
Cinderella Man : astiquez les Oscars!
États-Unis;
Réalisé par Ron Howard;
Interprété par Russell Crowe, Renée Zellweger, Paul Giamatti et Craig Bierko.
Taisons pour un instant les écarts de conduite, beuveries et autres bagarres de Russell Crowe. Au quotidien, ce monsieur pète peut-être les plombs facilement, mais avez-vous déjà vu un acteur aussi bien choisir ses rôles? Professionnel et entêté, Crowe ne s’accorde pas le droit à l’erreur, pour notre plus grand plaisir.
Dans Cinderella Man, l’interprète de Gladiator campe avec un aplomb peu commun le boxeur Jim Braddock qui devint célèbre durant les années 30, alors que la classe ouvrière américaine vivait des heures sombres. Marié à la courageuse Mae (émouvante Renée Zellweger), Braddock se blesse à la main et doit interrompre des débuts fulgurants dans la boxe. Les emplois étant rares, Jim goûte au chômage, puis il se résout à travailler sur les quais pour arracher sa conjointe et leurs trois enfants à la misère. Encouragé par l’entraîneur Joe Gould (Paul Giamatti, magistral), lui aussi au bord de la ruine, Braddock finira par atteindre la gloire sur le ring et il ne l’aura pas volée.
Plusieurs ont résumé ce long métrage à la prestation de son acteur principal; à tort, selon moi. En observant la minutieuse reconstitution d’époque, les situations tragiques et le refus de l’échec des personnages, on ne peut s’empêcher de se remémorer certains des grands classiques du cinéma américain (entre autres, Les Raisins de la Colère de John Ford).
S’il n’en tenait qu’à moi, je voterais pour Cinderella Man dans plusieurs catégories lors de la prochaine remise de statuettes dorées.
Photo : Russell Crowe et Paul Giamatti
incarnent respectivement le boxeur Jim Braddock et l’entraîneur Joe Gould dans Cinderella
Man.
Richard Gervais.
Club Culture. 2005-06-08.