
THE EMPEROR AND THE ASSASSIN
Film de Chen Kaige
Distribution : Blackwatch
Durée : 2h43
En Mandarin avec sous-titre français
Fiche artistique :
Gong Li Dame Zhao
Li Xue Jian Roi de Qin, Ying Zheng, devenu Empereur
Zhang Fengyi L’assassin, Jing Ke
Sun Zhou Dan, Prince de Yan
Gu Yongfei Reine mère
Ding Haifeng Qin Wuyang
Lu Xiaohe Général Fan Yuqi
Réalisateur, co-scénariste, producteur et interprète du rôle de Lu Buwei
Co-scénariste : Wang Peigong
Costumes Mo Xiaomin
Musique Zhao Jipng
Un film historique à grand déploiement.
Une tragédie humaine
Qin, un visionnaire mégalomane.
Synopsis
Au IIIe siècle avant Jésus-Christ, le roi Qin est obsédé par l’idée de réunir les sept royaumes de Chine en un seul et immense empire dont il prendrait la tête devenant le premier empereur de toute la Chine. La Reine Mère vient de la province de Zhao ainsi que dame Zhao, l’amour d’enfance de Qin. Il lui promet qu’il accomplira cette destinée sans violence ni tuerie. En admiration devant le projet de Qin, dame Zhao propose alors de formenter un faux complot d’assassinat contre lui, qui, une fois découvert, légitimerait l’invasion du royaume voisin de Yan et rallierait les autres à sa cause. Pendant que dame Zhao recherche, puis trouvre, l’assassin, le roi de Qin apprend la vérité sur son père et sa naissance et déclenche un bain de sang au sein de sa propre famille, quand il apprend que le conseiller de sa mère est son concubin, père de deux princes héritiers – ses frères- et qu’il convoite le trône de Qin. Il fait exécuter tous les habitants de la province de Zhao.
Devant le spectacle des royaumes mis à feu et à sang, dame Zhao rêve de vengeance et tombe amoureuse de l’assassin. Elle se retourne contre son ancien amant et envoie Jing Ke, son nouvel amant en mission pour éliminer réellement ce sanguinaire roi de Qin….
Ce film possède la magnificence de l’époque, les costumes composés de couches de vêtements diaphanes d’une grande délicatesse ainsi que les nombreuses tuniques de soie ornées de broderies finement exécutées sont représentatifs de l’époque. Les maquillages et les coiffures allant de la simplicité à la sculpture, sont également des merveilles. Nous découvrons des acteurs exceptionnels à travers des personnages qui exigent une très grande maîtrise de l’art dramatique.
Comme dans toutes les grandes monarchies et les grands courants de l’histoire, un roi ou un empereur représente la loi suprême, la force absolue…Qin n’est pas différent de ces grands visionnaires qu’étaient Charlemagne, Napoléon, César etc… Cette grande fresque historique rassemble les caractères sociaux, religieux, moraux, esthétiques, techniques et scientifiques. Avec honnêteté et grâce, le réalisateur nous plonge dans le quotidien, l’amour, l’intrigue, la guerre, la politique et le cérémonial d’une civilisation qui nous est pour ainsi dire, inconnue.
Le faste, la concupiscence, l’avidité, la trahison, l’amour, le conflit, la vengeance, tout vient renforcir le déroulement des événements. Chen Kaige entretient habilement le mystère. Il nous fait vivre l’écroulement de l’homme sous les pressions même de sa destinée…
Selon Chen Kaige, porter une histoire vieille de plus de deux mille ans, c’est à la fois un défi énorme et une grande aventure. Après avoir passé des heures interminables en lecture et recherches sur le sujet, son intention a été celle d’une approche… shakespearienne du récit, une interprétation. Les personnages l’ont passionné. Ils ont assisté à l’aube de la civilisation chinoise et rêvé d’un avenir radieux. Un assassin, un homme qui gagne sa vie avec la mort des autres, change par amour et s’élève contre la tyrannie au péril de sa vie. Un roi, dont l’idéal est grand, tombe dans le piège du pouvoir et de l’ambition et y perd ceux qu’il aimait le plus au monde.
Notes de production
Pour l’équipe, le premier objectif et un défi de taille a été la reconstitution des différents bâtiments et la reconstitution des costumes et du mobilier. Le décorateur Tu Juhua a recréé les plans et dessins des anciennes villes de Qin, Yan, Zhao et Han, ainsi que ceux du palais royal de Qin et du château de Handan. Six mois de travaux pour reconstruire intégralement le palais de Qin. Les capitales des royaumes de Yan, Zhao et Han, ont également été reconstruites à l’échelle et un soin tout particulier a été apporté aux détails historiques. Les scènes de batailles furent tournées sur le plateau de Bashan, le long de la frontière avec la Mongolie intérieure, monopolisant les milliers de chevaux, chariots, cascadeurs et figurants.
Pour la création des costumes, Mo Xiaomin passa deux ans et demi à se documenter et visiter les sites historiques afin d’y recueillir un maximum d’informations. Des milliers de croquis ont été nécessaires à la préparation des quatre cents dessins finalement retenus par le réalisateur. En tout, il a fallu près de quatre années pour créer et réaliser les costumes de " l’Empereur et l’Assassin ". Le tournage dura sept mois (août 1997 – février 1998) dans des conditions difficiles dues à l’ampleur du projet, à la multiplication des décors et aux conditions climatiques.
Cette époque fut celle de " L’ère des royaumes combattants ", qui dura plus de cent ans. Sept royaumes où la jalousie, la méfiance, la haine et la discorde régnaient : Qin, Yan, Zhao, Wei, Han, Chu et Qi.
Certains textes anciens racontent que la mère de Ying Zheng, enceinte d’un riche marchand du nom de Lu Buwei, épousa par son entremise, le prince de Qin juste avant son accession au trône. Devenu roi, celui-ci reconnut l’enfant comme son fils et son héritier. Lu Buwei fit office de régent lorsque Ying Zheng devint roi à son tour, puis prit le poste de premier ministre. L’assassin, Jing Ke est souvent décrit dans les textes anciens comme une fine lame et un érudit, amateur de livres.
Les acteurs
Gong Li (Dame Zhao), débute sa carrière cinématographique de 1989, un an avant l’obtention de son diplôme. Elle a joué dans " Adieu ma concubine " et obtient, en 1992, le Prix d’interprétation féminine à Venise pour son rôle de Qiu Ju dans " Qiu Ju, une femme chinoise ". C’est sa troisième collaboration avec le réalisateur Chen Kaige.
Li Xue Jian (Roi de Qin), débute comme figurant en 1976. Il a acquis la reconnaissance internationale avec le chef-d’œuvre de Tian Zhuangzhuang, " Le Cerf-volant Bleu (1993).
Zhang Fengyi (Jing Ke), débute sa carrière cinématographique en 1981 dans " Ricksaw Boy " (1981) devenu un succès public, récompensé de nombreux prix. C’est son deuxième rôle dans un film de Chen Kaige. Il jouait également dans " Adieu ma concubine ".
Chen Kaige (Lu Buwei), est né dans une famille éminente de la communauté cinématographique chinoise. Après des études, il fait ses débuts en 1984, avec le film " Terre jaune ", " La Grande Parade " en 1985, " Le Roi des enfants " en 1986, " La vie sur un fil " en 1991, " Adieu ma concubine " en 1992, " Temptress Moon " en 1996 et " L’Empereur et l’Assassin " 1999.
Ce film est certainement un des plus beaux témoignages d’une culture qui nous fascine. Cette période de l’histoire est inoubliable puisqu’elle réunit pour la première fois des états (pays) indépendants sous un même royaume, un grand empire, celui de la Chine.
Un film magnifique et envoûtant.
Bon cinéma!
Francine Charrette
Club-Culture