
(version
originale française)
Film
québécois
CHRISTAL
FILMS
Un film de Denis Langlois
Co-scénariste : Bertrand Lachance
Distribution : Danny -Thierry Pepin, Greg -Jessie Beaulieu,
Karine – Véronique Jenkins, Sophie – Caroline Portelance, Père de Danny – Éric
Cabana, Jonathan – Daniel Lortie, Baba -Barbara Ulrich
Genre : drame de mœurs
Un film
noir dans un milieu où le paraître est tout.
C’est le
glamour, l’éphémère, la beauté plastique.
Un milieu où l’on peut se faire admirer. Un pouvoir dangereux !
Danny
n’a que 19 ans. Son père a une position
enviable, de l’argent et il en abuse, jusqu’au jour où son père se rend compte
que son fils sèche ses cours pour aller se parader sur scène. En secret, il va dans une agence de
mannequin….un rêve qu’il chéri depuis son enfance.
Danny a
les clés d’un « Jeep » de l’année, une carte de gaz, de l’argent de
poche etc…à condition qu’il continue d’étudier. C’est l’entente qu’il a prise avec son père.
L’arrivée
subite de son jeune cousin Jonathan, un jeune révolté qui ne connaît rien de la
vie et de la ville, lui donne l’occasion de lui montrer ce qu’il est, comment
on le vénère et sa petite amie, jeune mannequin qui fait la une des magazines à
Montréal……
Facilité,
drogues, amours rapides, luxure etc….Danny n’a jamais travaillé ou fait
d’efforts. Depuis son enfance, il a
tout eu, à l’exception de l’amour d’un père, d’une vie normale, dans une
famille normale. Non.
Son père
est gay, sa mère est morte d’une overdose quand il était bébé. À six ans, on se moque de lui à l’école à
cause de l’orientation sexuelle de son père.
Les problèmes se sont agravés, d’année en année.
Denis
Langlois ouvre le film sur Danny, couché sur l’asphalte, du sang rougit son
gilet blanc….il est blessé à l’abdomen et sa voix « off », raconte ce
qui s’est passé depuis le début, c’est-à-dire, bébé dans les bras de sa mère,
en coulisse, se préparant pour une parade de mode…….
« Sex-drugs
& rock’n Roll » - Il n’y a rien de nouveau sous le soleil.
Le
réalisateur nous montre l’importance du corps, devenu l’obsession de
Danny. Pour lui, son corps est devenu
monnaie d’échange, une valeur, une carte maîtresse.
Omnubilé
par la beauté, le pouvoir et la facilité.
Le
réveil est d’autant plus brutal qu’une fois seul, il se retrouve sur les
trottoirs de Montréal la nuit dans les bas fonds – dans le quartier de la
prostitution, des transexuels, des bars miteux – là où tout est permis.
Danny ne
connaît rien d’autre que son corps et il descend dans les abîmes, jusqu’au soir
où son père surgit dans le bar où il danse et où il vend du temps en privé pour
de l’argent.
Danseur
nu, ce n’est pas la fin du monde mais bon…..Compte tenu de ses dettes
(consommation en drogues, de loyer en retard) accumulées envers le gars qui
l’héberge chez lui, qui l’a introduit dans le club de danseurs, celui qui lui a
ouvert la porte un soir de désespoir – Greg -
il lui propose de le remplacer dans un rôle dans un film porno….comme
ça, sa dette envers lui sera effacée.
La paye est bonne et peut-être y fera-t-il des rencontres intéressantes
?
Un film
démoralisant, d’une réalité troublante.
Un film aux atmosphères étouffantes, où la beauté devient rapidement la
laideur la plus consommée, la déchéance d’un jeune homme, la souffrance qui
n’en fini plus de se répandre comme une tache d’huile….
Après le
visionnement, on s’aperçoit qu’on na pas vu le jour, que le soleil était
absent, que les lieux de tournage se font dans la pénombre, dans le
désordre…..C’est la nuit, du début à la fin……La nuit, symbole du mal, de la
perversion, des êtres déchus……
La
performance des comédiens est à la limite du passable !
Un film
noir, oui, des moyens limités oui, mais les comédiens manquent de crédibilité
et de talent. Pourtant il y a là, place
à la performance, à la subtilité, à la composition…..
Dans les
personnages les plus vrais :
Karine est celle qui m’a le plus émue et Greg le plus intéressant…..
Ce film
n’est pas pour les cœurs sensibles, ni pour les jours de petites déprimes……
C’est un
film à voir, non pas pour les acteurs mais pour l’audace du scénario, pour la
mise en scène et le traitement sensuel, pour la profondeur et la force des
personnages qui se confrontent, qui se déchirent.
Bon
cinéma !
Francine
Charrette
Club-Culture