noir et d’action brutale. Les balles fusent, les bons mots aussi, aidés par des dialogues orduriers mais brillants. Le scénario, très malin, ne se contente pas de cette histoire de cambriolage qui tourne au carnage. Le chef de bande, Murphy (formidable Kevin Costner) est un vrai psychopathe et élimine un à un ses acolytes. C’est chose faîte ou presque au bout de 20 minutes et on se demande bien comment le réalisateur va réussir à tenir jusqu’à la fin du film, dans 1h45. La bonne surprise est qu’il y arrive en grande partie. Un des coéquipiers de Murphy, Michael (Kurt Russell impec), a eu la bonne idée de se munir d’un gilet par balles. A partir de là, les deux hommes se traquent, se cherchent, se tirent dessus plusieurs fois, pour récupérer le fameux magot, caché chez une apprentie voleuse (Courteney Cox) et son fils kleptomane. La suite, sous forme de road movie laisse la part belle aux comédiens. Ils s’amusent visiblement à jouer les ordures. Kevin Costner dans l’un de ses meilleurs rôles campe un excellent méchant de cinéma. Son personnage, sans moral, joue aussi bien du flingue que de l’humour vachard. Ces scènes sont un vrai régal et on oublie un peu ses précédents rôles inégaux tant celui-ci est jouissif. Kurt Russell n’est pas en reste, il joue avec sobriété cet ex-taulard bougon et généreux. Il faut le voir se faire tenir en respect par un gamin de 10 ans.
Tout cela est drôle, bien enlevé, efficace et ne s’embarrasse pas sur d’éventuel message qu’il pourrait apporter au public, quoique certaines plaisanterie (sur le système judiciaire américain : un taulard se prend 2ans de prison pour vole à l’étalage) passe comme une lettre à la poste, entre deux coups de feu.
Dommage, qu’à certain moment le film s’engage sur les rails peu agréables des bons sentiments. On sent que le réalisateur n’y est pas à l’aise. Dommage aussi que sur sa fin, le film s’embourbe dans une fusillade trop consensuelle et inutile, ou l’humour laisse la place à la gâchette ou les acteurs laissent la place aux artificiers.
Il n’en reste pas moins un divertissement de qualité, un vrai plaisir d’acteur, un peu long peut être (le film aurait pu durer 20 minutes de moins) mais assez réjouissant.
Raphaël Escalona
Club Culture