Retour à la liste 20H17 RUE DARLING

20H17 RUE DARLING

Film québécois

(DVD-VHS)

 

Chrystal Film

Réalisation et scénario de Bernard Émond

Musique originale de Robert Marcel Lepage

Avec la participation de Luc Picard (Gérard), Guylaine Tremblay, Markita Boies, Vincent Bilodeau, Micheline Bernard, Diane Lavallée)

 

Genre :  drame de fiction

Durée :  98 minutes approx.

 

Synopsis

C’est l’histoire de Gérard, un ex-journaliste de faits divers, membre actif de l’Association des Alcooliques Anonymes, trois fois divorcé qui raconte ce qui s’est passé un soir dans sa vie.

Une visite à une ex-femme pour une réparation mineure, un lacet détaché, un accident de voiture…..Puis, arrivé chez lui, il aperçoit son immeuble en flammes.

 

Six personnes sont mortes dans l’incendie.  Gérard se sent coupable de ne pas avoir été là, d’être vivant tandis qu’une petite fille de trois ans est morte brûlée….Survivant malgré lui, Gérard mène son enquête

Quelles sont les causes de l’incendie ?

Qui sont ceux et celles qui sont morts ?

La différence de ce genre de récit est l’approche et le choix du genre du récit avec des questions qui resteront sans réponses….C’est également l’histoire de Gérard et de sa fragilité émotionnelle et ses rechutes dans l’univers de l’alcool.  Plus Gérard avance dans son enquête et plus il découvre la saleté qui se cache derrière l’histoire de l’incendie et des personnes décédées….Gérard ira jusqu’à accepter de l’argent en échange de son silence.

Dans le milieu journalistique, policier et de l’incendie – on le connaît comme le vautour, l’immoral, l’indifférent, le sans-cœur et l’alcoolique irresponsable….Aujourd’hui, Gérard ressent le vide, la souffrance et l’abîme qui le guette, tout comme les victimes durant ses années de journalisme de faits divers….

 

C’est également une fascinante étude de caractère, une performance spectaculaire de Luc Picard qui garde un timbre sonore monocorde, cynique et brutal à travers le récit en voix hors-champ….

La performance des comédiens et comédiennes – Guylaine Tremblay et Vincent Bilodeau – est tout aussi solide.

Sombre et dénuée d’artifices, la réalisation de Émond est remarquable.  Une qualité photographique, une mise en scène avec une touche scénique théâtrale juste et efficace, des décors intégrés parfaitement dans la mise en scène tout en donnant le ton et l’atmosphère taciturne, presqu’obsessive de Luc Picard.

La solitude, la dépression et le désespoir de Gérard sont aussi forts dans le texte que dans les images.

Gérard reste dans un 3 ½ sur Darling.  Après le désastre, Gérard louera un 1 ½ dans son quartier où il a vu le jour dans Hochelaga….C’est comme si le monde autour de lui rétrécissait, tout comme sa vie, tout comme sa santé mentale.

 

Un film extrêmement serré où la tension explose à la fin du film.

Une chance !  Surtout que pendant tout le film, nous sommes imprégnés par le contenu terriblement morbide.  Enfin l’espoir, enfin l’air pur, enfin la lumière !

 

Un film à voir !

Bon visionnement !

Francine Charette

Club-Culture