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Réalisateur: Hal Salwen Pays: États-Unis
Imaginez un monde où toutes nos relations sont virtuelles: on jase, on rencontre des gens étrangers, on baise, on casse, on cré la vie et on meurt sans jamais voir personne. Vous diriez peut-être que c'est facile à imaginer, on le vit ici, en ce moment-sur l'internet. (Et n'est-ce pas que feu Timothy Leary a déjà tenter de se suicider parmi les internautes?
Ce monde, un monde virtuel qui envahit tranquillement notre réalité, s'élabore dans un nouveau film indépendant, Denise Calls Up. Cependant,toutes les relations existent grâce au téléphone, et non pas grâce à un ordinateur. Le film est centré autour d'une dizaine de personnes qui sont liées par des amis en commun,sauf Denise, qui entre dans l'histoire parce qu'elle porte un enfant engendré anonymement par le sperme d'un personnage principal. On voit les personnages au bureau, en appartement, en auto mais toujours seul, et toujours avec le téléphone en main. Leurs maintes tentatives pour se voir ne se réalisent jamais, et le spectateur attend avec impatience le moment où l'un et l'autre vont se croiser.
Hal Salwen, le réalisateur, a créé un effet intrigant en tournant un film où ses acteurs ne se montrent jamais dans la même pièce. On sent d'une part que les personnages ont des relations intimes, qu'ils ne pourraient jamais passer une journée sans parler avec leurs amis; mais d'autre part, on sent qu'ils sont tous victimes de l'aliénation causée par une société de plus en plus dépendante de la technologie. Et, en réalisant la triste façon dont les personnages vivent leurs vies, sans aucun contact physique, ce qui a été au début du film une prémisse amusante devient un peu ennuyeux vers la fin du film. Le film établit cependant un momentum qui croît jusqu'à la toute fin. L'interaction entre les personnages devient de plus en plus frénétique et le spectateur est reste fasciné par le déroulement de l'histoire. Est-ce qu'ils vont jamais se voir? Il reste à vous, d'aller trouver la réponse.
En somme, le film est satisfaisant pour la simple raison que Salwen a réussi un grand coup en tournant un film entièrement basé sur les conversations téléphoniques. Les personnages sont bien dévéloppés, malgré le fait que leur dialogue est composé surtout de fragments, et l'intrigue est soutenu tout au long du film. Allez-y un mardi soir à moitié prix, vous ne le regretterez pas.
Joya Balfour
Club-Culture