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KANASUTA

 

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FUCD-6

 

Richard Desjardins

 

Notre-Dame des scories /  Kanasuta /  Le Saumon /  Jenny /  Eh oui, c’est ça la vie /  Le Gala /  Fossumbrone /  Buck /  Un trou perdu /  Que sont devenus mes amis ? /  Desaparecido /  Nous aurons /  Les Veuves /  D’la Grande visite

 

Richard Desjardins, le funambule des mots ! 

Des monologues dignes des grands contes, des grandes légendes !

 

Après cinq années de distance, de regards ailleurs – voici le tout dernier CD de Richard Desjardins.  Des textes réfléchis, mûris, injectés d’une réalité qui frappe et qui dénonce.  Des textes teintés d’espoir et de rêve.  Il nous offre une palette de textures passant de l’opalescence à la rugosité, de la douceur à la dureté.  C’est également une ode à la beauté - de tous les éléments qui nous entourent.

Ses racines sont profondes, alimentées par les Félix, Vigneault, Gauthier, Georges Dor, Tex Lecor, la terre qui l’a vu naître et pi « swing la boîte à bois »

D’ailleurs, l’image qu’il nous propose sur la pochette, illustre à merveille la nature de ses propos :  le squelette d’un arbre mort - des racines à découvert, des fils de cuir entourant un tronc dénudé sur lequel est fixé un silex…..un triangle évoquant le feuillage de l’arbre avant qu’on l’abatte. (« Montant de la terre un parfum de fer.  Déterré la hache de guerre. »)

 

Dérision et humour, caricatures, chants d’amour, monologues, complaintes, ballades…tout ça avec des musiques extraordinaires, des ambiances feutrées, caressantes ou tristes, des clins d’œil aux années folles, « hill-billies », country.  Desjardins a choisi des arrangements simples, dénudés, sans artifices, des ambiances sonores suggestives qui viennent appuyer les mots.

 

En entrevue, il avoue qu’il a beaucoup travaillé les textes et ça se sent.  Cette imagerie qu’il nous propose nous vient de la force évocatrice des mots :  « Ton cœur toujours là à m’attendre indulgent comme une mère de tueur.  Oh Jenny ! ma lueur. »

Ou :  « Je donnerai jusqu’à mon ombre pour apaiser mon envie si féroce…..je m’en irai défaire mon armure de soie, de lumière…. ».

Il me rappelle le grand poète Patrice Desbiens, habile manipulateur des mots pour exprimer les subtilités des sentiments, ses ambiguïtés, ses paradoxes, ses contrastes et ses antithèses.  Les mots de Desjardins passent par les « tripes ».  Il nous présente toujours le positif et le négatif, deux éléments qui s’attirent.

 

L’héritage pour les générations à venir – « Nous aurons ».

Un texte troublant, des voix d’enfants pour chanter des mots lourds de sens qui portent comme des balles de fusil :  « Nous aurons des corbeilles pleines de roses noires pour tuer la haine…..nous aurons tout ce qui nous manque des feux d’argent aux portes des banques….Et s’il n’y a pas de lune nous en ferons une. »

 

Un monologue :  « Les Veuves » - elles regardent à la fin, une terre dénudée, triste et fauchée à perte de vue.  Là où il y avait hier une forêt, aujourd’hui les yeux ne regardent que le vide !  Là où foissonnait la vie, aujourd’hui n’offre qu’une tombe à ciel ouvert !

Un texte accompagné par une contrebasse à la cadence des mots.

 

Richard Desjardins est remarquablement furieux, prodigieusement engagé.  Il ne mange pas du bout des lèvres ni ne picore.  Il mord à belles dents.  Il ne s’offre pas à moitié mais en entier.

 

« Kanasuta » à déguster encore et encore !

 

Et pour terminer, Richard Desjardins s’adresse aux « gobeux de MP3 » :  « Vous pourrez copier cet enregistrement quand je pourrai cloner ma bière. »

Pour vous procurer ce titre, cliquez ici.

 

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Bonne écoute !

Francine Charrette

Club-Culture