BETTY FISHER ET AUTRES HISTOIRES

BETTY FISHER ET AUTRES HISTOIRES

(version française)

 

Atlantis Vivafilm

Réalisation :  Claude Miller

Scénario :  Claude Miller d’après le livre de Ruth Rendell

Distribution :  Sandrine Kiberlain (Betty), Nicole Garcia (Margot), Mathilde Seigner (Carole), Edouard Baer (Alex), Luck Mervil (François) et aussi, Roshdy Zem, Stéphane Freiss, etc…

 

 

Genre :  drame social

Durée :  1h 50 approx

 

Synopsis

 

Il y a deux femmes. L'une est une écrivaine célèbre (bourgeoise), qui élève son enfant loin d'un père égocentrique et mondain.  Il y a l’autre, la mère de Betty – Margot -, folle et maladroite.

Il y a aussi la fille qui galère, celle des petits-boulots, celle qui vend son cul au premier loubard plein de tunes. Elle a aussi un petit garçon, qu'elle frappe, qui l'emmerde, qui l'empêche de vivre sa vie de jeune.

Quand Betty perd son fils, Margot kidnappe celui de Carole.

Pourtant, rien ne se passe comme prévu.

 

Ruth Rendell est une auteure respectée par ses paires pour la qualité de ses polars noirs.  Sa particularité repose sur les subtilités psychologiques (comportements atypiques) à l’intérieur d’une société disfonctionnelle. 

Elle a inspiré plus d’un réalisateur :  Chabrol, Almodovar…..

C’est au tour de Claude Miller de tomber amoureux de :  « Un enfant pour un autre »….Pour ce faire, il s’adjoint les services de Sandrine Kiberlain, 6 ans après son César du meilleur espoir, Nicole Garcia que l’on avait perdu de vue depuis plusieurs années.  Deux femmes à la fois différentes et semblables – force de caractère, fragilité émotionnelle, douleur intérieure.

Le sujet :  un mélange d’amour-haine – enfants et les femmes – vérité cachée/mensonges nécessaires…..

Ce film a reçu un triple Prix d’interprétation feminine à Montréal, lors du Festival des Films du Monde.  La même chose à Chicago où les deux actrices principales se sont partagées le Hugo d’argent de la meilleure actrice.  Tourné caméra à l’épaule en 35 mm – numérique -, Miller fait preuve d’audace.  Cependant, il sait exactement ce qu’il fait.

 

Un assemblage de plusieurs petites histoires intimement liées, des intrigues où les contrastes se côtoient du début à la fin :  cynisme, drame, noirceur, lumière, angoisse, espoir…..Nous sommes en présence d’une femme en détresse, d’un enfant victime de violence physique et verbale, d’un rapport mère-fille débridé.  Une folie meurtrière intégrée dans un environnement réaliste.  Le spectateur est plongé dans un imbroglio spectaculaire et dérangeant.  Dérangeant à cause de personnages qui personnifient la médiocrité, surtout à travers un policier – enquêteur incompétent.  Le sujet touche également l’enlèvement d’enfants, un sujet controversé et délicat.

 

L’approche éclatante de Miller prend toute son importance dans l’apparence anodine ou banale qu’il étiquette à des situations ou à des personnages….

Kiberlain et Garcia l’ont compris et c’est dans un rapport mère-fille qu’elles jouent.  Elles frôlent les abîmes de la folie à travers le fossé des générations, les rapports de force, l’incompréhension, la violence contenue, les soubresauts incessants toujours proches de l’explosion incontrôlée…..

Quant à l’enfant – José qui tente désespérément de suppléer au vide qu’a laissé Joseph –

Miller utilise avec brio, les jeux de miroirs :  époux jaloux, la détresse d’une épouse, la folie d’une mère tantant de réparer le passé, le gigolo, la mauvaise mère….les gestes qu’ils posent et les mots qu’ils utilisent ont des conséquences surprenantes.  Et à travers ce cirque, un enfant est pris en hotage.

Le spectateur est pris à partie entre le mensonge et la vérité, la justice et l’injustice.  Nous sommes en équilibre sur un fil de fer sans protection…..C’est ça la vie !  Tout est possible, tout peut se passer, d’un côté ou de l’autre….

 

 

Un film à voir !

Bon cinéma !

Francine Charrette

Club-Culture