
BIG BAD LOVE
(vidéo version anglaise)
Réalisation:
Arliss Howard
Scénario:
Jim Howard, Larry Brown et Arliss Howard
Distribution:
Starring Arliss Howard, Debra Winger, Paul Le Mat, Rosanna Arquette,
Angie Dickinson, Michael Parks, Alex Van, and Zachary Moody
Adaptation d’une collection de nouvelles par le célèbre écrivain Larry
Brown
Musique : Tom Waits
Genre : drame social
Durée : 111 minutes
L’histoire
d’un vétéran de la guerre du Vietnam, divorcé, père de deux enfants et écrivain
en devenir. Alcoolique, il essaie d’en
finir avec son passé, ses rêves tout en s’apercevant que sa vie se referme sur
lui, petit à petit.
La rage intérieure et la déchéance progressive du personnage central de
Leon Barlow (Arliss Howard) soudain, nous apparaît à la fois inévitable et
terrifiante c’est pourquoi le spectateur tend à pardonner les écarts de Barlow
dans sa quête de succès. Le narcissisme
dont il fait preuve peut nous induire en erreur tant il souffre d’être ce qu’il
est : sensible, intelligent, doué,
hors norme, incompris. Sa fragilité
étonne tant sa vie est un désastre.
Tous les matins, le postier rempli sa boîte aux lettres de manuscrits
que des maisons d’éditons lui renvoient.
L’extérieur comme l’intérieur de la maison de Leon reflète qui il est
et où il est rendu : galerie
brisée, balançoire rouillée et brisée, tapisserie déchirée, bain désuet, murs
lézardés. Il a peu de meubles (table,
bureau de travail, chaises, lits) et il y a des bouts de papiers partout sur
les murs, spécialement ceux de la chambre de bain, tapissés de lettres de
rejets ainsi qu’un ordre d’interdiction de la cour accordé à son ex, Marilyn
(Debra Winger) l’obligeant à garder ses distances de sa maison et de ses deux
enfants, c’est-à-dire, 50 mètres.
Pour subvenir à ses besoins et pour continuer à écrire, il accepte des
“jobs” de quelques jours offertes par son meilleur ami Monroe, un ami à qui il
doit la vie au Vietnam. Il admire le
talent de Leon ainsi que sa détermination à continuer à écrire malgré
tout. Il est une sorte d’ange gardien,
l’aidant quelques fois à payer sa pension alimentaire. Monroe est amoureux de la jolie fille d’un
personnage illustre de la ville, jouée par la très talentueuse (Rosanna
Arquette).
Ensemble, ils boivent de la bière, du whisky, peinturent des maisons,
bricolent ici et là et parcourent les routes du Mississipi, complètement
saouls, en récitant et discutant Virgil et Homer ou les qualités des œuvres du
peintre Marc Chagall.
Ce film est truffé de moments intenses, d’espaces où Howard s’éclate en
y intégrant fantaisies, des « flash-back », des bouts de souvenirs
d’enfance, des imageries comme des « splash » de folies provenant de
son cerveau. Comme spectateur, nous
voyons ce qu’il voit et comment il le perçoit…comme une défragmentation de son
univers où le présent et le passé sont intimement liés. Pour Leon Barlow, ses réveils sont de vrais
combats pour la survie. Ses journées
sont douloureuses, ses soirées affreusement solitaires et
cauchemardesques. Alors il boit.
Le résultat est étonnamment efficace.
Un style fantasmagorique, une touche surréaliste soutenue par une trame
sonore exceptionnelle.
Le film se déroule comme des brides rattachées les unes aux autres
jusqu’à ce qu’un jour, un accident de la route provoque des changements majeurs
pour Monroe et Leon. C’est à ce moment
précis que toute l’histoire se dévoile.
La bête intérieure qui ronge Leon prend forme et nous comprenons mieux
sa nature.
Les avenues qu’Howard nous proposent sont multiples et originales et
j’irais jusqu’à les qualifier d’anti-conformistes. Une mise en scène unique, des insertions très stylisées,
poétiques, troublantes.
Leon est un être torturé par ses démons qu’il noie dans l’alcool
jusqu’à l’effondrement. C’est le seul
moyen qu’il a pour oublier son mal, pour vivre jour après jour.
Malgré cette grande noirceur, Howard réussit à nous donner des moments
savoureux, drôles, pleins d’humour comme l’amitié de Monroe et Leon, tendre et
émouvante ou l’amour de Leon pour Marilyn même s’ils sont divorcés. Il sait qu’elle l’aime toujours mais à cause
de son alcoolisme et de sa nature bohême, elle doit penser à elle et à ses
enfants…..Et pourtant !
Howard a participé au scénario, à la réalisation et il joue le
personnage central du film, Leon Barlow.
Un exploit à souligner puisque sa performance est sensationnelle. Et, à ses côtés, Barbara Winger (sa femme
dans la vraie vie) qui joue un personnage – une antithèse (l’anti-héros), en
fait, le personnage le plus réaliste :
énigmatique, suave, attachante.
Angie Dickinson est également un des personnages qui a les pieds sur
terre. Elle joue la mère de Leon, riche
propriétaire sudiste…..
Si vous recherchez du bon cinéma, « Big Bad Love » est un
film qu’il faut voir absolument.
Bon cinéma !
Francine Charrette
Club-Culture