
(version
anglaise)
(Cartel : version française)
Alliance Films
New Line Cinéma
Réalisateur : Ted Demme
Basé
sur le livre de Bruce Porter et sur la
vie de George Jung
Distribution : Johnny Depp, Penelope Cruz, Franka Potente,
Rachel Griffiths, Paul Reubens, Jordi Molla, Cliff Curtis, Max Perlich Miguel
Sandoval, Ethan Suplee et Ray Liotta etc…
La
vie d’un caïd de la cocaïne dans les années 70 et 80
Sa
montée et sa déchéance.
Il n’a suffit que très peu de temps, dans les années 70, pour que la cocaïne passe de la drogue obscure, illégale et exclusive, à une drogue populaire, commercialisée à grande échelle (milliards de dollars). Ce que la majeure partie des gens ne savent pas c’est que, derrière cette commercialisation, il y a une figure de proue : George Jung, un jeune américain issu d’une famille moyenne des Etats-Unis. Enfant unique, George décide de poursuivre le « Rêve Américain » à sa façon – en devenant le premier Américain à importer la cocaïne en très grande quantité, utilisant son savoir faire, son « entrepreneurship » et ses connections dans le milieu artistique.
Cette
histoire nous plonge dans les rouages de Pablo Escobar, le plus grand patron de
la drogue en Colombie. George Jung
devient son bras droit pour développer le marché aux Etats-Unis et sur la côte
Est….
Très
rapidement, Jung devient immensément riche et vit dans l’abondance, insouciant,
ingénieux, ambitieux – pour terminer en prison, déçu, trompé, trahi et
malheureux.
Une
nouvelle approche, sur le sujet de la drogue fait son apparition au cinéma,
avec « Traffic » et maintenant « Blow ».
Maintenant
la tendance n’est pas uniquement dans les courses effrénées des rues de San
Francisco, de flics mafieux, de criminels de basse-cour. Nous sommes loin des « Serpico »,
des « Dirty Harry » et « French Connection ». Non, aujourd’hui, c’est plus subtil que
ça. On nous parle du monde ordinaire,
des hommes et des femmes, des travailleurs, des pères et des mères de
famille…..L’approche est plus élégante mais non moins violente et insidieuse
pour autant. Ce ne sont plus seulement
les bons contre les méchants, noir ou blanc.
On passe en seconde vitesse :
le bon gars pris dans un engrenage, celui de la facilité et du principe
de l’instant, c’est-à-dire du moment présent.
Dans les années 60, les « hippies » font leur apparition,
c’est la guerre du Vietnam, l’époque du « Make love, not war », de la
rébellion, l’éclatement politique, social et économique. C’est également l’apparition d’une société
de sur-consommation à travers la publicité, la télévision, les médias etc….Les
paradis artificiels, la promesse d’égalité, tout est possible. George Jung l’a compris mais, à sa
façon. Très jeune, il se promet une
chose : il ne manquera jamais
d’argent. Sa vie représente toute une
époque et tout un système. Pour
certains, un criminel, pour d’autres, le bon gars d’à côté, pas si criminel que
ça, trahit toute sa vie, par ses proches et ses amis.
Ted
Demme nous entraîne immédiatement là où il veut, il nous invite dans la vie
privée de Jung. L’histoire de son
enfance : la relation entre son
père et sa mère, la situation financière précaire, les frustrations constantes
d’un enfant mal aimé de sa mère, une mère ingrate et insensible. Ce qui surprend, ce n’est pas la drogue mais
l’innocence, la magnanimité, la bonhommie de Jung, son appétit incommensurable
pour l’argent. C’est le côté humain de
Jung qui nous fascine.
Pour
lui, la fin justifie les moyens.
Comme
le dit si bien Johnny Depp dans une entrevue : George aimait l’adrénaline, le risque, il aimait l’idée d’être un
pirate, faire les choses à sa manière.
Il n’a jamais pensé à sa petite personne comme étant un mauvais
gars. Il faisait de l’argent à sa
façon, il avait ses propres règles, il ne faisait que procurer la marchandise à
ceux qui la demandait. Il n’était que
le pourvoyeur. J’espère que les gens se
rendront compte qu’il n’était qu’un être humain pris dans une sale affaire. À l’heure où l’on se parle, il ne sortira de
prison qu’à l’âge de 72 ans.
Comparativement à d’autres causes similaires, la peine accordée n’est
que de deux à trois ans. Je crois
sincèrement qu’il a payé sa dette. Une
chose est certaine, il ne retournera jamais au style de vie d’avant.
Johnny
Depp a le look parfait du jeune Américain, chérubin, sensible, généreux et très
charismatique – une performance du tonnerre.
Penelope Cruz : une
performance électrisante. Une belle surprise : Paul Reubens (Pee Wee Herman), est tout
simplement flamboyant, drôle et très attachant. Un scénario très bien étoffé.
Faits
à remarquer sur la cocaïne :
Les
années 1800 virent apparaître la cocaïne.
Elle est utilisée comme anti-dépressif, comme calmant, analgésique, S.
Freud en utilise personnellement et pour ses patients. En 1903, « Coca-Cola » se voit
obliger de retirer la cocaïne dans sa composition. C’est en 1914, aux Etats-Unis, qu’une loi rend la drogue
illégale. C’est vers les années 60 que
l’on voit réapparaître la cocaïne comme étant une drogue qui procure du
plaisir. Dans les années 70, on la voit
partout dans les bars branchés, le milieu artistique, le tout Hollywood - les
bien nantis….Les médias en font la drogue par excellence….
Sans
banaliser l’aspect criminel de la cocaïne et les conséquences néfastes qu’elle
représente, le film de Ted Demme ne porte pas de jugement sur la drogue et ses
utilisateurs. Son choix est porté vers
l’humain et sa fragilité, ses aspirations, son insouciance.
Un
bon film à voir….
Bon
cinéma!
Francine
Charrette
Club-Culture