DANNY IN THE SKY

DANNY IN THE SKY

(version originale française)

 

Film québécois

CHRISTAL FILMS
Un film de Denis Langlois

Co-scénariste :  Bertrand Lachance

Distribution :  Danny -Thierry Pepin, Greg -Jessie Beaulieu, Karine – Véronique Jenkins, Sophie – Caroline Portelance, Père de Danny – Éric Cabana, Jonathan – Daniel Lortie, Baba -Barbara Ulrich

 

Genre :  drame de mœurs

Durée :  98 minutes approx

 

Synopsis

Danny est un jeune homme à la recherche d’amour, le fils d’un père gay et d’une mère top modèle morte d'une overdose alors qu'il était tout jeune. À l'image d'une société qui place le luxe, le glamour et les apparences au-dessus de tout, Danny veut devenir mannequin, malgré l'opposition farouche de son père. Son apprentissage tourne au drame et il abandonne tout. Sa quête d'identité l'entraîne du monde de la mode à celui des strip-teaseurs où il explore ses motivations profondes. Sur le plateau d'un tournage porno, il trouve enfin l'amour, avec Karine, une photographe aussi voyeure qu'il est exhibitionniste. Mais sa destinée a vite fait de le rattraper….

 

 

Un film noir dans un milieu où le paraître est tout.

C’est le glamour, l’éphémère, la beauté plastique.  Un milieu où l’on peut se faire admirer.  Un pouvoir dangereux !

Danny n’a que 19 ans.  Son père a une position enviable, de l’argent et il en abuse, jusqu’au jour où son père se rend compte que son fils sèche ses cours pour aller se parader sur scène.  En secret, il va dans une agence de mannequin….un rêve qu’il chéri depuis son enfance.

Danny a les clés d’un « Jeep » de l’année, une carte de gaz, de l’argent de poche etc…à condition qu’il continue d’étudier.  C’est l’entente qu’il a prise avec son père.

L’arrivée subite de son jeune cousin Jonathan, un jeune révolté qui ne connaît rien de la vie et de la ville, lui donne l’occasion de lui montrer ce qu’il est, comment on le vénère et sa petite amie, jeune mannequin qui fait la une des magazines à Montréal……

 

Facilité, drogues, amours rapides, luxure etc….Danny n’a jamais travaillé ou fait d’efforts.  Depuis son enfance, il a tout eu, à l’exception de l’amour d’un père, d’une vie normale, dans une famille normale.  Non.

Son père est gay, sa mère est morte d’une overdose quand il était bébé.  À six ans, on se moque de lui à l’école à cause de l’orientation sexuelle de son père.  Les problèmes se sont agravés, d’année en année.

 

Denis Langlois ouvre le film sur Danny, couché sur l’asphalte, du sang rougit son gilet blanc….il est blessé à l’abdomen et sa voix « off », raconte ce qui s’est passé depuis le début, c’est-à-dire, bébé dans les bras de sa mère, en coulisse, se préparant pour une parade de mode…….

 

« Sex-drugs & rock’n Roll » - Il n’y a rien de nouveau sous le soleil.

 

Le réalisateur nous montre l’importance du corps, devenu l’obsession de Danny.  Pour lui, son corps est devenu monnaie d’échange, une valeur, une carte maîtresse.

Omnubilé par la beauté, le pouvoir et la facilité. 

 

Le réveil est d’autant plus brutal qu’une fois seul, il se retrouve sur les trottoirs de Montréal la nuit dans les bas fonds – dans le quartier de la prostitution, des transexuels, des bars miteux – là où tout est permis.

Danny ne connaît rien d’autre que son corps et il descend dans les abîmes, jusqu’au soir où son père surgit dans le bar où il danse et où il vend du temps en privé pour de l’argent.

 

Danseur nu, ce n’est pas la fin du monde mais bon…..Compte tenu de ses dettes (consommation en drogues, de loyer en retard) accumulées envers le gars qui l’héberge chez lui, qui l’a introduit dans le club de danseurs, celui qui lui a ouvert la porte un soir de désespoir – Greg -  il lui propose de le remplacer dans un rôle dans un film porno….comme ça, sa dette envers lui sera effacée.  La paye est bonne et peut-être y fera-t-il des rencontres intéressantes ?

 

Un film démoralisant, d’une réalité troublante.  Un film aux atmosphères étouffantes, où la beauté devient rapidement la laideur la plus consommée, la déchéance d’un jeune homme, la souffrance qui n’en fini plus de se répandre comme une tache d’huile….

Après le visionnement, on s’aperçoit qu’on na pas vu le jour, que le soleil était absent, que les lieux de tournage se font dans la pénombre, dans le désordre…..C’est la nuit, du début à la fin……La nuit, symbole du mal, de la perversion, des êtres déchus……

 

La performance des comédiens est à la limite du passable !

 

Un film noir, oui, des moyens limités oui, mais les comédiens manquent de crédibilité et de talent.  Pourtant il y a là, place à la performance, à la subtilité, à la composition…..

Dans les personnages les plus vrais :  Karine est celle qui m’a le plus émue et Greg le plus intéressant…..

 

Ce film n’est pas pour les cœurs sensibles, ni pour les jours de petites déprimes……

 

C’est un film à voir, non pas pour les acteurs mais pour l’audace du scénario, pour la mise en scène et le traitement sensuel, pour la profondeur et la force des personnages qui se confrontent, qui se déchirent.

 

Bon cinéma !

Francine Charrette

Club-Culture