

Quelle intelligence!
Américain, 1995. Écrit et réalisé par Tim Robbins, d'après le livre autobiographique de soeur Helen Prejean. Avec: Susan Sarandon, Sean Penn, Robert Prosky, Raymond J. Barry, R. Lee Ermey, Cela Weston, Roberta Maxwell et Margo Martindale. 120 min.
Du même réalisateur: Bob Roberts (1992).
Soeur Helen Prejean (Sarandon) est une religieuse catholique qui oeuvre auprès des enfants défavorisés d'un quartier de la Nouvelle-Orléans. Elle reèoit un jour une lettre de Matthew Poncelet (Penn), condamné à mort pour le meurtre sordide de deux adolescents, qui désire la rencontrer. Ce dernier veut se servir d'elle afin d'empêcher son exécution. Il tente donc de la convaincre qu'il n'a commis aucun crime et que ces meurtres sont l'oeuvre de son copain. Soeur Prejean, plus ou moins convaincue de sa version des faits mais résolument opposée à la peine capitale, entreprend des démarches afin de commuer sa sentence en réclusion à perpétuité. Elle se heurte alors à la haine des parents des victimes et découvre parallèlement la vraie nature de Poncelet: un être raciste, rageur et dénué de tous remords. Ses nombreuses tentatives ayant échoué, elle devient malgré tout son guide spirituel et tente jusqu'à la toute fin de l'amener sur la voie de la rédemption.
Tim Robbins signe ici un film intense, sensible et intelligent, qui a entre autres le mérite de présenter un tableau d'ensemble de la problématique de la peine capitale. En effet, Robbins prend soin de recueillir les témoignages de toutes les parties impliquées dans le drame: ceux, déchirants, des parents des victimes; ceux, aussi très touchants, de la mère de Poncelet ainsi que les témoignages des différents bourreaux impliqués dans l'exécution de la sentence. Mais au-delà de cet aspect plutôt sociologique du film, c'est le jeu des deux principaux protagonistes qui donne toute sa profondeur au film de Robbins. Penn incarne avec justesse le rôle du meurtrier raciste et admirateur d'Hitler, alors que Sarandon (Oscar de la meilleure actrice) interprète avec beaucoup de nuances et de conviction cette soeur pleine de compassion. La séquence finale, celle de l'exécution par injections, tournée sans artifices, est d'une froideur et d'une intensité presque insoutenable. M.J.B.
