Dogora – Ouvrons les yeux :

Dogora – Ouvrons les yeux : un virage réussi pour Patrice Leconte

 

France;

Réalisé par Patrice Leconte;

Photographie : Jean-Marie Dreujou;

Musique : Étienne Perruchon.

 

Reconnu comme un amoureux d’histoires soigneusement structurées truffées de délectables mots d’esprit, le cinéaste français Patrice Leconte (Tandem, Le Mari de la coiffeuse, Ridicule, etc.) nous attendait dans le détour. En effet, qui aurait cru que ce raconteur né nous présenterait un jour un long métrage sans scénario ni dialogues? Avec Dogora – Ouvrons les yeux, le réalisateur de La Fille sur le pont tourne le dos à sa réputation, risquant du même coup de déstabiliser ses plus fervents admirateurs.

Tournée au Cambodge, cette production décrit les conditions de vie implacables de ce pays en voie de développement. La pauvreté y a fait son nid depuis des lustres et il est peu probable que la situation se corrige dans un futur immédiat. Pour doter ses intentions d’un maximum de pureté, Leconte a privilégié les images d’enfants. Certains fouillent allègrement dans des détritus, alors que d’autres s’empilent dans des centres d’hébergement à l’hygiène déficiente.

 Les spectateurs pessimistes y verront une exploitation éhontée du misérabilisme ambiant, mais parions que ce n’était pas le but visé par Leconte.

 Soutenus par d’émouvantes prises de vue colorées d’une musique pénétrante, les multiples gros plans sur les visages de ces gamins reflètent davantage un appétit de vivre qu’un désespoir sans issue.

Dogora –Ouvrons les yeux n’est certes pas pour tous les publics, mais ce titre restera à jamais dans une catégorie à part, autant dans le cinéma français que dans la filmographie de Patrice Leconte qui nous promet pour bientôt Les Bronzés 3 : amis pour la vie.

Richard Gervais.

Club Culture.

2005-06-27.